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Aoun refuse de signer le budget 2020 sans loi de clôture des comptes

Liban

Lors du Conseil des ministres, Hassane Diab insiste sur la nécessité d'impliquer des représentants du mouvement de contestation aux commissions chargées de trouver des solutions à la crise. 

OLJ
20/02/2020

Le président libanais, Michel Aoun, a annoncé jeudi qu'il n'avait pas encore signé le budget de 2020 approuvé par le Parlement, justifiant cette décision par l'absence de la loi de clôture des comptes ou d'une loi autorisant la publication du budget sans clôture des comptes.

M. Aoun a fait cette déclaration au début d'un Conseil des ministres principalement consacré à la crise économique et financière que traverse le Liban et alors que le gouvernement est appelé à prendre dans les jours qui viennent une décision concernant le remboursement de 1,2 milliard de dollars d'eurobonds - des obligations émises en dollars - arrivant à échéance. Peu avant la réunion gouvernementale, le Premier ministre, Hassane Diab, s'est entretenu au Grand Sérail avec une délégation du Fonds monétaire internationale (FMI).

"Je n'ai pas signé la loi sur le budget de 2020, car la loi sur la clôture des comptes n'a pas été approuvée. Le budget ne peut pas être adopté sans une telle loi, sauf si une autre loi autorise cela, comme cela a été le cas l'année dernière avec la loi 143/2019", a expliqué le président. Il a ensuite rappelé que "le budget sera malgré tout exécutoire et publié, après la fin des délais constitutionnels, en vertu de l'article 57 de la Constitution". Selon cet article, " (...) au cas où le délai est expiré sans que la loi ne soit promulguée ou renvoyée, elle est considérée exécutoire de plein droit et doit être publiée".

Le Parlement avait adopté le 27 janvier un budget pour l'année 2020 prévoyant un déficit d'environ 7% du PIB, dans un pays secoué par un mouvement de contestation visant l'intégralité de la classe politique et dénonçant l'effondrement économique actuel. 

Concernant la crise financière, le président Aoun a affirmé "avoir encore besoin  davantage d'informations au sujet de la situation du secteur bancaire", précisant que des mesures devraient être adoptées afin que tous ceux qui sont responsables de la situation actuelle, à travers des opérations illégales, notamment des transferts de fonds à l'étranger ou des manipulations des eurobonds, assument leurs responsabilités. Et les responsabilités seront lourdes", a ajouté Michel Aoun.

"Le travail des commissions spécialisées se poursuit afin d'aboutir à des propositions concrètes qui seront présentées en Conseil des ministres après étude, afin de prendre les décisions adéquates sur le plan financier", a encore affirmé le chef de l’État, en début de séance.



(Lire aussi : Fonds transférés à l’étranger : vers un élargissement de l’enquête ?)



Implication de la contestation

De son côté, le Premier ministre Hassane Diab a affirmé que le pays était en "état d'urgence économique et financière", selon des propos rapportés à l'issue du Conseil par la ministre de l'Information, Manal Abdel Samad. "Le président du Conseil a souligné que la journée d'aujourd'hui constitue une première étape visant à trouver une solution à l'accumulation de 30 ans de politiques défaillantes", a-t-elle ajouté.

Le chef de l'exécutif a par ailleurs insisté sur la nécessité d'intégrer des représentants du mouvement de contestation aux différentes commissions mises en place pour faire face à la crise.

La veille, M. Diab avait formé une commission ministérielle chargée de préparer un plan de relance économique du pays et une série de sous-commissions, composées de représentants de différentes administrations publiques, afin de trouver des solutions à la crise. 

Concernant par ailleurs la crise du secteur bancaire, qui a imposé de sévères mesures de contrôle des capitaux ces derniers mois, Hassane Diab a indiqué qu'il "effectue un suivi continu" de la situation et annoncé que le ministère des Finances avait été chargé de préparer un projet de loi revêtu du caractère de double urgence concernant les banques.

Le gouvernement a en outre approuvé au cours de la séance un projet de loi portant sur une aide financière de 165 millions de dollars accordée au Liban par le Fonds koweïtien pour des projets de logement. Les ministres ont encore discuté de la mise en place d'un mécanisme de nomination des fonctionnaires de première catégorie, sans toutefois prendre de décision à ce sujet. 

Le cabinet a enfin décidé de "mettre en place un mécanisme pour l'application du contenu de la déclaration ministérielle en vertu d'une feuille de route déjà élaborée et de réexaminer les commissions ministérielles en cas de besoin".


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L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

ET LA MASCARADE CONTINUE. ON VIOLE LA CONSTITUTION POUR APPROUVER LE BUDGET ET ON VEUT LA RESPECTER POUR SA SIGNATURE. L,ABERRATION AU COMBLE !

Citoyen

" Le gouvernement a en outre approuvé au cours de la séance un projet de loi portant sur une aide financière de 165 millions de dollars accordée au Liban par le Fonds koweïtien pour des projets de logement"
Nos nouveaux élus vont se contenter de cette modique somme à se mettre sous la dent en attendant plus gros. Malheureusement, dans ce pays, dès qu'il y a une aide allouée à nos pauvres citoyens, on ne peut pas s'empêcher de penser à la somme qui va aller dans les poches de nos goulus et cupides politiciens.

Eleni Caridopoulou

Je ne comprends pas beaucoup mais pourquoi ces Ali Baba , Berry , Bassil et compagnie ne donnent pas quelques milliards?

Jean Michael

Un president faux-jeton plus que ca, tu meurs!
Qu'il n'aille pas chercher loin "les responsables de la situation actuelle." Ils sont sur le pas de sa porte. Il les connait intimement, un par un.

Antoine Sabbagha

Entre l'enclume et le marteau voyons ce que ce gouvernement pourra faire .

Chucri Abboud

Excellente initiqtive !
Halte au désordre

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