Libanais de l’étranger

Coup d’envoi du rapatriement sous haute surveillance

Cent cinquante-six passagers ont débarqué hier à Beyrouth à bord de vols de la MEA de Riyad et d’Abou Dhabi. Plus de 200 autres devaient arriver en soirée de Lagos et d’Abidjan.

Des Libanais en provenance de Riyad se dirigeant vers les bus. Photo João Sousa

Une première vague de 156 Libanais, parmi ceux bloqués dans divers pays du monde depuis plus de deux semaines en raison des mesures prises à l’échelle mondiale pour lutter contre la pandémie de Covid-19, sont rentrés hier à Beyrouth sous une stricte surveillance médicale et sécuritaire. Ils sont venus de Riyad (Arabie saoudite) et d’Abou Dhabi (Émirats arabes unis), à bord de vols assurés par la Middle East Airlines (MEA). Plus de 200 autres étaient attendus en fin de soirée, en provenance de Lagos (Nigeria) et d’Abidjan (Côte d’Ivoire).

Les mesures prises à cet effet étaient extraordinaires. À l’aéroport du pays de départ, en plus des formulaires exigés par les ambassades du Liban dans chacun de ces pays, les passagers ont signé un papier s’engageant à observer l’auto-isolement pour une période de deux semaines, même si leur PCR est négatif.

Sur l’avion, un siège était gardé vide entre les passagers qui étaient pour l’occasion armés de masques et de gants. Des règles qui ont été toutefois bravées, une fois que le premier appareil en provenance de Riyad a atterri, vers midi. Les passagers se sont en fait immédiatement levés, se serrant les uns contre les autres en attendant que les portes s’ouvrent. Les mêmes images se sont répétées à l’intérieur de l’aéroport, les Libanais à bord du premier vol en provenance de Riyad n’ayant pas respecté pendant quelque temps les mesures de distanciation.

Dans le cadre des mesures prises, les passagers étaient répartis en quatre groupes : ceux ayant effectué un test de PCR qui est sorti négatif ; ceux qui ne présentent aucun symptôme, mais qui n’ont pas effectué le test ; ceux qui ne présentent pas de symptômes, mais qui souffrent de maladies chroniques; et ceux suspectés d’avoir contracté le virus. Ils sont sortis tous par la porte 20, initialement destinée à l’embarquement, avant de se diriger, une fois les formalités et les tests accomplis, vers le hall d’arrivée pour récupérer leurs bagages qui ont été aseptisés. Ils sont ensuite sortis, non pas pour retrouver leurs familles qui en temps normal attendent impatiemment par centaines leurs proches, bouquets de fleurs à la main, mais pour se diriger vers les bus qui doivent les transporter vers l’un des cinq hôtels destinés à les accueillir en attendant les résultats des tests. Les véhicules sont escortés par des agents des Forces de sécurité intérieure, alors que la police touristique était déployée dans les hôtels. Seuls les passagers munis des résultats du test PCR effectué dans le pays de départ ont pu rejoindre leur domicile sous escorte des forces de sécurité, où ils doivent observer un auto-isolement pour une période de quatorze jours.

Devant le bâtiment de l’aéroport, les ambulances de la Croix-Rouge libanaise étaient également prêtes à transporter toute personne dont l’état de santé, indépendamment du Covid-19, nécessiterait une hospitalisation.



(Lire aussi : Un test réussi et des leçons à tirer, le décryptage de Scarlett HADDAD)



Tests négatifs
« Les résultats des tests auxquels ont été soumis les passagers de l’avion en provenance de Riyad sont tous négatifs », a annoncé en début de soirée le ministre de la Santé Hamad Hassan, qui avait supervisé l’arrivée des premiers arrivants ce matin. Les résultats des passagers de l’avion d’Abou Dhabi sont également revenus négatifs. « Chaque personne quittant l’hôtel où elle se trouve doit respecter la quarantaine à domicile durant quatorze jours », a encore insisté M. Hassan. Plus tôt en journée, le ministre avait déclaré que les mesures prises pour le rapatriement des Libanais sont « très sérieuses », assurant qu’il ne s’agit pas d’un « spectacle ». « Une équipe du ministère de la Santé se trouvera dans chacun des avions pour accompagner les passagers », a-t-il ajouté. Le ministre a également demandé aux proches des rapatriés de « respecter les consignes en évitant les rassemblements pour fêter leur retour ».

Avant l’arrivée du premier avion en provenance de Riyad, le chef du gouvernement, Hassane Diab, accompagné de plusieurs ministres, dont M. Hassan, s’était rendu à l’AIB pour superviser les opérations. « Le ministre des Affaires étrangères affirme qu’entre 20 000 et 21 000 Libanais souhaitant être rapatriés se sont inscrits », avait-il déclaré lors d’un point de presse à l’extérieur de l’aéroport, au cours duquel les règles de distanciation sociale n’ont pas non plus été respectées. « Nous devons œuvrer pour assurer leur retour tout en préservant leur santé et celle des Libanais résidents », avait-il poursuivi, précisant que « ces opérations pourraient durer plusieurs semaines ». « Nous nous occupons de tous les Libanais, qu’ils se trouvent au Liban ou à l’étranger », avait encore affirmé M. Diab, notant qu’il y aura peut-être « quelques petites erreurs, mais elles nous serviront pour la prochaine fois ».

Dans le cadre du processus de rapatriement, quatre vols doivent arriver demain mardi. Selon la ministre de l’Information et porte-parole du gouvernement, Manal Abdel Samad, quatre vols en provenance de l’étranger devraient arriver tous les deux ou trois jours. La MEA a annoncé qu’elle allait affréter demain mardi des vols de Paris, Madrid et Kinshasa (République démocratique du Congo). Les horaires de ces vols seront connus une fois que la compagnie aura obtenu les autorisations nécessaires de la part des pays concernés. La MEA a aussi annoncé que le prix des billets sera réduit de moitié « afin d’aider les étudiants libanais voulant rentrer au Liban et ne pouvant pas s’acquitter du tarif complet ».

Par ailleurs, et cette fois dans l’autre sens, des ressortissants américains et canadiens ont quitté le Liban à bord d’un appareil de la compagnie Qatar Airways.



Lire aussi

Au confinement s'ajoutent les difficultés financières pour les étudiants libanais à Paris

A l’aéroport de Beyrouth, dernier appel pour les passagers à destination de Paris Charles De Gaulle

Hitti : La priorité est donnée aux pays africains, car la situation s’y détériore rapidement

Coronavirus : près de dix pour cent des Libanais en Guinée veulent être rapatriés



Une première vague de 156 Libanais, parmi ceux bloqués dans divers pays du monde depuis plus de deux semaines en raison des mesures prises à l’échelle mondiale pour lutter contre la pandémie de Covid-19, sont rentrés hier à Beyrouth sous une stricte surveillance médicale et sécuritaire. Ils sont venus de Riyad (Arabie saoudite) et d’Abou Dhabi (Émirats arabes unis), à bord de...

commentaires (4)

Il n’y a rien à applaudir ni à féliciter qui que ce soit. Les technocrates indépendants font simplement le boulot pour lequel ils sont grassement payés. Si dans une entreprise un salarié fait correctement son travail, est ce qu’il est applaudi par ses pairs ou son patron. Allons un peu plus de sérieux

Liberté de Penser

10 h 42, le 06 avril 2020

Tous les commentaires

Commentaires (4)

  • Il n’y a rien à applaudir ni à féliciter qui que ce soit. Les technocrates indépendants font simplement le boulot pour lequel ils sont grassement payés. Si dans une entreprise un salarié fait correctement son travail, est ce qu’il est applaudi par ses pairs ou son patron. Allons un peu plus de sérieux

    Liberté de Penser

    10 h 42, le 06 avril 2020

  • Bravo pour ces mesures draconiennes du gouvernement en espérant que la distanciation sera plus respectée dans les prochains voyages .

    Antoine Sabbagha

    08 h 31, le 06 avril 2020

  • MEME DANS LES RAPATRIEMENTS IL Y A DES INTERVENTIONS ET DES SELECTIONS IMPOSEES PAR CERTAINS DE NOS ABRUTIS ALIBABIENS. LA PRIORITE AURAIT DU ETRE A CEUX QUI SONT COINCES EN ITALIE, EN ESPAGNE ET AU ROYAUME UNI.

    L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

    07 h 50, le 06 avril 2020

  • Même si nous n’aimons pas ce gouvernement de ministres dépendant des leaders politiques ( ce n’est plus un secret) cependant lorsqu’un boulot est BIEN fait... on approuve, on applaudit. On ne juge que sur les faits. Pour l’instant, d’après les informations du jour: c’est du bon boulot de contrôle medical. . Bravo. S’il y a des ratés ? On le saura plus tard. Comme quoi, on ne conteste pas par plaisir de contester. Mais par rapport aux actes de ces gens. Pourvu que ca dure .

    RadioSatellite.co

    03 h 52, le 06 avril 2020