Vers quelles spécialisations de pointe?

L’épidémiologie propulsée sur le devant de la scène par la pandémie de coronavirus

Le spécialiste en épidémiologie étudie l’histoire ainsi que l’étendue démographique et géographique d’une maladie pour proposer des hypothèses causales ainsi que des politiques d’intervention et de prévention.

L’épidémiologie propulsée sur le devant de la scène par la pandémie de coronavirus

Photo Bigstock

Science visant à étudier les mécanismes de propagation des maladies, l’épidémiologie est une discipline qui a connu un nouvel essor avec la pandémie de coronavirus. Au Liban, les experts ont ainsi « modélisé la progression de l’épidémie en proposant des indicateurs, comme son taux de propagation, grâce auquel nous avons pu déterminer le moment où cette progression allait s’infléchir », explique le Dr Salim Adib, professeur d’épidémiologie et de santé publique à l’Université américaine de Beyrouth.

« Jusqu’à la seconde moitié du vingtième siècle, le rôle des épidémiologistes était un rôle de salubrité publique, qui se résumait au contrôle et à la prévention des épidémies, grandes et petites, causées par des maladies infectieuses, indique Salim Adib. Ce rôle continue à être primordial, surtout pour les épidémiologistes qui travaillent dans les agences de santé publique, nationales et internationales. »

Avec la transition vers les maladies non transmissibles, en raison de la régression des maladies transmissibles, « les épidémiologistes ont dû se réinventer pour étudier les causes et les conséquences de ces maladies », qui sont la principale cause de mortalité et de morbidité à l’échelle mondiale. « Ils sont désormais intéressés par l’étude de la distribution (démographique, géographique, historique) de toutes les maladies et de leurs facteurs de risque, poursuit le Dr Adib. Le but n’est pas uniquement d’expliquer la dynamique des maladies dans les populations humaines, mais également de suggérer des interventions comportementales ou légales pour changer cette dynamique. C’est ainsi que paraissent l’épidémiologie du cancer, celle du diabète, des malformations congénitales, de la violence domestique, des accidents de la voie publique, de la délinquance juvénile, etc. »

Dans ce cadre, les épidémiologistes étudient la démographie (profils à risque), la géographie (distribution) et l’évolution historique de la maladie, ce qui leur permet de suggérer des hypothèses causales, ainsi que des politiques d’intervention et de prévention.

Engagement en faveur du bien public

L’épidémiologie est une discipline de spécialisation. Elle s’effectue ainsi après un cursus universitaire normal, « lié à la santé, comme la médecine, les sciences infirmières, la pharmacie, la médecine vétérinaire, la nutrition… », souligne le Dr Adib. « On peut également suivre un cursus dans l’une des disciplines scientifiques qui interagissent avec la santé, comme les sciences environnementales, la psychologie, la sociologie, le marketing, les statistiques, etc. », poursuit-il.

Pour réussir dans ce métier, la rigueur est de mise. « L’épidémiologiste doit, de plus, adopter une attitude qui valorise la prévention et la communication, insiste le Dr Adib. Il doit aussi s’engager pour le bien public. Cela est important pour une carrière qui a un grand impact. Par ailleurs, une bonne compréhension des causes biologiques des maladies est souhaitable. »

Débouchés multiples

L’épidémiologie, en plein essor, est une discipline qui ouvre des débouchés multiples. « Le futur épidémiologiste peut ainsi exercer au sein d’agences de santé et de sécurité publique locales, nationales et internationales, précise le Dr Adib. Il peut également travailler dans des organisations non gouvernementales, des centres de recherche et des centres académiques, ainsi que dans l’industrie pharmaceutique. »

La pratique du métier n’est pas sans embûches, notamment dans les pays en voie de développement. « Dans ces pays, la majorité des gens, mais aussi des décideurs au niveau gouvernemental, associent la santé à la médecine, fait remarquer le Dr Adib. Dans ces pays, on pense ainsi toujours aux problèmes des services cliniques inadéquats, mais moins aux besoins de prévention des maladies. Les épidémiologistes, qui sont les principaux intervenants en santé publique, sont ainsi souvent écartés au profit des cliniciens brillants, mais qui malheureusement n’ont pas le bagage suffisant au niveau de la connaissance et de la pratique pour les besoins de la santé des populations. »


Science visant à étudier les mécanismes de propagation des maladies, l’épidémiologie est une discipline qui a connu un nouvel essor avec la pandémie de coronavirus. Au Liban, les experts ont ainsi « modélisé la progression de l’épidémie en proposant des indicateurs, comme son taux de propagation, grâce auquel nous avons pu déterminer le moment où cette progression...

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