Édito

Contre vents et marées

Contre vents et marées

Un cataclysme social, économique et financier qui ne semble pas se décanter de sitôt ; une monnaie nationale en chute libre ; un secteur privé en pleine débandade ; des centaines de milliers de Libanais qui se retrouvent sans emploi et sans ressources; les retraits et les transferts de devises soumis à des restrictions drastiques ; et – cerise sur le gâteau – une pandémie qui a contraint au confinement strict et prolongé plus de la moitié de la planète…

À l’ombre de ce sombre et funeste tableau, plancher contre vents et marées sur une cinquième édition de notre Spécial Orientation professionnelle paraissait une entreprise surréaliste, certains diront naïve. Nous avons pourtant tenu à relever le défi, même si nombre d’établissements ne nous ont pas suivis dans notre folle épopée. Si nous avons tenu à maintenir le cap, ce n’est pas uniquement pour rester attachés au principe de résilience, mais c’est surtout, précisément, parce que le Liban et maintenant l’humanité entière sont confrontés à de graves épreuves existentielles, que les jeunes doivent plus que jamais se mobiliser et planifier leur avenir avec un surcroît de lucidité.

Le désastre auquel le Liban et le monde entier sont confrontés depuis plusieurs mois nous ont fait prendre conscience de l’importance de certaines filières professionnelles qui semblaient tomber dans l’oubli et qui s’avèrent aujourd’hui vitales, telles que l’épidémiologie, la virologie, la santé publique, la génétique, l’aménagement du territoire, la transition écologique, le big data, les outils de la révolution numérique, la bonne gestion du commerce international, le domaine technique… Autant de débouchés possibles et nécessaires, souvent méconnus des élèves du cycle secondaire et des étudiants universitaires à la recherche d’une spécialisation de pointe qui corresponde à leurs compétences réelles.

L’accès à l’information au Liban pose des problèmes récurrents qui rendent la tâche des jeunes plus complexe. Une bonne part de ce Spécial vise à surmonter cet obstacle majeur en exposant un éventail de cursus innovants et prometteurs offerts par certaines des grandes universités du pays. Et de manière concomitante, la tendance internationale à promouvoir et développer les échanges interuniversitaires avec l’étranger pour élargir les horizons des étudiants durant leurs études est abordée pour la première fois dans notre effort d’orientation professionnelle, même si la pandémie a grandement limité nos ambitions sur ce plan. Il reste que deux établissements français et européen d’enseignement supérieur ainsi que des filiales libanaises de grands instituts de formation établis en France nous ont quand même exposé leur esprit de travail et les filières qu’ils proposent dans leurs domaines respectifs. À cela s’ajoute, au plan local, l’ouverture qu’apporte aux élèves du secondaire la nouvelle tendance qui se confirme en milieu scolaire, celle de l’organisation de stages ponctuels en milieu professionnel.

Souligner aujourd’hui au Liban l’importance des échanges interuniversitaires ou des études doctorales de pointe dans des universités étrangères peut paraître quelque peu audacieux au vu du cataclysme local actuel et de l’impact sur les déposants de la crise chronique qui secoue le secteur bancaire. Mais pour reprendre l’emblématique petite phrase de Leonard Cohen, « there is a crack in everything, that’s how the light gets in* ».

* Il y a une fissure en toute chose ; c’est comme cela que jaillit la lumière.


Un cataclysme social, économique et financier qui ne semble pas se décanter de sitôt ; une monnaie nationale en chute libre ; un secteur privé en pleine débandade ; des centaines de milliers de Libanais qui se retrouvent sans emploi et sans ressources; les retraits et les transferts de devises soumis à des restrictions drastiques ; et – cerise sur le gâteau...

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