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Politique - Liban

Après de longs atermoiements, le gouvernement approuve un train de nominations

Les ministres Marada boycottent la séance, en signe de protestation.

Après de longs atermoiements, le gouvernement approuve un train de nominations

Le chef de l'Etat libanais, Michel Aoun (c), présidant une réunion du Conseil des ministres, en présence du chef du gouvernement, Hassane Diab (à sa droite), le 10 juin 2020 au palais de Baabda. Photo Dalati et Nohra

Le gouvernement libanais de Hassane Diab, qui s'est réuni en Conseil des ministres au palais de Baabda sous la houlette du président de la République, Michel Aoun, a approuvé mercredi un train de nominations administratives et financières, après des semaines d'atermoiements sur fond de lutte de pouvoir, alors que le pays continue de s'enfoncer dans sa pire crise économique en trente ans.

Les protagonistes aux commandes du gouvernement qui se veut pourtant formé de "technocrates indépendants" politiquement ont finalement abouti à une entente élargie autour de ce train de nominations. Toutefois, les ministres affiliés au courant Marada de Sleiman Frangié ont boycotté la séance en guise de protestation, et le ministre de l'Industrie Imad Hobballah (Hezbollah) a exprimé ses réserves sur les nominations et a déploré un manque de transparence. 

C’est surtout le poste de directeur général du ministère de l’Economie qui a suscité la surprise, voire l’indignation, dans certains milieux politiques. Mohammad Abou Haïdar (chiite, proche du mouvement Amal) a été nommé à ce poste. Mais pour pouvoir le nommer, il a été décidé de tenir la séance ministérielle mercredi au lieu de jeudi, le candidat devant avoir 39 ans demain. Sauf que le code de la fonction publique actuellement en vigueur stipule que toute personne qui devrait occuper un poste au sein de l’administration devrait pouvoir y rester pour 25 ans, avant d’atteindre l’âge de la retraite fixé à 64 ans. Mardi, le mouvement Amal avait démenti que la séance ait été avancée à mercredi en raison de l'âge de son candidat.

“J’ai proposé les noms des candidats pour les postes de directeur général du ministère de l'Economie et de directeur général de l'Office des céréales et de la betterave sucrière. Avant de juger Mohammad Abou Haïdar, il faut lire sa biographie. Il détient à la fois un MBA et un doctorat”, a déclaré le ministre de l’Economie Raoul Nehmé .

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En outre, Marwan Abboud (grec-orthodoxe) a été nommé mohafez de Beyrouth, pour succéder à Ziyad Chebib. Ghassan Noureddine a pour sa part été nommé la direction générale des Investissements au sein du ministère de l’Énergie, et Nisrine Machmouchi à la tête du Conseil de la fonction publique. Geryès Berbari a, lui, été nommé à la tête de l'Office des céréales et de la betterave sucrière.

Quatre nouveaux vice-gouverneurs de la Banque du Liban, plus d’un an après l’expiration du mandat de leur prédécesseurs, ont également été nommés, dans une volonté de donner un signe positif à la communauté internationale, à l’heure où le pays est engagé dans des négociations économiques avec le Fonds monétaire international pour obtenir une aide financière, après avoir fait défaut sur le remboursement de sa dette en dollars. Les vice-gouverneurs nommés sont : Wassim Mansouri (chiite, proche du mouvement Amal), Salim Chahine (sunnite, appuyé par Hassane Diab), Bachir Yakzan (druze gravitant entre le Parti socialiste progressiste et le Parti démocratique libanais) et Alexandre Moradian (arménien-catholique, soutenu par le CPL). Pour le poste de commissaire du gouvernement près la Banque centrale, c'est Christelle Wakim (grecque-orthodoxe), soutenue par le CPL, qui a été nommée. Pour ce qui est de la commission de contrôle des banques, une présidente, Maya Dabbagh (sunnite, proposée par Hassane Diab), et quatre membre ont été nommés. Il s'agit de Kamel Wazni (chiite, Amal), Marwan Mikhaël (maronite, qui serait soutenu par des proches de Baabda), Joseph Haddad (grec-catholique) et Adel Dreik (grec-orthodoxe, proche des Marada).

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Toujours dans le cadre des nominations financières, les membres de la commission de contrôle des marchés financiers ont été nommés. Il s'agit de Wajeb Kanso (chiite), Fouad Choucair (druze) et Walid Kadri (grec-catholique), appuyé par le chef de l’État. Le Conseil des ministres a également complété le tableau en nommant Chadi Hanna (grec-orthodoxe, soutenu par le courant aouniste) comme membre de la commission spéciale d’investigation au sein de la BDL.

Nouveau poste de mohafez du Kesrouan-Jbeil
Sur un autre registre, le gouvernement a nommé Pauline Dib au nouveau poste de mohafez du Kesrouan-Jbeil, à la faveur d’un forcing exercé par les députés de la régions. 

Commentant les nominations, le ministre des Affaires sociales et du Tourisme, Ramzi Moucharrafiyé, a indiqué à l'issue du Conseil des ministres que "les choix des noms s'est fait selon les compétences et l'expérience et sur la base des normes, des CV et des entretiens". "Les délibérations du cabinet sont confidentielles, il y a eu des débats et presque toutes les décisions ont été prises à l'unanimité", a-t-il ajouté. "La présence des vice-gouverneurs facilite la prise des décisions de manière collective et sans monopole (au sein de la BDL) et aide à contrôler le taux de change", a-t-il également indiqué affirmant que le Premier ministre Hassane Diab "a confirmé que lundi prochain nous rencontrerons de représentants de la Banque du Liban et des banques pour discuter de la livre libanaise".

Les deux ministres affiliés au courant Marada de Sleiman Frangié, Michel Najjar (Travaux publics) et Lamia Yammine Doueihy (Travail), ont boycotté la séance, une deuxième depuis la formation du cabinet, en signe de protestation contre ce train de nominations, alors que leur mouvement réclame le droit de nommer un tiers des fonctionnaires chrétiens pour les postes en jeu. "Nous ne prendrons part à aucune nomination qui ne soit pas basée sur le principe de la bonne personne au bon poste, et c'est ce que le chef des Marada a déjà exprimé en réclamant un mécanisme clair et transparent pour ces nominations", a affirmé plus tôt Michel Najjar, lors d'un point de presse au siège patriarcal de Bkerké, après un entretien avec le chef de l'Eglise maronite, Béchara Raï. "Nous remplissons notre mission démocratique en nous absentant de la séance", a insisté le ministre des Travaux publics.

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Il y a plus de deux mois, les deux ministres du Travail et et des Travaux publics au sein du cabinet de Hassane Diab, avaient déjà boycotté une séance gouvernementale avec, en toile de fond, le dossier explosif des nominations financières que M. Diab avait finalement retiré de l’ordre du jour. Sleiman Frangié avait menacé de claquer la porte du gouvernement s’il n’obtenait pas deux des six postes réservés aux chrétiens.

Parallèlement au Conseil des ministres, une série de manifestations à Beyrouth, à Tripoli, et à Saïda ont eu lieu en journée, notamment pour contester ces nominations, vues par les contestataires comme un partage du gâteau entre les partis au pouvoir.

En début de réunion, le président Aoun et M. Diab ont appelé les Libanais à la vigilance, après les incidents intercommunautaires qui ont eu lieu samedi soir dans le pays, suite à une manifestation anti-pouvoir qui a dégénéré.


Le gouvernement libanais de Hassane Diab, qui s'est réuni en Conseil des ministres au palais de Baabda sous la houlette du président de la République, Michel Aoun, a approuvé mercredi un train de nominations administratives et financières, après des semaines d'atermoiements sur fond de lutte de pouvoir, alors que le pays continue de s'enfoncer dans sa pire crise économique en trente...

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Gouvernement indépendant ? une mascarade où chacun veut avoir la part du gâteau le système mafieux a la dent dure ...

Zeidan

21 h 56, le 10 juin 2020

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Commentaires (1)

  • Gouvernement indépendant ? une mascarade où chacun veut avoir la part du gâteau le système mafieux a la dent dure ...

    Zeidan

    21 h 56, le 10 juin 2020

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