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Économie - Politique économique

Diab irrité par le manque de coopération de la BDL

La Banque centrale a prolongé hier le dispositif de crédits à taux 0 destiné aux sociétés en difficulté en raison des mesures de confinement liées au Covid-19.

Le Premier ministre Hassane Diab à l’Assemblée parlementaire hier. Photo fournie par le Parlement

Les différentes initiatives prises par la Banque du Liban pour modifier une partie de la réglementation bancaire du pays ces dernières semaines ont fini par faire réagir le chef de l’exécutif.

Lors de son intervention devant le Parlement à l’issue de la séance parlementaire d’hier, le Premier ministre Hassane Diab a dénoncé le manque de coopération de la Banque du Liban dans l’adoption des dernières mesures mises en place, et en particulier celle instituée mardi à travers la circulaire principale n°151. Ce texte intervient sur la réglementation des retraits effectués à partir de comptes en devises, en ouvrant la possibilité à tous les clients des banques du pays titulaires de ces comptes, peu importe leur montant, de convertir en livres et au « taux du marché » les sommes qu’ils souhaitent retirer en espèces.

« Nous n’avons pas été mis au courant au préalable de la décision de la BDL prise (mardi). Plus largement, la BDL ne coordonne pas avec l’exécutif les décisions qu’elle prend. Je m’exprimerai à l’issue du Conseil des ministres (demain) et nous prendrons des positions fortes », a promis le Premier ministre, visiblement irrité.

Il a en outre ajouté que le plan de redressement que prépare le gouvernement en amont des négociations prévues avec ses créanciers pour restaurer la dette publique du pays – en défaut partiel depuis mars – allait être finalisé la semaine prochaine au lieu de cette semaine comme prévu.

Répondant au président du Parlement Nabih Berry, Hassane Diab a évoqué un report lié à la programmation de la séance parlementaire de cette semaine. Une version intermédiaire de ce plan circule depuis deux semaines et a été largement commentée depuis (L’Orient-Le Jour en a détaillé les grands axes dans son édition du 9 avril).


(Lire aussi : La BDL a vendu des dollars aux changeurs pour contenir la baisse de la valeur de la livre)


Précisions sur la n° 151

Le pays fait face à la pire crise économique et financière de son histoire récente. Une situation qui résulte principalement de la combinaison d’une mauvaise gestion de la part de la classe politique, de la surexposition des banques et de la BDL à la dette souveraine du pays et d’un contexte politico-sécuritaire majoritairement instable au niveau local et régional. Cette crise a entraîné une forte dépréciation de la livre libanaise chez les changeurs, où elle a atteint 3 350 livres hier (soit 122 % de baisse de valeur chez la plupart des changeurs), alors que la parité officielle, toujours appliquée pour la majorité des opérations par la BDL et les banques, tourne autour de 1 507,5 livres.

Si l’exécutif n’est pas encore réellement intervenu sur ce dossier, la BDL a elle pris l’initiative d’adopter plusieurs textes depuis le début du mois, qui modifient la réglementation bancaire en instaurant, sans l’affirmer, un nouveau régime de change pour certains types d’opérations. Deux de ces circulaires (n° 148 et 151), dont celle adoptée mardi, ouvrent la possibilité aux déposants titulaires de comptes en dollars d’en retirer tout ou partie (dépendamment des montants qu’ils possèdent) en livres libanaises et à un taux proche du marché qui sera fixé par une unité instituée par un troisième texte (n°149).

L’impact du dispositif mis en place par la circulaire n° 151 (que L’Orient-Le Jour a détaillé mercredi) est d’autant plus important qu’il est ouvert à tous les déposants qui possèdent des comptes en dollars. Certaines sources bancaires contactées par L’Orient-Le Jour ont interprété ce mécanisme comme un moyen détourné offert aux banques pour dédollariser leurs dépôts et qui permet en même temps à la Banque centrale de réduire ses propres pertes nettes inscrites sur son bilan en baissant son ardoise liée aux dépôts et certificats de dépôt que possèdent les établissements bancaires chez elle.

Une interprétation réfutée par la BDL dans un communiqué publié hier soir, qui a évoqué une mesure visant à « faciliter la vie des Libanais » en soutenant leur « pouvoir d’achat et leur niveau de vie ». La BDL a également précisé que les retraits pouvant être effectués selon le dispositif prévu par la circulaire n° 151 allaient être plafonnés à 5 000 dollars, et qu’elle laissait la liberté aux banques de fixer les montants minimum pouvant être traités dans ce cadre – deux précisions qui ne figuraient pas dans le texte d’origine.Avant l’intervention du Premier ministre, la BDL avait d’ailleurs publié une nouvelle circulaire (la 8e depuis le début du mois) précisant les modalités d’un autre mécanisme lancé le 23 mars. Le nouveau texte (circulaire intermédiaire n° 551 modifiant la n° 547) permet aux entreprises en difficulté en raison des mesures de confinement liées au Covid-19 de recourir à un prêt exceptionnel à 0 % et sans frais, octroyé par les banques du pays, afin de payer certaines échéances (coût de fonctionnement, salaires, etc.). Des montants qu’elles pourront rembourser par la suite sur une période pouvant s’étaler sur cinq ans.La BDL a ainsi décidé de prolonger d’un mois la durée d’application de cette mesure, qui s’étalait initialement jusqu’en mai – et qui n’aurait pour l’instant pas eu beaucoup succès. Selon une source bancaire, les nouvelles directives étaient attendues par plusieurs banques « qui ont reçu beaucoup de demandes mais souhaitaient éclaircir certaines zones d’ombre ». En effet, le nouveau texte précise bien que ces prêts seront uniquement octroyés aux entreprises souffrant des mesures de confinement depuis le 15 mars dernier, et non celles subissant les effets de la crise économique.

Sont donc exclues les entreprises qui ne sont pas obligées de fermer leurs portes pendant le confinement, comme les boulangeries, les pharmacies ou encore les commerces alimentaires. La BDL précise toutefois qu’elles pourraient également en profiter, dans le cas où les banques ou les institutions financières remarquent que ces commerces sont affectés par les mesures de confinement. De plus, si ce prêt est demandé afin de pouvoir payer les salaires des employés, la rémunération peut être transférée directement dans leurs comptes, ou bien être payée en espèces. Également, les entreprises souhaitant régler leurs prêts exceptionnels avant la date de remboursement prévue peuvent le faire sans subir de pénalités.


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Les différentes initiatives prises par la Banque du Liban pour modifier une partie de la réglementation bancaire du pays ces dernières semaines ont fini par faire réagir le chef de l’exécutif. Lors de son intervention devant le Parlement à l’issue de la séance parlementaire d’hier, le Premier ministre Hassane Diab a dénoncé le manque de coopération de la Banque du Liban dans...

commentaires (4)

On peut prendre tous ces ir (responsables) politiques y compris le chef de l’etat, de plus en plus bedonnant vous remarquez, et les remplacer par des statuts en cire dans la même position que cela ne changerait en rien le déroulement des choses. Pour nous débarrasser de tout ce staff il va falloir recourir à une instance judiciaire internationale avec l’aide de tout le peuple pour les dégager de leurs postes sinon c’est leur donner la permission de tuer un pays et un peuple à petit feu avec notre bénédiction. Agissons au lieu de rester spectateurs de notre homicide. Les jours et les heures s’écoulent et le niveau de l’eau de notre noyade monte. Qu’attendent nous? La seule préoccupation du Berry entre autres est d’amnistier vite fait et il arrivera à son but avant que nous ayons le temps de déposer plainte et ça personne ne veut le voir.

Sissi zayyat

12 h 25, le 23 avril 2020

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Commentaires (4)

  • On peut prendre tous ces ir (responsables) politiques y compris le chef de l’etat, de plus en plus bedonnant vous remarquez, et les remplacer par des statuts en cire dans la même position que cela ne changerait en rien le déroulement des choses. Pour nous débarrasser de tout ce staff il va falloir recourir à une instance judiciaire internationale avec l’aide de tout le peuple pour les dégager de leurs postes sinon c’est leur donner la permission de tuer un pays et un peuple à petit feu avec notre bénédiction. Agissons au lieu de rester spectateurs de notre homicide. Les jours et les heures s’écoulent et le niveau de l’eau de notre noyade monte. Qu’attendent nous? La seule préoccupation du Berry entre autres est d’amnistier vite fait et il arrivera à son but avant que nous ayons le temps de déposer plainte et ça personne ne veut le voir.

    Sissi zayyat

    12 h 25, le 23 avril 2020

  • BDL ET CAVERNE GOUVERNEMENTALE TRAVAILLENT POUR LE COMPTE DES PROPRIETAIRES PREDATEURS BANQUIERS POUR DEVALISER LES ECONOMIES D,UNE VIE DES DEPOSANTS. IL FAUT LES ARRETER ET LES OBLIGER A RECUPERER LES MONTANTS VOLES OU A FAIRE DU HAIRCUT AUX BILLIONNAIRES ET MULTIMILLIONNAIRES DONT LES FORTUNES NE SONT PAS ACQUISES HONNETEMENT NI LEGALEMENT. BAS LES MAINS DES ECONOMIES D,UNE VIE DES DEPOSANTS QUI N,ONT RIEN D,AUTRE POUR VIVRE LE RESTE DE LEURS JOURS ! CONTESTATION... SINON THAWRA !

    L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

    08 h 44, le 23 avril 2020

  • Monsieur le Gouverneur de la BdL : Soutenir le pouvoir d’achat : SVP ne nous prenez pas pour des imbéciles par de telles déclarations. Bien entendu ce n’est vous qui faites vos courses, vous auriez remarqué que tous les prix dans les supermarchés ont plus que doublé grâce à votre brillante politique financière. Alors toutes vos mesurettes ne serviront qu’à hausser d’avantage le cours du dollar

    Liberté de Penser

    08 h 33, le 23 avril 2020

  • Pourquoi Diab n'a pas rouspété à la circulaire du 3-4-20 qui privilégie les petits déposants de moins de 3000 dollars? Pour la première fois, la BDL essaye de réparer une injustice de façon étudiée. Vis à vis de l' inaction de Diab, qui attend toujours peut-être des consignes qui tardent à venir, l'action de la BDL,vise à supporter toute une situation dans un contexte socio- économique compliqué.

    Esber

    07 h 05, le 23 avril 2020

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