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Interview express

Jack Lang à « L’OLJ » : Entre la France et le Liban, un lien affectif, des liens d’exception

Jack Lang à « L’OLJ » : Entre la France et le Liban, un lien affectif, des liens d’exception

Le président de l’Institut du monde arabe, Jack Lang. Martin Bureau/Photo d’archives AFP

Le Liban occupe chez lui une place particulière. Sa relation avec le pays du Cèdre remonte aux années 60 du siècle dernier, lorsqu’il avait tissé des liens avec des artistes libanais, notamment dans le milieu du théâtre et à l’occasion de sa visite à Rachana, à l’atelier de sculpture des frères Basbous. Jack Lang ne cache pas son empathie et son fort enthousiasme lorsqu’il parle du Liban. Président du prestigieux Institut du monde arabe (IMA) et ancien ministre de la Culture sous le mandat du président François Mitterrand dont il était très proche, il évoque avec verve et non sans passion la visite du président Emmanuel Macron à Beyrouth. C’est au huitième étage de l’imposant bâtiment de l’IMA qu’il nous reçoit dans son bureau offrant une vue plongeante sur la cathédrale Notre Dame – en pleine restauration – et sur les quais de la Seine. « Je suis heureux et fier que le président Macron ait été le premier chef d’État étranger à se rendre sur place » au Liban, après la double explosion qui a ravagé le 4 août dernier certains vieux quartiers de la capitale.

« Cette visite met en évidence le lien affectif, historique, le lien d’exception qui existe entre la France et le Liban », relève Jack Lang qui réfute sur un ton ferme l’argument de ceux qui qualifient « d’ingérence » l’initiative du président Macron à l’égard du Liban. « C’est ridicule de parler d’ingérence », souligne-t-il en cachant mal son indignation à ce propos. Dans un souci d’illustrer le plus explicitement possible ces relations véritablement privilégiées entre les deux pays, M. Lang a pris l’initiative, après l’explosion du 4 août, d’illuminer toute la principale façade de l’IMA par l’inscription « Liban, mon amour » qui scintille ainsi tous les soirs.

« Libanophilie »

« Aucun pays au monde n’a noué autant que la France des liens aussi étroits avec le Liban », relève Jack Lang qui ajoute sur ce plan : « Il existe quelque chose de très profond et de très intime entre nos deux pays. L’explosion du 4 août à Beyrouth a suscité une très vive émotion en France. Les organisations humanitaires françaises se sont immédiatement mobilisées pour venir en aide à la population libanaise. »Le président de l’IMA n’hésite pas à parler de « libanophilie qui traverse les générations » en France. Il souligne dans ce cadre qu’avant Emmaunel Macron, les présidents François Mitterrand, Jacques Chirac et François Hollande ont également manifesté à l’époque de leurs mandats présidentiels respectifs un même élan de solidarité avec le Liban en diverses circonstances. « Cette continuité dans les rapports avec le Liban est vitale », indique l’ancien ministre.

Et Jack Lang de souligner l’importance du fait que le président Macron ait tenu la promesse qu’il avait faite, lors de sa première visite, de revenir à Beyrouth. « Il y a là une marque de respect envers le peuple libanais », affirme-t-il avant d’ajouter : « La France s’engage fermement envers les Libanais et je suis heureux et fier que le président ait réitéré un tel engagement. »

Initiatives culturelles et conférence avec « L’OLJ »

« Nous sommes redevables aux Libanais de beaucoup de choses, poursuit le président de l’IMA. Le Liban est l’un des pays qui préservent le mieux la langue française. Les Franco-Libanais sont un exemple qui illustre parfaitement cette osmose entre les cultures. » Pour Jack Lang, le Liban n’est pas simplement un territoire, une zone géographique, mais il existe aussi au-delà de ses frontières grâce à sa diaspora et au dynamisme de ses expatriés. À titre personnel et en sa qualité de président de l’IMA, Jack Lang multiplie les initiatives en hommage au Liban. Hier, lundi, il a parrainé une journée consacrée au cinéma libanais et aux artistes libanais dans le cadre du Festival du film francophone d’Angoulême. Durant la dernière semaine du mois de septembre, il organisera sur le grand parvis de l’IMA un événement étalé sur 48 heures et qui sera marqué par des activités menées simultanément à Beyrouth et à Paris par des artistes français et libanais.

Le 10 décembre prochain, et dans le cadre des « Jeudis de l’IMA », une table ronde sera organisée conjointement avec L’Orient-Le Jour sur le thème du centenaire du Grand Liban, avec la participation de Farouk Mardam Bey, Joseph Maila et Ziad Majed.


Le Liban occupe chez lui une place particulière. Sa relation avec le pays du Cèdre remonte aux années 60 du siècle dernier, lorsqu’il avait tissé des liens avec des artistes libanais, notamment dans le milieu du théâtre et à l’occasion de sa visite à Rachana, à l’atelier de sculpture des frères Basbous. Jack Lang ne cache pas son empathie et son fort enthousiasme lorsqu’il...

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