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Développement

Comment l’hôpital Rafic Hariri a réussi à faire face au coronavirus

L’établissement, qui a été le premier à traiter les patients du coronavirus, s’est démarqué grâce à un programme de réhabilitation mené par le CICR, une ONG suisse et l’AFD.

Depuis le début de l’épidémie du coronavirus dans le pays, l’Hôpital universitaire Rafic Hariri (HURH) est devenu une référence dans le combat contre le Covid-19. Il a été le premier à accueillir et à traiter les patients contaminés au Liban, en s’adaptant très rapidement aux exigences médicales et sanitaires de la lutte contre ce virus. Dans un pays où les établissements de santé publics sont habituellement snobés car jugés peu fiables et mal équipés, le HURH a été sans doute le premier hôpital public du pays à inspirer autant confiance.

Si cet établissement public a pu réagir aussi vite et efficacement à la crise sanitaire qui s’est abattue sur le Liban, c’est notamment parce qu’il s’était lancé dans un chantier de réaménagement et d’équipement grâce à une collaboration avec le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) et l’Agence française de développement (AFD). Celle-ci avait commencé en 2016 avec le CICR et la fondation suisse Avina. Plusieurs travaux de rénovation ont été ainsi lancés et fin 2019, c’est l’AFD qui a pris le relais pour assurer la rénovation de l’établissement et la formation de ses équipes, un projet qui doit se poursuivre jusqu’en juin 2022.

Antoine Hess, directeur du projet auprès du CICR, explique que l’initiative est née de la « volonté du CICR de soutenir les soins de santé au Liban et de soulager le système public de santé affecté par la crise des réfugiés syriens ». « L’Hôpital Rafic Hariri a été choisi pour ce projet car c’est le plus grand établissement hospitalier universitaire du Liban et parce qu’il accueille les populations les plus vulnérables parmi les Libanais et les réfugiés se trouvant au Liban », indique M. Hess à L’Orient-Le Jour.


(Lire aussi : Coronavirus et déchets infectieux : l’autre aspect de la crise)

Consolider les services publics

« La situation de l’hôpital était difficile il y a encore 5 ans », admet le directeur général du HURH, le Dr Firas Abiad. « Grâce à notre partenariat avec le CICR, certaines ailes de l’établissement ont été réhabilitées, telles les urgences où l’on reçoit aujourd’hui les malades atteints du coronavirus », souligne-t-il. Le Dr Abiad loue par ailleurs la « collaboration depuis 2019 entre l’humanitaire incarné par le CICR et un acteur de développement tel que l’AFD ».

C’est grâce à la réactivité de l’AFD que l’hôpital a pu rapidement se doter du matériel nécessaire à la lutte contre le Covid-19, dès que les premiers cas de contamination ont été confirmés. « L’AFD a autorisé l’accélération de l’utilisation de certains fonds pour l’achat de masques, de gants, de thermomètres et d’équipements nécessaires pour certaines chambres », explique Farah Asfahani, chargée régionale de projets santé au sein de l’AFD. « À travers cette collaboration, notre but est de renforcer les services publics et non pas de créer des systèmes parallèles », assure-t-elle. « Ce qui nous a aidés, c’est que le premier versement de fonds au CICR était déjà disponible et accessible, explique pour sa part Olivier Ray, directeur régional de l’AFD, à L’OLJ. Nous avons donc pu réagir rapidement face à l’épidémie. Dès que l’hôpital a eu besoin de matériel, nous avons immédiatement passé la commande. » Le programme de développement de l’HURH est financé par une subvention de l’AFD à hauteur de 20 millions d’euros sur 3 ans, une somme puisée dans le fonds Paix et résilience de l’AFD, dans le cadre de la coopération entre la France et le Liban.

« On constate que les hôpitaux dans des pays qui disposent de systèmes sanitaires très performants sont complètement désorganisés. Le Liban peut être très fier de ce que l’Hôpital Rafic Hariri a fait pendant la crise. Il a réussi à s’organiser de manière efficace et a été capable de gérer une pandémie aussi perturbante », se félicite M. Ray. « Pour la suite, tout dépendra de l’évolution de la pandémie, mais l’objectif est que cet hôpital puisse continuer à traiter les autres pathologies aussi », souligne-t-il.

Le Dr Abiad est également satisfait de la réactivité de l’HURH. « Dès que l’épidémie s’est déclarée, nous avons pu être prêts en quelques jours. Sans oublier que nos équipes sont bien formées », se félicite-t-il, tout en saluant également la « rapidité » d’intervention du gouvernement et du ministère de la Santé.

Seule ombre au tableau, la peur des patients non atteints du coronavirus d’être contaminés si jamais ils se rendent à l’Hôpital Rafic Hariri, alors que celui-ci applique des mesures de sécurité sanitaire très strictes et qu’il isole les malades atteints du Covid-19. « Au départ, certains patients réguliers ont eu peur de venir se faire traiter car ils craignaient d’attraper le virus. Nous avons alors ouvert une autre salle d’urgences. Le fait de ne pas recevoir de traitements peut être dangereux pour leur santé », martèle le Dr Abiad.



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commentaires (6)

Merci et bon courage.

Wlek Sanferlou

14 h 11, le 24 avril 2020

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Commentaires (6)

  • Merci et bon courage.

    Wlek Sanferlou

    14 h 11, le 24 avril 2020

  • ILS FONT DU BON TRAVAIL. BRAVO ET MERCI.

    L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

    21 h 40, le 15 avril 2020

  • Félicitations aux médecins et l'équipement de l'hôpital Mais faites attention que le nombre n'augmente pas

    Eleni Caridopoulou

    18 h 06, le 15 avril 2020

  • Bravo au corps medical ! Certains fanboys (les Je-sais-tout) diront que c'est le travail du gouvernement...

    Toni Pantaloni

    15 h 20, le 15 avril 2020

  • Bravo au Professeur Abiad et son équipe.

    Michael

    13 h 34, le 15 avril 2020

  • Oui, il y a de quoi être fier, très fier même! Bravo pour tout!

    NAUFAL SORAYA

    10 h 28, le 15 avril 2020