Vers quelles spécialisations de pointe?

La génétique, un vaste domaine qui reste à prospecter

Selon le domaine dans lequel le futur généticien aimerait exercer, il suivra des études de médecine ou de biologie, avant de poursuivre sa spécialisation.

La génétique, un vaste domaine qui reste à  prospecter

La génétique consiste à étudier le patrimoine génétique, c’est-à-dire l’ADN, chez tout être vivant ou toute espèce dont les cellules contiennent un noyau. Photo Bigstock

Surnommée science de l’hérédité, la génétique est un vaste domaine scientifique qui consiste à « étudier la transmission des caractères génétiques au fil des générations, ainsi que leurs mutations, chez tout être vivant ou toute espèce dont les cellules contiennent un noyau, ce qui inclut également les organismes unicellulaires, les levures à titre d’exemple », explique le Dr André Megarbané, médecin généticien. À cet effet, « leur patrimoine génétique est étudié, c’est-à-dire leur ADN » qui est un « code génétique qui constitue le support de ce patrimoine ».

« Cette discipline s’intéresse aussi à l’ADN ou l’ARN (acide nucléique, chimiquement proche de l’ADN) des bactéries et des virus, poursuit-il. Dans le cas du Covid-19, les généticiens ont étudié le virus (SARS-CoV-2) à l’origine de cette pandémie. Ce sont eux aussi qui essaient de comprendre comment lutter contre lui et, parallèlement, les raisons pour lesquelles certains individus sont plus sensibles à l’infection que d’autres. »

Cursus universitaire

Le cursus universitaire à suivre dépend du secteur dans lequel le futur généticien aimerait exercer. Ainsi, s’il est intéressé par l’aspect pathologique des maladies – la trisomie 21, le cancer du sein, l’hypercholestérolémie familiale ou les maladies orphelines à titre d’exemple – et leur diagnostic, il doit faire des études de médecine (sept années) puis se spécialiser en génétique. Il se dirigera à cet effet vers des facultés à l’étranger. S’il est attiré par le laboratoire, il pourra se spécialiser en biologie moléculaire (pour analyser l’ADN/ARN), ou en cytogénétique (étude des chromosomes).

Un autre cursus consiste à suivre des études de biologie puis de génétique. Il pourra à l’issue des trois premières années de tronc commun en biologie s’orienter vers la génétique, en prenant des cours adaptés à son choix lors de son master 1 ou 2, puis lors d’une thèse en sciences. Si l’apprenti veut se pencher sur la génétique des populations, il devra aussi prendre des cours en statistiques. Dans ce cas, le généticien pourra suivre les différentes mutations au sein des populations ainsi que les risques de telle ou telle autre maladie.

S’il est attiré par le monde végétal, il suivra également une formation en biologie suivie d’études en botanique. Idem pour le monde animal. L’intéressé fera des études en biologie ou en médecine vétérinaire suivies d’une spécialisation en génétique animale.

La génétique est également applicable dans le secteur de l’agroalimentaire. Le généticien pourra ainsi aider à améliorer certains aliments pour aider à lutter contre les carences nutritives ou à diminuer les risques cardio-vasculaires, à titre d’exemple.

Le travail au quotidien

Le quotidien du généticien diffère selon le domaine d’expertise choisi. André Megarbané s’intéresse aux maladies génétiques orphelines. « En tant que médecin, mon travail consiste à aider au diagnostic des maladies, précise-t-il. Je suis ainsi en contact direct avec les patients, tout en travaillant aussi au laboratoire. Les examens et les recherches que j’effectue permettent d’orienter le médecin traitant vers un diagnostic. »

Le médecin généticien est aidé par un conseiller en génétique. Ce dernier effectue des études soit de biologie, soit de psychologie, soit de sciences infirmières… suivies d’une maîtrise en conseiller génétique. Il a essentiellement pour rôle d’expliquer aux familles ayant une maladie génétique leur pathologie (mode de transmission, risque pour les descendants…) et de les orienter vers les analyses moléculaires les plus adaptées pour le diagnostic de la maladie.

« La génétique ne se limite pas à ces seuls domaines susmentionnés, affirme le Dr Megarbané. Pour le diagnostic des maladies et les tests, le médecin généticien collabore avec un bio-informaticien dont le rôle consiste à développer des programmes informatiques qui nous aident à lire plus rapidement un génome. C’est grâce à un pareil programme que les chercheurs ont pu séquencer en moins d’une semaine le génome du SARS-CoV-2. »

Curiosité, rigueur et créativité

Pour réussi dans ce métier, « il faut surtout être curieux », insiste le Dr Megarbané. « C’est un domaine tellement vaste que tout ce que nous connaissons aujourd’hui ne représente qu’une partie très minime des connaissances qu’il faudrait encore acquérir, ajoute-t-il. Trop de choses restent encore à découvrir. Nous avons réussi à ce jour à identifier 12 000 maladies génétiques, pourtant nous possédons 20 000 gènes. Nous nous attendons donc à avoir au moins autant de maladies que de gènes. Un énorme travail reste à faire pour pouvoir aider encore mieux les gens. » De plus, le généticien doit être rigoureux, créatif, et bien maîtriser l’écriture en anglais pour pouvoir publier ses recherches.

Manque de débouchés

Le manque de débouchés reste le principal obstacle à franchir. « C’est un problème à l’échelle mondiale, mais qui est accru au Liban parce que nous sommes un petit pays, observe le Dr Megarbané. Néanmoins, si on aime cette filière, il faut se lancer et espérer trouver un emploi dans une université, un laboratoire, une compagnie pharmaceutique, dans des firmes de biotechnologies ou de bio-informatique. »


Surnommée science de l’hérédité, la génétique est un vaste domaine scientifique qui consiste à « étudier la transmission des caractères génétiques au fil des générations, ainsi que leurs mutations, chez tout être vivant ou toute espèce dont les cellules contiennent un noyau, ce qui inclut également les organismes unicellulaires, les levures à titre...

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