Épidémie

Petit tour du monde des nouveaux us et coutumes en temps de coronavirus

Eviter la bise ou le hug, pratiquer le "footshake"..., le virus induit de nouveaux comportements en société.

Des personnes portant un masque de protection pour se prémunir contre le coronavirus, à la gare de Shinjuku, à Tokyo, au Japon, le 3 mars 2020. REUTERS/Athit Perawongmetha

Refuser une main tendue - sans passer pour un goujat -, éviter la bise ou le hug, pratiquer le "footshake"... mais aussi vider les bénitiers des églises ou ne pas se rendre à la grande prière dans les mosquées. Partout dans le monde, le coronavirus induit de nouveaux comportements en société.

Chine

Dans la capitale du pays où a commencé la crise du coronavirus, des panneaux rouges incitent les gens à ne pas échanger de poignées de main mais à joindre leurs propres mains en signe de salutation. Des haut-parleurs recommandent de faire le geste traditionnel gong shou, paume sur le poing, pour dire bonjour. A Wenzhou, l'une des villes les plus touchées, deux officiels ont décliné en riant la main que leur tendait un reporter de l'AFP, préférant un "échange de toucher du coude".


(Lire aussi : Comment la propagation du virus bouscule les habitudes au Liban)



Iran

En Iran, où le slogan "Je ne vous serre pas la main car je vous aime bien" fleurit un peu partout, on voit se développer une façon de se saluer (entre hommes, puisqu'en République islamique il n'est pas convenable de se serrer la main entre personnes de sexes opposés) qui consiste à avancer le poing fermé vers son interlocuteur qui fait de même sans que les deux poings n'entrent en contact. Par ailleurs, une vidéo tourne en boucle sur les réseaux sociaux: elle montre trois hommes, dont deux portant un masque, mains dans les poches, se saluant gaiement en se tapant les pieds les uns contre les autres. Le "footshake", nouvelle façon de se dire bonjour à l'époque du coronavirus ? Une responsable de l'OMS, Sylvie Briand, a retweeté un dessin montrant les façons alternatives de se saluer, dont le "footshake ou le coude contre coude.


Liban

"Footshake" aussi au Liban, où une vidéo devenue virale montre le chanteur Ragheb Alama et le comédien Michel Abou Sleiman, hilares, se taper des pieds quatre fois en faisant à chaque fois le bruit d'un baiser avec leur bouche.




(Lire aussi : Le nouveau coronavirus rouvre le débat entre science et religion en Iran)



France

Depuis quelques jours, les journaux regorgent de conseils sur les nouveaux comportements à adopter pour remplacer les poignées de main et les bisous. Rappelant que le fait de se serrer la main est relativement récent, datant du Moyen-Age, et très occidental, un expert en savoir-vivre interrogé dans plusieurs médias, Philippe Lichtfus, insiste par exemple sur l'importance de surtout "regarder" la personne que l'on salue. Dans le monde du foot, le protocole d'avant-match a été suspendu: plus de poignée de main entre les joueurs et avec les arbitres avant le coup d'envoi.



Allemagne

Illustration de ces nouveaux comportements sanitaires et sociaux, le ministre de l'Intérieur allemand Horst Seehofer a refusé lundi de serrer la main tendue de la chancelière Angela Merkel. Les deux responsables en ont ri ensemble.

Espagne

A un peu plus d'un mois de la semaine sainte début avril, les baisers à la Vierge pourraient être interdits. "C'est l'une des mesures qui est sur la table", selon un responsable sanitaire national, Fernando Simon. Durant la semaine sainte, fondamentale dans la catholique Espagne, des processions ont lieu dans l'ensemble du pays où d'innombrables fidèles se succèdent pour embrasser notamment les mains ou les pieds de la Vierge ou de saints et leur demander protection.




Roumanie

"Donnez des fleurs, pas de bise": en Roumanie, la crainte du nouveau coronavirus risque de gâcher la semaine du "martisor" qui précède la Journée internationale des femmes célébrée le 8 mars. Un secrétaire d'Etat à la Santé a conseillé aux hommes de ne plus embrasser les femmes auxquelles ils offrent un bouquet de fleurs et une amulette porte-bonheur (le "martisor"), comme l'exige la tradition au début du printemps. "On offre des fleurs mais pas de bise", a tranché Nelu Tataru, interrogé par les journalistes. La puissante Eglise orthodoxe, majoritaire dans ce pays, a pour sa part autorisé les fidèles à ne plus embrasser les icônes dans les églises, et à utiliser une cuillère jetable pour la communion.



(Lire aussi : Coronavirus : les orthodoxes roumains autorisés à ne plus embrasser les icônes)


Pays-Bas

Aux Pays-Bas, où il est désormais proscrit de donner l'hostie dans la bouche et où les bénitiers sont également déconseillés, les diocèses n'ont pas pensé à tout: selon le quotidien de référence De Volkskrant, lors de la messe dimanche dans une église à Amsterdam, la corbeille de la quête s'est transmise de main en main, comme d'habitude.


Brésil

Le ministère de la Santé a recommandé aux Brésiliens de ne pas partager les pailles en métal utilisées pour boire le traditionnel maté, ou chimarrao, une boisson très prisée en Amérique du Sud. Le baiser, "même si ce n'est pas sur la bouche", est également totalement déconseillé.


Kirghizstan

Le ministère de la Santé de cette ex-République soviétique d'Asie centrale à majorité musulmane a appelé les Kirghizes la semaine dernière à ne pas se rendre dans les mosquées pour les prières de vendredi afin d'éviter "des rassemblements en masse". "Personne ne va interdire la prière de vendredi, mais je pense qu'on peut la faire à la maison aussi", a déclaré le ministre de la Santé, Kosmosbek Tcholponbaïev.


Émirats, Qatar

Les autorités de ces deux pays ont conseillé à leurs ressortissants de cesser le traditionnel salut "nez à nez", et leur ont conseillé de juste agiter la main.



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