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Le gouvernement prolonge la mobilisation générale jusqu'au 24 mai

La gestion des réseaux mobiles restituée au ministère des Télécoms, qui doit préparer dans les trois mois un appel d'offres international.

Le gouvernement, réuni en Conseil des ministres, le 5 mai 2020. Photo Dalati et Nohra

Le gouvernement libanais de Hassane Diab, réuni en Conseil des ministres, a décidé mardi de prolonger jusqu'au 24 mai la mobilisation générale qui devait prendre fin le 10 mai, pour enrayer la propagation du le coronavirus, conformément à une recommandation formulée plus tôt dans la journée par le Conseil supérieur de défense qui s'est réuni sous la présidence du chef de l’État, Michel Aoun, au palais de Baabda. Cette décision intervient alors que le Liban n'a enregistré aucun cas de contamination locale pour le deuxième jour consécutif.

Décrétée le 15 mars pour une durée de 15 jours, la mobilisation générale, qui prévoit la fermeture de tous les commerces non-essentiels, de l'aéroport de Beyrouth et des établissements scolaires et universitaires, a déjà été prolongée à trois reprises pour deux semaines. Dans ce cadre, le ministre de l'Intérieur, Mohammad Fahmi, a précisé que la circulation alternée pour les véhicules allait se poursuivre. La prolongation de la mobilisation générale intervient au deuxième jour de la deuxième phase du plan de déconfinement progressif, approuvé le 24 avril et destiné à atténuer peu à peu les mesures pour parvenir à un retour quasi normal à la vie active. Depuis lundi, les restaurants, salons de coiffure et les vendeurs de voitures neuves et d'occasion ont partiellement rouvert dans le respect des mesures de distanciation sociale. La troisième phase du déconfinement doit commencer le 11 mai, la quatrième le 25 et la cinquième le 8 juin, date à laquelle le secteur de l’enseignement, les centres de loisirs et les lieux de culte notamment pourront rouvrir leurs portes, sous certaines conditions cependant.

Divisé en cinq étapes, le plan a été établi sur la base de multiples critères qui tiennent compte de l’impact économique du confinement, en même temps que des risques d’une seconde vague de contamination, accentués par un certain relâchement observé en plusieurs points du pays. Dans ce contexte, le Premier ministre, Hassane Diab, a appelé les forces de sécurité à faire respecter les mesures prises pour enrayer la propagation du coronavirus. "Si une deuxième vague devait arriver, elle serait plus importante que la première", a prévenu M. Diab en Conseil des ministres.

Dans ce contexte, la deuxième phase du rapatriement de Libanais bloqués à l'étranger doit se poursuivre jusqu’au 8 mai et permettra à environ 5 000 expatriés de regagner le pays, selon le ministère des Affaires étrangères.  Selon des informations rapportées par la LBCI, la commission ministérielle chargée du retour des expatriés a préconisé mardi soir d'organiser une troisième phase de rapatriement avec des vols prévus entre le 14 et le 23 mai (voir les détails ici).


"Mieux vaut tard que jamais"
La crise du coronavirus n'a fait qu'empirer une situation économique et sociale déjà désastreuse au Liban, qui traverse sa plus grave crise sur ce plan depuis 30 ans. Face à cette crise, le gouvernement a adopté la semaine dernière un plan de redressement et de relance, qui doit être examiné mercredi lors d'une réunion des chefs des blocs parlementaires convoquée par le chef de l’État au palais de Baabda. "L'initiative du président Aoun a pour objectif de faire du Parlement un partenaire dans la mise en œuvre de ce plan et que les blocs politiques apportent leur concours au chantier de sauvetage", a déclaré M. Diab lors de ce Conseil des ministres. Répondant à l'issue de la réunion, dans une discussion à bâtons rompus avec des journalistes, à ceux qui soulignent que les concertations politiques auraient dû avoir lieu avant l'adoption du plan, le Premier ministre a déclaré : "Mieux vaut tard que jamais". C'est sur base de ce plan que le gouvernement a officiellement demandé une assistance technique au Fonds monétaire international (FMI), dont la directrice s'est entretenue hier avec Hassane Diab.

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Par ailleurs, le Premier ministre a réaffirmé que ses relations avec le président du Parlement et leader du mouvement Amal, Nabih Berry, avec lequel il s'est entretenu lundi, "étaient et resteront excellentes", alors que des divergences de vue entre les deux hommes ont semblé poindre ces dernières semaines, notamment en ce qui concerne le plan de relance. "L'élaboration par le gouvernement du plan de redressement ne l'exonère pas de prendre des mesures pour enrayer l'aggravation des conditions de vie", indique un communiqué publié à l'issue d'une réunion du bloc parlementaire d'Amal qui a eu lieu plus tôt dans la journée.

Interrogé sur le mohafez de Beyrouth, Ziad Chebib, que le chef du gouvernement souhaite remplacer alors qu’il est sur le point de terminer son mandat, ce dernier a assuré qu'il ne s'agissait pas là d'une confiscation d'un poste dévolu à la communauté grecque-orthodoxe. Hier, des représentants de la communauté, réunis au siège de l'archevêché grec-orthodoxe, ont exprimé leur mécontentement face à ce projet de remplacement.


Deux mesures sur l'enrichissement illicite adoptées
La crise économique et financière au Liban se matérialise par une inflation galopante et une forte dépréciation de la livre libanaise par rapport au dollar. A l'issue de la réunion gouvernementale, le ministre de l’Économie, Raoul Nehmé, a dans ce cadre indiqué que le Conseil des ministres qui aura lieu jeudi sera consacrée à la hausse des prix, à la crise économique et sociale, ainsi qu'à "l'allègement du fardeau pour les entreprises et les sociétés".

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Sur ce sujet, le chef de l’État a affirmé que la hausse des prix avait "dépassé l'acceptable", appelant à des "mesures rapides pour un retour à la normale". Par ailleurs, il a insisté sur la nécessité de "prêter la plus grande attention aux aides aux Libanais en cette période difficile", notamment celles concernant les aides sociales, les exemptions et les demandes des entreprises.

Sur un autre plan, il a appelé à unifier les projets et les propositions de loi sur la lutte contre la corruption afin qu'ils soient transmis au Parlement. Dans ce cadre, la porte-parole du gouvernement, la ministre de l'Information, Manal Abdel Samad, a déclaré à l'issue du Conseil des ministres que deux mesures présentées par la ministre de la Justice, Marie-Claude Najm, réactivant la loi sur l’enrichissement illicite, ont été adoptées. Quatre précédentes mesures proposées par Mme Najm dans le cadre de la lutte contre la corruption avaient été adoptées la semaine dernière. L'examen des mesures restantes se poursuivra lors du prochain Conseil des ministres qui aura lieu jeudi.

Par ailleurs, la porte-parole du gouvernement a rappelé aux banques leur "engagement" concernant la facilitation des transferts bancaires à destination des étudiants libanais se trouvant à l'étranger, dans un contexte de restrictions mises en place par les établissements bancaires. En outre, le gouvernement a examiné un mécanisme de retour dans leur pays des travailleurs étrangers se trouvant au Liban, un dossier dont est chargé la ministre du Travail, Lamia Yammine.


Réseaux de téléphonie mobile : appel d'offres dans trois mois
Sur un autre plan, le gouvernement a approuvé, sur la base d'une demande formulée en ce sens par le ministre des Télécoms, Talal Hawat, la restitution à l’État des deux réseaux mobiles du pays Mic 1 et Mic 2 gérés jusque-là par l’Égyptien Orascom depuis 2009 pour Alfa et le Koweïtien Zain depuis 2004 pour Touch, et dont les contrats, unilatéralement prolongés par l’État depuis fin 2015, sont arrivés à expiration le 31 décembre dernier. Mme Abdel Samad a précisé que la gestion de ces deux réseaux a été transférée au ministère des Télécoms qui est chargé de préparer un nouveau cahier des charges pour un appel d'offres international pour la gestion et l'exploitation de ces réseaux dans un délai de trois mois. Les deux opérateurs emploient environ 2 000 personnes, selon les chiffres du ministère. La restitution à l'Etat de la gestion de ces réseaux était l'une des revendications du mouvement de contestation contre la classe dirigeante.

En outre, le ministre de l’Énergie, Raymond Ghajar, a affirmé qu'il avait évoqué lors du Conseil des ministres l'affaire du fuel défectueux destiné à Électricité du Liban, qui fait polémique sur la scène locale. Le premier juge d'instruction du Mont-Liban, Nicolas Mansour, a émis un mandat d'arrêt contre le représentant de l’entreprise publique algérienne Sonatrach au Liban et plusieurs employés de la société libanaise d'inspection PST dans le cadre de cette affaire. Selon des informations de la chaîne locale LBCI, ils ont avoué avoir versé des pots-de-vin.  Plus tôt dans la journée, le procureur financier Ali Ibrahim avait engagé des poursuites contre dix compagnies d'hydrocarbures, dans le cadre de cette affaire, pour "détournement de fonds publics et enrichissement illicite", avant de transférer le dossier au premier juge d'instruction par intérim à Beyrouth, Charbel Abou Samra.

Le gouvernement a également annoncé une prolongation jusqu'au 31 décembre prochain du contrat liant à l’État à LibanPost. Un cahier des charges devra être élaboré d'ici là pour un appel d'offres, a indiqué Mme Abdel Samad.
Enfin, le ministre de l’Éducation, Tarek Majzoub, a annoncé l'ouverture dès demain du dépôt des candidatures pour les personnes souhaitant intégrer le conseil d'administration de la seule chaîne publique libanaise Télé-Liban.



Le gouvernement libanais de Hassane Diab, réuni en Conseil des ministres, a décidé mardi de prolonger jusqu'au 24 mai la mobilisation générale qui devait prendre fin le 10 mai, pour enrayer la propagation du le coronavirus, conformément à

commentaires (5)

Qu’est-ce qu’il a à faire le ministre de l’éducation avec le conseil d’administration de Télé - Liban ?

tanios deaibes

20 h 07, le 05 mai 2020

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Commentaires (5)

  • Qu’est-ce qu’il a à faire le ministre de l’éducation avec le conseil d’administration de Télé - Liban ?

    tanios deaibes

    20 h 07, le 05 mai 2020

  • A toute fin utile, [[embed source=article id=https://www.lorientlejour.com/article/1216829/la-reprise-oui-mais-a-quel-prix-demandent-les-commercants.html title=Lire aussi]] devrait être inséré dans le code et non pas sur la page lecture ...

    Remy Martin

    19 h 21, le 05 mai 2020

  • DIAB CONTINUE SA CHANSON ET SEMBLE NE POINT PRETER OREILLE AUX AUTRES SURTOUT EN CE QUI CONCERNE LES BANQUES ET LE HAIRCUT DES ECONOMIES D,UNE VIE DES GENS EN DEPOTS CHEZ CEUX-LA. ON VEUT FAIRE MAIN BASSE SUR LES DEPOTS DONT VIVENT DES MILLIERS DE GENS SURTOUT AGES ET NE POSSEDANT RIEN D,AUTRE QUE CES ECONOMIES. LSSSSOUSSSS !

    L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

    19 h 16, le 05 mai 2020

  • Pourquoi cette immobilisation des services,et de l'économie ? Voyez les banques qui se félicitent, en ouvrant à peine 3 heures, et gardent les clients dehors sur le trottoir, en retardant au maximum les opérations aux guichets bien que, les employés ne souillent pas leurs mains avec l'argent, et ceci grâce au corona. Le retour à la normale dans tous les domaines s'annonce difficile, sinon impossible. Des tas de factures s'entassent, et il sera impossible de régler sans désordre partout. On nous menace incessamment d'une deuxième vague, et ils fixent savamment son apogée. Mais, la faim réelle s'annonce, et sera plus pénible que corona .

    Esber

    18 h 30, le 05 mai 2020