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Société - Communautés

La fête des Rameaux, victime des mesures de confinement

La pandémie, une épreuve et un défi pour les Églises au Liban, dont les fidèles devront suivre les cérémonies dans leurs foyers.


Les Rameaux, place de l’Étoile, une fête joyeuse dont les chrétiens du Liban devront se priver cette année. Photo d’archives Sami Ayad

« Qu’est-ce que Dieu est en train de nous dire à travers cette pandémie? » À cette question que beaucoup de personnes inquiètes se posent, il n’y a pas vraiment de réponse unique. La planète entière est prise de court par la soudaineté d’un événement qui la dépasse. Et le Liban ne fait certainement pas exception. L’évolution rapide de la pandémie de Covid-19 est une épreuve et un défi aussi bien pour le pays que pour ses Églises, en ce temps fort de l’année liturgique où la fréquentation des lieux de culte est la plus intense. Résultat, les rues et routes du Liban ne seront pas témoins, cette année, des processions pittoresques et colorées des Rameaux.

En effet, urgence oblige, après s’être consultées au niveau hiérarchique, les Églises au Liban ont décidé de se conformer pleinement aux instructions sanitaires officielles et de renoncer à tous leurs offices publics. Cela signifie que toutes les messes seront suspendues, y compris dans les Églises orthodoxes. Certes, les offices liturgiques continueront à y être célébrés, mais à portes fermées. Grâce aux télévisions et aux réseaux sociaux (principalement liens facebook et groupes « zoom » ), des prêtres de paroisses s’efforceront de combler ce vide et d’entretenir le sentiment d’appartenance. En tête de ces médias, Télé Lumière. La station retransmet en direct, depuis que la crise du coronavirus a éclaté, un chapelet quotidien conduit par le patriarche (17h30), ainsi que la messe matinale du pape François à partir de la chapelle Sainte-Marthe à Rome (8h). La station retransmettra ce dimanche, à 10h, à partir de l’archevêché grec-catholique de Beyrouth, l’office des Rameaux. Certains prêtres imaginatifs vont jusqu’à préenregistrer les offices, pour éviter les imprévus du direct. Dans l’Église grecque-orthodoxe, qui fête Pâques cette année avec un écart d’une semaine, les consignes de précaution semblent tout aussi sévères que partout ailleurs, assure le prêtre de la paroisse Saint-Élie, à Mtayleb.


(Lire aussi : Du petit-lait pour Greta, l'impression de Fifi ABOU DIB)


Recommandations générales

Comme directives générales, les Églises orientales ont partagé dernièrement les recommandations suivantes :

– Les festivités doivent être strictement maintenues le jour prévu dans le calendrier liturgique, avec les célébrations relatives qui peuvent être réalisées et diffusées afin qu’elles puissent être suivies par les fidèles dans leurs foyers.

– Les parties des célébrations liées à un rituel extérieur à l’église doivent être omises.

– Les fidèles doivent se rappeler la valeur de la prière personnelle et familiale, qui est une authentique prière ecclésiale.

– Le Jeudi saint, certaines Églises célèbrent la consécration de Saint-Maron. Cette célébration peut être déplacée à une autre date.

– Le Vendredi saint, les prières individuelles ou en famille autour de la Croix et sur la tombe du Christ doivent être valorisées, en utilisant les riches textes des traditions orientales propres à cette journée.

– La nuit de Pâques, les familles devraient être invitées, si possible au son festif des cloches, à se rassembler pour lire l’Évangile de la Résurrection, en allumant des bougies et en brûlant de l’encens.

– Tout baptême prévu pour Pâques devrait être reporté à une autre date.

– S’ils ne peuvent écouter des confessions, un devoir qui s’impose au moins une fois par an, à Pâques, les pasteurs doivent indiquer aux fidèles certaines des prières pénitentielles dont la tradition orientale est riche, à réciter dans un esprit de contrition.

– Tenue des funérailles exclusivement dans les églises du cimetière (le cas échéant) en présence du curé et de la famille du défunt, sans condoléances.

Précisions

Aux directives déjà signalées, l’Église latine a ajouté les précisions suivantes : le Jeudi saint, le lavage des pieds, déjà facultatif, est omis ; à la fin de la messe de la Cène, la procession doit également être omise et le Saint-Sacrement doit être conservé dans le tabernacle; Vendredi saint, l’acte d’adoration de la Croix par le baiser doit être limité au seul célébrant ; les expressions de piété populaire et les processions de la Semaine sainte peuvent, selon le jugement de l’évêque, être transférées à d’autres jours convenables, par exemple les 14 et 15 septembre.

« Le manque d’accès aux sacrements est-il un désert spirituel à vivre ou une purification de notre manière de croire? » s’interrogent beaucoup de fidèles. « La grâce de Dieu n’est pas limitée par les sacrements, répond l’archevêque de Paris, Michel Aupetit, dans un message qui circule sur les réseaux sociaux. Cette privation est peut-être l’occasion de reprendre conscience que les sacrements ne sont pas des rites sociaux que l’on fait par habitude, mais vraiment une rencontre avec Dieu. Si cette rencontre n’a plus le support visible des signes liturgiques, sa réalité demeure. »

(Lire aussi : Privés de classes, mais pas de l’école de la vie, l'expression libre de Anne-Marie El-HAGE) 


« Une nuit obscure »

Par ailleurs, beaucoup de congrégations religieuses vivent très intensément ce temps fort de l’Église et du monde, tout en s’inquiétant de la crise sociale qui commence à frapper durement certaines catégories plus vulnérables. Pour beaucoup, les relations sociales et internationales seront redéfinies par cette épreuve. « Aujourd’hui, notre monde, notre planète vit un moment d’obscurité, affirme la supérieure générale des sœurs du Bon Pasteur, sœur Ellen Kelly, dans un message qu’elle a adressé aux maisons de sa communauté actives partout au Liban. C’est pourquoi nous pouvons nous tourner vers Marie et vers ceux et celles qui nous ont précédés et qui ont vécu la nuit de l’âme. Cette pandémie est notre nuit obscure et des personnes comme Jean de la Croix peuvent nous conduire à une compréhension plus profonde de notre vie trinitaire, qui nous appelle à vivre la communion, l’interconnexion, la relation avec tous les peuples et l’unité avec toute la création. Plus de plans, et plus de “mon pays d’abord”, aux dépens des autres. La réalité est que nous sommes un. »


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commentaires (3)

Seul celui qui nous a fait ce coup sait où il veut en venir . Si c'est le clown qui l'a fait, personne d'autre que lui ne sait où il veut mener le monde , pareil pour si c'est Poutine ou Xi Ji Ping . Par contre si c'est Dieu , il doit avoir de bonnes raisons de le faire et Lui Seul saura où arrêter la punition et à quel prix Il le fera . Patience.

FRIK-A-FRAK

17 h 07, le 02 avril 2020

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Commentaires (3)

  • Seul celui qui nous a fait ce coup sait où il veut en venir . Si c'est le clown qui l'a fait, personne d'autre que lui ne sait où il veut mener le monde , pareil pour si c'est Poutine ou Xi Ji Ping . Par contre si c'est Dieu , il doit avoir de bonnes raisons de le faire et Lui Seul saura où arrêter la punition et à quel prix Il le fera . Patience.

    FRIK-A-FRAK

    17 h 07, le 02 avril 2020

  • Message dur du ciel de ne point pouvoir prier et vivre la fête des Rameaux chose qui ne s'est jamais passée même dans les nuits les plus sombres de la guerre civile .

    Antoine Sabbagha

    08 h 19, le 02 avril 2020

  • PAS DE FETES POUR UNE FOIS. PRIEZ DANS VOS MAISONS.

    L,EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

    07 h 52, le 02 avril 2020

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