Coronavirus au Liban

À Saïda, Tarek Bachachi dégaine sa clarinette pour « briser le silence et vaincre la peur »

« Je veux transformer le silence des ruelles et répandre un peu de joie, malgré les mesures de confinement », dit le musicien à L'OLJ.


Tarek Bachachi tente chaque jour d'égayer un peu la vie des habitants confinés de Saïda, avec sa clarinette. Ali Hashisho/Reuters

Une à deux fois par semaine, Tarek Bachachi, musicien et acteur professionnel, joue de la clarinette dans les ruelles étroites du vieux Saïda, pour « briser le silence et vaincre la peur » en ces temps de coronavirus et de confinement. « Les habitants du quartier se sont habitués à moi. Maintenant, ils attendent mon passage et se postent à leurs fenêtres pour m’écouter, raconte M. Bachachi, 49 ans, à L’Orient-Le Jour. Je veux briser le silence et la peur dans ces conditions difficiles. Je suis heureux quand je vois la vie revenir dans le vieux Saïda. »

Depuis le début du confinement dans le pays, il y a plus de deux semaines maintenant, Tarek Bachachi, qui habite lui-même à Saïda, a décidé de résister à la morosité ambiante par la musique, après avoir vu des musiciens italiens faire de même. Depuis, il sillonne les quartiers populaires de la ville pour offrir un moment de bonheur aux habitants confinés. Initialement décrété jusqu’à fin mars, le confinement obligatoire a été prolongé par les autorités jusqu’à la mi-avril, dans une tentative de contrer la propagation du coronavirus dans le pays.

« Je veux transformer le silence des ruelles du vieux Saïda et répandre un peu de joie, malgré les mesures de confinement. Les gens sont assez réceptifs, ils me regardent et m'écoutent, à leurs fenêtres. Parfois, ils me sourient ou m’applaudissent », raconte Tarek Bachachi. « Je fais à chaque fois une tournée d’une heure au moins, explique le musicien qui insiste sur le fait qu'il ne sort de chez lui que pour jouer. Je ne sors que pour jouer », insiste le musicien.

Engagé dans la révolte populaire contre la classe politique libanaise dès octobre dernier, M. Bachachi a souvent mis ses talents de musicien au service des manifestants, lorsque ces derniers se rassemblaient au début du soulèvement populaire, place Élia, pour dénoncer la corruption.

Si Tarek Bachachi a choisi de jouer aujourd’hui dans le vieux Saïda, c’est parce qu’il est persuadé que les habitants de ce quartier populaire ont plus que jamais besoin d’une distraction qui rende leur confinement moins lourd. Hier soir, le clarinettiste, qui respecte également le couvre-feu, a joué sur son balcon à Saïda, en hommage au corps médical libanais. Le pays entier s’était donné rendez-vous à 20h, pour applaudir les médecins et infirmiers qui se battent contre le coronavirus.


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commentaires (4)

Du même coup, merci à l'équipe de l'OLJ et tout les médias qui couvrent inlassablement la situation au Liban et, qui de plus, ont parfois à faire avec nos commentaires saugrenus... Merci sincèrement...

Wlek Sanferlou

16 h 25, le 01 avril 2020

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Commentaires (4)

  • Du même coup, merci à l'équipe de l'OLJ et tout les médias qui couvrent inlassablement la situation au Liban et, qui de plus, ont parfois à faire avec nos commentaires saugrenus... Merci sincèrement...

    Wlek Sanferlou

    16 h 25, le 01 avril 2020

  • Merci infiniment à Tarek pour amener la musique dans nos vies et briser le stress! Dommage que je ne suis pas à Saïda! On vous doit tout support possible!!

    Wlek Sanferlou

    16 h 19, le 01 avril 2020

  • Il ne fait rien de mal, au contraire d'autres...et il en faudrait plusieurs comme lui. MERCI Tarek Bachachi, et que DIEU vous protège ! Irène Saïd

    Irene Said

    09 h 33, le 31 mars 2020

  • Et il lui est permis de circuler ?

    Chucri Abboud

    16 h 17, le 30 mars 2020