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Société - histoires de vies fauchées par la guerre au liban

« J’ai compris que mes parents étaient morts en regardant la TV »

Khatoun et Mohammad Krisht sont morts dans une frappe israélienne le 8 avril alors qu’ils s’apprêtaient à dîner dans leur salon. Leur fille, Reem, l’apprend depuis Atlanta.

 « J’ai compris que mes parents étaient morts en regardant la TV »

Khatoun et Mohamed Krisht lors de leur mariage, en 1978. Photo : archives familiales et AFP. Montage Céline Bejjani/L'Orient-Le Jour

Au début, elle n’y croit pas. L’écran de la télévision montre un immeuble éventré, la façade arrachée. Reem fixe les images. Elle hésite, s’accroche à l’idée qu’elle se trompe. Refuser le cataclysme, quelques heures encore. À l’autre bout du téléphone, sa sœur court d’un hôpital à l’autre. Peut-être sont-ils simplement blessés ? En son fort intérieur pourtant, Reem a déjà compris. Les appels sans réponse, le silence. À des milliers de kilomètres de Beyrouth, seule dans sa maison d’Atlanta, elle saisit la gravité de la situation. « Ils sont partis », hurle-t-elle au téléphone à son mari, en déplacement dans une autre ville ce jour-là. Une certitude brutale, instinctive. Emportés par une frappe israélienne alors qu’ils s’apprêtaient à dîner dans leur salon, à Tallet el-Khayat, Khatoun et Mohammad Krisht sont morts.Nous sommes le mercredi 8...
Au début, elle n’y croit pas. L’écran de la télévision montre un immeuble éventré, la façade arrachée. Reem fixe les images. Elle hésite, s’accroche à l’idée qu’elle se trompe. Refuser le cataclysme, quelques heures encore. À l’autre bout du téléphone, sa sœur court d’un hôpital à l’autre. Peut-être sont-ils simplement blessés ? En son fort intérieur pourtant, Reem a déjà compris. Les appels sans réponse, le silence. À des milliers de kilomètres de Beyrouth, seule dans sa maison d’Atlanta, elle saisit la gravité de la situation. « Ils sont partis », hurle-t-elle au téléphone à son mari, en déplacement dans une autre ville ce jour-là. Une certitude brutale, instinctive. Emportés par une frappe israélienne alors qu’ils s’apprêtaient à dîner dans leur salon, à Tallet el-Khayat,...
commentaires (4)

Quel terrible témoignage, toute notre solidarité à Reem et sa famille, comme tant d’autres injustement touchés.

AntoineK

01 h 26, le 09 mai 2026

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Commentaires (4)

  • Quel terrible témoignage, toute notre solidarité à Reem et sa famille, comme tant d’autres injustement touchés.

    AntoineK

    01 h 26, le 09 mai 2026

  • Sans voix. Déchirant. Cela peut arriver à chacun d'entre nous, même au coeur d'Achraffieh. Le destin et les éruptions du monde nous écrasent. Cette nouvelle guerre sans troupes, mêlant drones, téléphonie, geolocalisation et IA est d'une cruauté inégalée et dénuée de toute conscience. Les dirigeants israéliens devront rendre des comptes devant la Justice internationale.

    Ca va mieux en le disant

    23 h 25, le 08 mai 2026

  • Ce récit est d'une cruauté absolue, car il transforme la "statistique" d'un bombardement en une tragédie intime et irréversible. On y voit l'ironie tragique du destin (éviter la corniche pour mourir chez soi) et ce "demain" qui ne vient jamais, laissant l'expatrié avec le poids éternel d'un dernier appel manqué. C'est le portrait déchirant d'un Liban qui finit par dévorer ses propres enfants, même à des milliers de kilomètres de distance.

    Geha bel Day3a

    21 h 15, le 08 mai 2026

  • Il faudra envoyer cet article poignant et douloureux et tant d’autres de la sorte, aux criminels de guerre…Gaza, le sud Liban, Beyrouth…malheur à vous!

    De Chadarévian Simone

    20 h 34, le 08 mai 2026

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