Le secrétaire général du Hezbollah, Naïm Kassem, lors de son discours du 28 novembre 2025 retransmis par la chaîne du parti, Al-Manar. Capture d’écran Al-Manar
Sans grande surprise, le chef du Hezbollah, Naïm Kassem, a rejeté et fustigé jeudi l'accord de cessez-le-feu annoncé dans la nuit depuis Washington, dénonçant « une capitulation et une défaite » et réclamant un cessez-le-feu « global » et le retrait des Israéliens du Liban-Sud.
Dans un message, lu sur la chaîne al-Manar du parti à l'occasion de l'anniversaire de la mort du fondateur de la République islamique d'Iran, l'ayatollah Rouhollah Khomeiny, Naïm Kassem a dénoncé des négociations directes avec Israël qui sont « absurdes, humiliantes et honteuses pour le Liban. » Selon lui, le texte adopté la veille à Washington, au deuxième jour d'une quatrième session de pourparlers, sert le « projet du Grand Israël ».
« Menace existentielle »
« Faire du désarmement l’objectif principal de tout accord revient à anéantir la force du Liban et à constituer une menace existentielle visant l’élimination de son peuple résistant », a critiqué le chef du parti-milice, alors que l'accord réclame l'évacuation de tous les combattants du Sud-Litani et l'instauration de « zones pilotes » sous contrôle de l'armée libanaise. En cela, l'accord est une « annonce de destruction du Liban et d’incitation à la discorde entre les Libanais au profit d’Israël », selon lui.
« Faire du volet sécuritaire l’axe principal de l'accord », et forcer l'évacuation des combattants du Hezbollah « alors que l’agression se poursuit, et sous la pression militaire » constitue, d'après lui, une « capitulation et une défaite », et cela ne sera pas appliqué. Il a dès lors réclamé un cessez-le-feu « global » dans tout le pays, mettant en garde contre toute distinction entre « le Sud et le reste du Liban » et rejeté toute « liberté accordée » à Israël « pour tuer ». Le ministre israélien de la Défense, Israel Katz, a affirmé dans la matinée que l'armée se garderait cette « liberté d'action » au Liban et riposterait « jusqu'à Beyrouth » à toute attaque du Hezbollah sur le territoire israélien.
Des divisions internes provoquées par les autorités libanaises
Le dignitaire chiite a encore affirmé n'avoir « donné à personne l’engagement de ne pas résister aux attaques ou de ne pas y répondre. Tant que l’agression continuera, nous y ferons face par tous les moyens dont nous disposons et nous frapperons là où nous le déciderons et là où nous le pourrons. » « Tant que nos villages ne seront pas en sécurité, qu’ils seront bombardés et détruits et que notre peuple sera tué, les colonies israéliennes ne seront pas en sécurité », a-t-il menacé, alors que les frappes israéliennes n'ont pas faibli jeudi. Le chef du Hezbollah a en outre tenu les dirigeants libanais « responsables » d'avoir provoqué des « divisions internes, avec leurs choix politiques qui ne reflètent ni le consensus national ni les principes de la Constitution et du vivre-ensemble », et réitéré son appel à la fin des négociations directes, qu'il a qualifiées de « mascarade ».
Naïm Kassem a enfin remercié l'Iran pour son soutien et ses « efforts visant à consolider la fin des hostilités, dans le cadre plus large de la fin des hostilités contre l'Iran. » Téhéran a répété à de nombreuses reprises qu'aucun accord ne serait conclu avec Washington pour mettre un terme à leur conflit sans la fin de l'offensive israélienne sur le Liban.
Plus tôt dans la journée, le président libanais Joseph Aoun avait dit « attendre les réponses » des parties concernées par le cessez-le-feu, en tête desquelles le Hezbollah. Il avait indiqué que la trêve « pourrait être mise en œuvre dans les 24 heures qui suivront son approbation définitive », estimant qu'il s'agit de la « dernière chance » pour sortir du conflit.
Peu après la publication du message de Naïm Kassem, une source au sein du mouvement a indiqué à l'AFP que les autorités libanaises avaient été informées du refus de l'accord.



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Ces gesticulations au doigt levé (comme son prédecesseur, le talent en moins) sont insupportables. Il n'a qu'à retourner en Iran par le premier vol sec, même via Bakou, visa et permis de travail lui seront octroyés et garantis à vie, comme pour tous ses congénères... l'Iran n'a pas et n'aura jamais sa place au Liban. Luttons par la parole et par les actes. Il est déjà bien (trop?) tard.
23 h 38, le 04 juin 2026