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Liban

Nominations, "inflation insensée", chute de la livre : manifestations à Beyrouth, Tripoli et Saïda

Des contestataires ont forcé l'entrée de plusieurs administrations de Tripoli, obligeant les employés à quitter les lieux. 


Nominations,

Manifestation devant le Parlement libanais, dans le centre-ville de Beyrouth, le 10 juin 2020. Photo Joao Sousa.

Des centaines de Libanais ont fait entendre leur colère mercredi, à Beyrouth et dans les régions, contre la crise économique et financière, l'effondrement de la livre libanaise et la performance du gouvernement de Hassane Diab, accusé de "ne pas se soucier des droits les plus élémentaires" des citoyens. 

A Beyrouth, ils étaient plusieurs dizaines à manifester dans le centre-ville de la capitale, répondant à des appels lancés sur les réseaux sociaux, afin de protester contre les luttes d'influence partisanes dans les nominations administratives au sein du gouvernement de Hassane Diab. Plusieurs de ces contestataires ont également déploré l'effondrement de la livre libanaise, qui poursuit sa chute sur le marché noir. Ce rassemblement s'est déroulé quelques heures avant une réunion du Conseil des ministres consacrée à un train de nominations de hauts-responsables dans différentes administrations.

Les contestataires se sont d'abord rassemblés sur la place Riad el-Solh, certains brandissant des pancartes critiquant le cabinet Diab, notamment son inaction dans la lutte contre la corruption et la poursuite de la logique du "partage du gâteau", alors que l'équipe ministérielle se présente comme composée de "technocrates indépendants". Les manifestants, dont la plupart étaient masqués, se sont ensuite dirigés vers le siège du Parlement, en scandant des slogans appelant à la révolution et la chute du gouvernement.

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L'après-midi, plusieurs personnes se sont rassemblées devant le siège de la Banque du Liban, à Beyrouth, pour dénoncer la politique monétaire du pays. Les forces de l'ordre étaient présentes en force sur les lieux. En soirée, la manifestation avait lieu place Riad Solh. Les protestataires se sont ensuite rendus à l'une des artères menant au Parlement libanais. 

Dans la matinée, un sit-in a été organisé devant le palais de Justice de Beyrouth afin de réclamer la signature du projet de nominations et permutations judiciaires, renvoyées en début de semaine par le chef de l’État Michel Aoun devant le Conseil supérieur de la magistrature (CSM). Les protestataires ont appelé les juges à "se libérer de l'emprise des dirigeants corrompus".

"Inflation insensée"

Au Nord, quelques manifestants se sont introduits dans la matinée dans le siège du ministère des Finances à Tripoli, réclamant le départ des fonctionnaires s'y trouvant, afin de protester contre la chute de la livre libanaise et l'effondrement économique. Les contestataires ont notamment reproché aux responsables politiques "de ne pas se soucier des droits les plus élémentaires des jours", selon des propos rapportés par l'Agence nationale d'Information (Ani, officielle). "Coupures d'électricité, pénurie de mazout, inflation insensée... Les gens ne peuvent plus supporter cette pression et ont besoin de solutions immédiates", ont-ils déclaré.

Plusieurs personnes ont en outre bloqué l'un des accès à la place al-Nour, dans le centre-ville de la capitale du nord, au moyen de divers obstacles, notamment des conteneurs utilisés pour fabriquer des pâtisseries, lors d'un sit-in contre l'inflation et l'effondrement de la monnaie nationale. Ils ont annoncé, selon l'Ani, leur intention de garder la place fermée jusqu'à ce que l'Etat "assume ses obligations et contrôle le taux de change et les hausses de prix". 

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Dans la localité voisine de Mina, des contestataires ont forcé la fermeture du central téléphonique et le départ des employés, à coup de slogans réclamant la récupération des fonds pillés et la condamnation des responsables corrompus. Le même scénario s'est reproduit au siège d'Électricité du Liban - Kadicha, où les manifestants ont interdit aux salariés de retourner à leurs bureaux.

En soirée, plusieurs personnes se sont rassemblées devant la Banque du Liban, à Tripoli, pour dénoncer la politique monétaire du pays. Les manifestants ont coupé la route devant le siège de la BDL ainsi qu'à l'entrée sud de la ville. L'armée est présente en force sur les lieux.

Des protestataires se sont en outre rassemblés à Saïda, dans la rue des banques, afin de protester contre la cherté de la vie et la dégringolade de la livre libanaise, qui a atteint un nouveau bas ces derniers jours sur le marché noir. Les contestataires ont brandi des pancartes condamnant les politiques financières et bancaires des responsables, et "l'écroulement du taux de change de la livre face au dollar". 

Au Sud également, en début de soirée, plusieurs personnes se sont rassemblées devant le Sérail à Nabatiyé, pour dénoncer la situation économique du pays. Les manifestants ont appelé à "tenir pour responsables les pilleurs des fonds publics". Il ont fait part de leur "rejet de la politique monétaire de l'Etat" et assuré que "leur mobilisation se poursuivra".

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Après un temps d'arrêt, dû entre autres à la pandémie de coronavirus, le mouvement de contestation a repris du poil de la bête ces dernières semaines, les contestataires des différentes régions du pays faisant notamment entendre leur colère contre la crise économique et financière que traverse le Liban. Samedi, un rassemblement organisé dans le centre-ville avait été émaillé d'échauffourées avec les jeunes des quartiers voisins, proches du mouvement Amal et du Hezbollah, après le lancement par certains contestataires de slogans appelant au désarmement du parti chiite. Il avait été suivi par de très fortes tensions communautaires entre les jeunes de différents quartiers sunnites et chiites, après des insultes lancées par ces derniers contre Aïcha, troisième femme du Prophète vénérée par les sunnites. 


Des centaines de Libanais ont fait entendre leur colère mercredi, à Beyrouth et dans les régions, contre la crise économique et financière, l'effondrement de la livre libanaise et la performance du gouvernement de Hassane Diab, accusé de "ne pas se soucier des droits les plus élémentaires" des citoyens. 

A Beyrouth, ils étaient plusieurs dizaines à manifester dans le...

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LE BORDEL DANS TOUTE SON OPULENCE. CELUI DE MARIKA ETAIT MIEUX REGI.

L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

20 h 27, le 10 juin 2020

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Commentaires (1)

  • LE BORDEL DANS TOUTE SON OPULENCE. CELUI DE MARIKA ETAIT MIEUX REGI.

    L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

    20 h 27, le 10 juin 2020