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Épidémie

Vigilance au Akkar : la situation est sous contrôle... jusqu’à présent

Dans cette région du Liban-Nord, le respect des mesures de confinement est tributaire de la situation économique des habitants.


C’est dans un préfabriqué, devant l’hôpital gouvernemental de Halba, que sont reçues les personnes désirant se faire tester pour le coronavirus. Photo F.A.

Avec seulement vingt-quatre cas de contamination au coronavirus dans le mohafazat du Akkar, qui regroupe 159 villages, la situation semble être jusqu’à présent sous contrôle. Cependant, le relâchement inquiétant du respect des règles de confinement depuis le début du mois d’avril risque de changer la donne. « Pendant le mois de mars, les habitants du Akkar respectaient plus ou moins les règles de confinement », raconte à L’Orient-Le Jour Firas Abdallah, activiste et membre du groupe du sit-in de Halba, né avec le soulèvement populaire d’octobre 2019. Et de poursuivre : « Mais autour du 29 mars, les habitants se sont rassemblés en masse devant les banques pour encaisser leurs salaires ou pour faire les courses de début de mois par exemple. » À partir de là, le confinement s’est relâché.

Pour M. Abdallah, la principale raison pour laquelle les mesures de confinement semblent de moins en moins respectées est la nécessité de travailler pour tous ceux pour qui le confinement est un luxe qu’ils ne peuvent plus se permettre. « Si le gouvernement entend prolonger le confinement, il doit impérativement remédier à la situation économique des plus pauvres », ajoute-t-il. Selon lui, de nombreux commerces et institutions ont rouvert leurs portes, et la circulation à l’intérieur des villages et entre les différents villages de la région a repris. Qu’en est-il de la circulation alternée des véhicules suivant le dernier chiffre de la plaque d’immatriculation ? « Chez nous, les chiffres pairs et impairs circulent côte à côte », répond-il avec une pointe d’humour.



(Lire aussi : Coronavirus et déchets infectieux : l’autre aspect de la crise)



Des ressources modestes

Joint au téléphone par L’OLJ, le mohafez du Akkar, Imad Labaki, abonde. « Au Liban, et plus précisément dans le Akkar, un confinement total ne saurait être appliqué sans que l’État ne prenne en considération la situation économique difficile des plus pauvres. » Selon lui, le plan de gestion de la crise appliqué par le Akkar est le même que ceux qui sont appliqués dans toutes les régions du pays. « Des bureaux et des comités de gestion de la crise ont été mis en place par les municipalités, des bénévoles se sont mis à la disposition de leur village, et chaque localité tente selon ses moyens d’imposer les règles de confinement », explique-t-il avant de poursuivre : « Les municipalités essaient, dans la limite du possible, d’appliquer la stratégie de la traçabilité pour détecter les cas de contamination et tenter de contrer la propagation du virus. » Dans le Akkar, toute la population compte sur l’hôpital gouvernemental de Halba. Est-il préparé à recevoir des malades et à faire face à l’épidémie ? Selon Imad Labaki, l’hôpital de Halba n’a pas reçu d’aide de la part du gouvernement. « Les fonds alloués à l’hôpital ont été collectés lors d’un téléthon lancé par les députés de la région », précise-t-il. Actuellement, les habitants du Akkar peuvent se faire tester gratuitement à l’hôpital avant que les prélèvements ne soient envoyés à l’hôpital Rafic Hariri pour les analyses et les résultats. Pour le directeur de l’hôpital de Halba, le Dr Mohammad Khodrine, il est essentiel que l’hôpital dispose d’une machine de test PCR pour faciliter le processus de dépistage. « Le problème de l’acquisition d’une machine n’est pas financier parce que les fonds nécessaires pour l’achat nous ont été offerts par un bienfaiteur, explique-t-il. Le problème réside au niveau du processus d’achat et de vente de la machine car la partie qui propose de la vendre ne peut nous préciser la date de livraison. » Pour le moment, et toujours selon M. Khodrine, l’hôpital peut recevoir jusqu’à vingt personnes porteuses du coronavirus. « D’ici à samedi, nous serons prêts à recevoir 37 personnes, et dans douze jours, l’hôpital sera prêt à traiter huit personnes nécessitant des soins intensifs », précise-t-il. L’hôpital dispose de trois respirateurs et compte s’en procurer cinq de plus dans les jours à venir. Firas Abdallah, qui s’est fait tester lundi à l’hôpital de Halba, dit toutefois avoir été choqué par l’absence de mesures de précautions au sein de l’établissement. Selon lui, personne ne respectait la distanciation sociale, et le médecin qui faisait les prélèvements aux personnes testées ne changeait pas de gants entre deux patients. Des accusations que le directeur de l’hôpital de Halba rejette, assurant que le personnel de l’hôpital essaie de respecter autant que possible les mesures de précaution et fait de son mieux pour améliorer l’état de l’hôpital. Sur un autre plan, Firas Abdallah, qui était présent lors de l’accrochage opposant les militants de la contestation populaire aux députés le jour de la réunion consacrée à la collecte de fonds destinés à l’hôpital gouvernemental, s’interroge sur le devenir de l’argent collecté : « Nous demandons à savoir où et comment ces fonds ont été dépensés. »


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commentaires (1)

Chacun fait ses choix dans la vie... Mais qu'ils ne viennent pas se plaindre après!

Mago1

01 h 25, le 15 avril 2020

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Commentaires (1)

  • Chacun fait ses choix dans la vie... Mais qu'ils ne viennent pas se plaindre après!

    Mago1

    01 h 25, le 15 avril 2020