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À La Une - Liban

Les Libanais bloqués à l'étranger ne pourront pas rentrer avant le 12 avril, tranche Diab

Berry appelle le gouvernement à se réunir "le plus rapidement possible" afin de réétudier cette question.

Le Premier ministre libanais, Hassane Diab (c), et le ministre de la Santé, Hamad Hassan (d), effectuant une tournée, le 27 mars 2020 à l'hôpital gouvernemental Rafic Hariri. Photo envoyée par le bureau de presse du Premier ministre

Malgré la multiplication des appels au rapatriement ces derniers jours, le Premier ministre libanais, Hassane Diab, a affirmé vendredi que les Libanais se trouvant actuellement coincés à l'étranger ne pourront pas revenir au Liban avant le 12 avril prochain. Cette date est celle de la fin de la mobilisation générale, prolongée de deux semaines jeudi lors du Conseil des ministres, dans le cadre de la lutte contre la propagation du coronavirus au Liban. Dans ce contexte, l'aéroport de Beyrouth est également fermé jusqu'au 12 avril.

"Je sais qu'il y a des Libanais expatriés qui veulent rentrer dans leur pays parce qu'ils ont découvert que les mesures que le gouvernement a prises sont meilleures que celles adoptées par de nombreux pays où ils se trouvent. Nous nous réjouissons que les Libanais aient plus de confiance en leur pays. Je sais que les familles des expatriés sont préoccupées. Mais vous savez bien que nous avions accordé une période de quatre jours aux Libanais qui désiraient rentrer au Liban avant de fermer l'aéroport" dans la nuit du 19 au 20 mars, a déclaré le chef du gouvernement dans le cadre d'une tournée d'inspection à l'hôpital gouvernemental Rafic Hariri à Beyrouth.


(Lire aussi : Derrière le gouvernement, l’ombre de Berry..., le décryptage de Scarlett Haddad)


"Aucune exception"

"Nous ne pouvons accorder aucune exception avant que le délai de la mobilisation générale ne prenne fin pour deux raisons : protéger les gens qui veulent rentrer, parce qu’une seule personne atteinte du coronavirus à bord de l'avion pourrait infecter un grand nombre de passagers, sinon tous ; et contrer la propagation de l’épidémie dans le pays, parce qu'une grande partie des infections est causée par des voyageurs contaminés qui sont rentrés au Liban", a-t-il ajouté. "La meilleure chose que ces expatriés puissent faire c’est de rester sur place, se confiner et se protéger. Ceci pour leur propre bien. Quoi qu'il en soit, nous examinons les possibilités de rapatriement à terme, et nous aurons une idée claire avant le 12 avril", a-t-il conclu.

Jeudi pourtant, le chef de la diplomatie libanaise, Nassif Hitti, avait indiqué que les Libanais se trouvant à l'étranger pourraient rentrer au Liban, à condition de subir au préalable des tests de dépistage pour éviter tout risque de propagation du nouveau coronavirus dans le pays qui a enregistré jusqu'à ce jour plus de 390 cas, dont sept décès. M. Hitti n'avait toutefois donné aucune date pour le retour des Libanais qui auraient été dépistés.

Vendredi, le directeur général de l'Aviation civile, Fadi el-Hassan, a publié une circulaire à l'attention de toutes les compagnies aériennes opérant à l'Aéroport international de Beyrouth, prorogeant la suspension de tous les vols commerciaux et privés jusqu'au 12 avril (compris), conformément à la décision prise par le Conseil des ministres dans le cadre de la mobilisation générale.


(Lire aussi : Au Liban, deux prototypes de respirateurs artificiels fin prêts pour les premiers essais)



Berry appelle le cabinet à "réétudier" la question
La gestion par le gouvernement de ce dossier a été critiquée par plusieurs responsables de l'opposition, mais également par le président du Parlement, Nabih Berry, qui a appelé vendredi le cabinet Diab à se réunir "le plus rapidement possible" afin de réétudier cette question, mettant en avant le fait que des Libanais se trouvent dans des régions "ne disposant pas d'hôpitaux et ne suivant pas les règles les plus élémentaires en matière de soins de santé". Critiquant la décision prise hier par le gouvernement de ne permettre le retour que des Libanais ayant effectué un test de dépistage, il a déclaré à ce sujet : "Les tentatives de dilapider les dépôts de ces expatriés via l'adoption d'une loi régulant les contrôles des capitaux ne suffisent-elles pas ?" Il a encore reproché au gouvernement de vouloir "faire porter" aux expatriés souhaitant rentrer au Liban "le coût de leur retour, qu'il soit financier ou médical".

De son côté, le député (Kataëb) Samy Gemayel a également critiqué la décision de la diplomatie libanaise. "La différence est grande entre le fait de continuer à autoriser l'arrivée d'avions transportant des Libanais et des étrangers, sans surveillance, et entre la décision de l'Etat de conditionner le retour des Libanais à leur situation médicale et en faisant la distinction entre les personnes contaminées ou pas", a écrit M. Gemayel sur son compte Twitter. Le député fait référence notamment au fait que de nombreux avions ont continué à arriver à Beyrouth en provenance de régions endémiques, plusieurs jours après la détection du premier cas de nouveau coronavirus au Liban, une femme rentrant d'Iran.

"Il est du devoir de l'Etat d'assurer le retour de ses ressortissants retenus contre leur gré à l'étranger", a écrit pour sa part le député de Tripoli et ancien Premier ministre Najib Mikati sur son compte Twitter.

Dans ce contexte, l'ambassade du Liban au Sénégal a annoncé que six Libanais installés dans ce pays d'Afrique de l'Ouest sont porteurs du coronavirus.



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Malgré la multiplication des appels au rapatriement ces derniers jours, le Premier ministre libanais, Hassane Diab, a affirmé vendredi que les Libanais se trouvant actuellement coincés à l'étranger ne pourront pas revenir au Liban avant le 12 avril prochain. Cette date est celle de la fin de la mobilisation générale, prolongée de deux semaines jeudi lors du Conseil des ministres, dans...

commentaires (3)

La décision n'a pas dû être facile à prendre, mais il a raison...

NAUFAL SORAYA

19 h 17, le 27 mars 2020

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Commentaires (3)

  • La décision n'a pas dû être facile à prendre, mais il a raison...

    NAUFAL SORAYA

    19 h 17, le 27 mars 2020

  • IL FAUT LES RAPATRIER ET LES METTRE EN QUARANTAINE DANS UN HOTEL LOUE A CET EFFET. S,IL Y A DES CAS POSITIFS IL FAUT S,EN OCCUPER. LA PLUPART SONT DES ETUDIANTS A COURT D,ARGENT.

    L,EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

    18 h 22, le 27 mars 2020

  • IL faudra vite aider les Libanais expatriés et qui veulent rentrer dans leur pays car c 'est eux qui aident le Liban à survivre normalement .

    Antoine Sabbagha

    18 h 02, le 27 mars 2020

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