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Le temps des citrouilles à table et sur les cimaises

Il y a un temps pour tout... Le temps des cerises, chanson d’amour et de révolution, et aux États-Unis, le temps des citrouilles, un hymne à la fête de l’action de grâces.

Une délicieuse « Pumpkin Pie » à base de citrouille. Photo bigstock

Le Français Charles Perrault a emmené Cendrillon au bal dans une citrouille-calèche, les premiers émigrés irlandais au pays de l’Oncle Sam ont modelé ce fruit en lanterne à l’image du personnage de leur légende Jack O’ Lantern (Jacques l’avare errant). Leur pays d’accueil en a fait le symbole de Halloween, qui a lieu le 31 octobre. Ce soir-là, toutes les maisons l’accrochent à leurs fenêtres. Quelques semaines plus tard (le dernier jeudi de novembre), la citrouille passe à table, car comment concevoir d’achever un repas de Thanksgiving sans Pumpkin Tart (tarte à la citrouille). L’origine de cette coutume a donné lieu à plusieurs interprétations. La plus répandue l’associe à la première célébration de Thanksgiving en 1621. À cette époque, précise le site history.com, les nouveaux arrivants européens ne disposaient encore ni de beurre, ni de farine, ni de four. Selon certaines spéculations, ils auraient alors décidé de vider les citrouilles, avant de les remplir de lait, de miel et d’épices, réalisant ainsi une crème épaisse. Une autre version présente ce fruit en tranches grillées sur du charbon.

Ce dont on est sûr, c’est que l’écrivaine américaine Sarah Josepha Hale (1788-1879), décrite comme un mélange avant l’heure d’Oprah Winfrey et de Martha Stewart, a été la première à publier une recette de Pumpkin Pie dans une revue qu’elle dirigeait, le Godey’s Lady’s Book, de même qu’une recette de dinde farcie dans l’intention d’en faire les principales composantes d’un menu de Thanksgiving qu’elle promouvait.


La « Pecan Pie » de Thanksgiving, un must

Selon l’historienne Melanie Kirkpatrick, elle désirait « que ce dîner soit une heureuse rencontre familiale autour d’un repas fait de spécialités automnales : dinde rôtie, pommes de terre douces et tarte à la citrouille ». Le tout est devenu un must. Puis, de la table coutumière de Thanksgiving, l’énorme fruit orange est passé en nouvelle cuisine (raviole, gnocchi, purée et même hommos), en boisson new look (Pumpkin Spice Latte) et en parfum d’environnement (Pumpkin Spray).

La citrouille, originaire du Mexique, a été inspirante bien au-delà de l’Atlantique, et plus précisément au Japon, pays de l’un des plus grands noms de l’avant-garde mondiale, celui de Yayoi Kusama. Cette célèbre peintre, sculptrice et écrivaine (aujourd’hui 90 ans), dont les œuvres se sont imposées aux quatre coins du monde, avec une obsession pour les points, sa marque de fabrique, s’est également illustrée par son « art de la citrouille ». Elle a dédié à ce fruit une imposante collection dépeignant à ses dires « sa généreuse modestie ». Et son interprétation l’a transformée en une ode aux temps modernes. Elle raconte dans sa biographie que la première fois qu’elle en avais vu, c’était lorsque à l’école primaire, elle visitait avec son grand-père un terrain de récolte. « Et là, écrit-elle, se trouvait une citrouille de la taille d’une tête d’homme... Elle a immédiatement commencé à me parler d’une manière très animée. »


Les citrouilles de Kusama, icônes de l’art contemporain

L’artiste japonaise a continué à nouer avec les citrouilles des conversations allant de peintures et sculptures à de très grandes installations. Une sélection de ses œuvres se trouve actuellement à la galerie David Zwirner à New York jusqu’au 14 décembre. Son point d’orgue est l’Infinity Mirrored Room, une pièce comportant une multitude de lumières virant du blanc au rouge et produisant une infinie réflexion de couleurs qui clignotent. Ses expositions ont toujours battu des records d’audience dans le monde.

D’autre part, cette artiste nonagénaire au talent toujours d’une grande vigueur sera présente à Big Apple par un ballon géant qu’elle a conçu pour l’incontournable Macy’s Parade de Thanksgiving, qui aura lieu jeudi prochain. Ce ballon nommé « Love Flies up to the Sky » (L’amour s’envole au ciel), en forme d’un soleil orange et bleu, est orné de pois noirs, griffe de Kusama. De plus, elle lui a donné cette « expression charmante et séduisante » qu’elle a perçue dans les citrouilles. Et elle les « adore en raison de leur forme humoristique, de leur sentiment chaleureux et de leur qualité humaine ». Une passion qui en a fait des chefs-d’œuvre iconiques de l’art contemporain.


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