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Une biographie non autorisée « libère » Melania

This is America

L’encre n’en finit pas de couler sur les faits et gestes de l’épouse du 45e président des USA. Cette fois-ci, il a permis de dévoiler la face cachée de son image énigmatique.

06/12/2019

En librairie depuis mardi dernier, un ouvrage intitulé Free, Melania portant la signature de Kate Bennett et libellé biographie non autorisée fait la une de la presse américaine et des réseaux sociaux. Un genre qui peut porter préjudice à son auteur si ce dernier est mal intentionné, mais qui peut également être apprécié par les lecteurs potentiels car considéré comme objectif. C’est dans cette niche que semble avoir œuvré Kate Bennett, correspondante de la chaîne de télévision CNN auprès de la Maison-Blanche et dont la tâche est de suivre pas à pas les activités officielles de la First Lady et de la famille Trump. Bien sûr, son ouvrage fait un tabac et un bon nombre d’extraits naviguent sur la Toile. Six faits frappants ne pouvaient que retenir l’attention : le couple présidentiel fait chambre à part (lui au deuxième étage dans la master bedroom, elle au troisième où lui sont réservées deux chambres) ; sa relation avec Ivanka, la fille préférée de Trump, « cordiale, mais pas proche » (Melania a notamment vu ses plates-bandes piétinées par les voyages internationaux entrepris par sa belle-fille) ; le choix de ses vêtements qui portent souvent un message (de sa blouse fuchsia, couleur colère après la révélation des frasques sexuelles de son mari, à la veste Zara portant l’inscription « I Really Don’t Care. Do U ? », arborée durant une visite amicale à des émigrés peu appréciés par son époux) ; le peu d’impact de la cause pour enfants, « Be Best », qu’elle a embrassée (comparé à la réussite de Michelle Obama pour sa campagne « Let’s Move » et par Nancy Reagan pour « Just Say No ») ; son ignorance presque absolue de Karen, épouse du vice-président américain, Mike Pence, et, néanmoins, portant le titre de Second Lady.

La face cachée de Melania

Par ailleurs, dans une interview à la radio publique NPR, Kate Bennett décrit en particulier la relation maritale, datant de 2005, de Melania, considérée de prime abord comme « une épouse trophée » du président. Elle précise : « Derrière ses lunettes et sa voix basse, Melania Trump peut tromper car, en fait, dans les coulisses, elle est la plus présente des conseillères du président. Tous deux se parlent plusieurs fois par jour au téléphone. Je pense qu’à part Fox News (l’inconditionnelle chaîne télévisée du président), elle est ses yeux et ses oreilles. Particulièrement engagée dans les discussions sur l’immigration, je pense qu’elle est plus franche et plus directe avec lui que n’importe qui. » Pour savoir comment cette auteure de la biographie non autorisée d’une personne continuellement sous les feux des projecteurs a agi sans tomber dans le sensationnalisme, elle répond : « Ma tâche a été de saisir ses non-dits et de comprendre, à travers quelques phrases, leur sens profond. Il a fallu, en quelque sorte, revenir sur son passé pour comprendre son présent. »

De la difficulté de revêtir l’habit d’une First Lady

Ce passé riche a fait d’un mannequin élevé dans un pays communiste une personnalité historique, en l’occurrence une First Lady des USA, fascinante d’autant qu’elle paraît énigmatique. Kate Bennett donne un aperçu de Melania depuis son enfance en Slovénie jusqu’à son entrée à la Maison-Blanche. Avec, en priorité, la dynamique de la famille Trump, à travers laquelle la troisième épouse qu’elle est de Donald a dû naviguer en passant surtout par l’écueil Ivanka. Elle n’a jamais cessé d’être à la recherche d’une stabilité pour elle-même et sa petite famille, constituée par son mari et leur fils Barron (13 ans), en ayant réussi à protéger ce dernier des médias. Jusqu’à mercredi dernier, lorsque cette mère protectrice est sortie de sa réserve habituelle et s’en est pris à une universitaire qui venait de mentionner son fils Barron lors d’une audition au Congrès.

Interrogée dans le cadre de la procédure en destitution ouverte contre Donald Trump, Pamela Karlan, professeure de droit à l’Université de Stanford, a souligné que la Constitution américaine ne donnait pas au président le pouvoir absolu d’un roi. « Donald Trump peut appeler son fils Barron, mais ne peut pas en faire un baron », a-t-elle plaisanté pour illustrer son propos repris par l’AFP. « Vous devriez avoir honte ! » lui a-t-elle répondu.

Bennett dévoile également que cette First Lady, qui maîtrise parfaitement cinq langues, dirige le East Wing (quartier privé de la Maison-Blanche, par opposition au West Wing où se joue la politique) avec fermeté. Pour avoir essayé de déroger à ses règles, un haut fonctionnaire de l’État a été démis de ses fonctions.

Cet ouvrage a voulu également mettre en relief, avec l’objectivité nécessaire, l’image de Melania First Lady, femme de sentiments et de famille, inconnue comme telle du grand public, car sciemment intériorisée. Cette retenue, devenue synonyme de froideur, continue souvent à jouer en sa défaveur. Ainsi, la semaine dernière, en présentant à la presse, comme le veut la tradition, l’édition 2019 de la décoration de Noël de la Maison-Blanche, elle est apparue vêtue d’une robe blanche et d’un manteau également blanc, jeté comme avec désinvolture par-dessus ses épaules. Une attitude perçue par le quotidien Washington Post comme distante et réservée, nullement en accord avec la chaleur de la fête et le thème ornemental baptisé « The Spirit of America ».

Il en est ainsi de la difficulté de revêtir le véritable habit d’une First Lady des USA, même en faisant appel aux griffes les plus prestigieuses du monde.


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