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Les droits civils honorés dans les musées

This is America

Alors qu’aujourd’hui du Liban au Chili, en passant par l’Irak, Hong Kong et l’Espagne, les rues sont animées par des luttes sociales et politiques au nom des droits de chacun, les musées nord-américains célèbrent ces droits de l’homme à leur manière.


08/11/2019

En sillonnant le sud des USA, on est sûr de tomber sur un musée ou un monument dédié aux droits civils, ce qui n’est pas étonnant, sachant que c’est dans cette région d’anciennes plantations que l’on a âprement lutté contre l’esclavage des Noirs. Mais, à présent, on assiste à l’émergence d’une nouvelle génération de bâtiments plus imposants honorant des causes humaines pour lesquelles il a fallu se battre. Tant du point de vue architectural que substantiel, ces musées proposent de fascinants arrêts sur une grande variété d’histoires de violation des droits de la personne, de témoignage, de survie et de résistance, pour aspirer au changement, ôter toute crainte et briser le silence.

The Civil Rights Museum à Memphis

Ce musée, érigé non loin d’un motel nommé Loraine où avait été assassiné Martin Luther King en 1968, a voulu, au-delà de l’évocation de ce champion de la liberté, conter une histoire que l’Amérique est toujours en train d’écrire. Le célèbre appel de King, I Have à Dream, lancé durant la marche pour l’emploi menée à Washington en 1963 et ayant mobilisé plus de 250 000 manifestants, reste des plus vivants. L’exemple le plus impressionnant est celui de Jacqueline Smith, ancienne employée du motel qui s’était élevée contre ce projet en raison de son coût excessif, quelque 27 millions de dollars, s’écriant que le Dr King aurait préféré que cette somme serve à venir en aide aux communautés de Memphis ayant de la peine à joindre les deux bouts. Joignant l’action à la parole, Jacqueline Smith a effectué quotidiennement une action de protestation face au musée durant 30 ans, de 1988 à 2018.

Entre-temps, selon les officiels du musée, c’est là un espace centré sur des histoires ayant trait aux changements culturels et sur l’éveil des nouvelles générations pour la lutte égalitaire, toujours défaillante. C’est pour cela qu’il attire un grand nombre de visiteurs, notamment ceux faisant partie de communautés marginalisées : des avocats de la LGBT et des syndicats de la classe laborieuse. Le musée avait ouvert ses portes en 1991 puis s’est agrandi et a été rénové en 2014. Étalé sur 17 000 mètres carrés, il comporte une importante documentation écrite et audiovisuelle. Côté cimaises sont exposées, entre autres, des voitures ayant servi à des événements historiques : pour exemple, un camion à ordures qui a accompagné une grève des ouvriers sanitaires, la Ford Mustang de James Earl Ray, l’assassin de Martin Luther King, une Cadillac 1968 et une Dodge 1959 parquées près du motel lors de l’événement tragique et une reconstitution du bus Greyhound brûlé par les Freedom Riders, les Noirs interdits alors de prendre un bus pour Blancs.

The National Center for Civil and Human Rights

Situé à Atlanta (État de Géorgie), ce centre s’est donné pour objectif d’explorer les droits fondamentaux de tous les êtres humains et pour qu’en le quittant chacun soit inspiré et fortifié dans ces convictions afin de faire partie d’un dialogue à ce sujet dans sa communauté.Ce centre a été créé en souvenir d’Evelyn Lowery, activiste et dirigeante dans les mouvements civiques des années 50, et d’Andrew Young, ambassadeur auprès des Nations unies. Sa mise sur pied a été largement soutenue par des associations et par la communauté locale qui voyaient là un des rares espaces dans le monde pouvant offrir aux visiteurs la vision d’un pont entre les mouvements des droits civils américains et la lutte contemporaine pour les droits de l’homme à travers toute la planète. Finalement inauguré en 2007, le centre occupe une surface de 40 000 mètres carrés, offerts par un illustre voisin qui jouxte ce terrain : la compagnie Coca-Cola. À noter que la ville d’Atlanta, qui avait joué un rôle primordial dans le mouvement des droits civils en Amérique, poursuit un legs à travers ce centre pour galvaniser son environnement universitaire et corporatif. Et ainsi collaborer à transformer le présent et à imaginer un avenir meilleur pour tous.

Ce n’est pas tout : durant les différentes phases de la réalisation du National Center for Civil and Human Rights, l’objectif était aussi de familiariser le grand public américain avec des événements du monde qui ne font probablement pas partie de ses soucis quotidiens, telles les situations troubles du Soudan et du Moyen-Orient. Ici donc l’actualité mondiale est toujours présente et on peut la découvrir dans un tour spécial d’une durée de 75 minutes, mis au point à cet effet.

Le musée des droits de la personne au Canada

Par ailleurs, le Canada abrite un musée des droits de la personne. Situé à Winnipeg depuis 2014, il est considéré comme le premier du monde à se consacrer aux droits de la personne s’appuyant sur l’idée que le respect et la compréhension de ces droits peuvent être des forces de changement positif dans le monde. Développé par des experts en recherche et en conservation, son programme a été guidé par une mobilisation publique pancanadienne ayant fait participer plus de 2 000 personnes du comité consultatif sur les droits de la personne. En chiffres, il se présente ainsi : 100 heures de vidéo, 512 vidéoclips, 300 objets et œuvres d’art, un paysage sonore, 18 alcôves avec média mix et 7 salles de projection.

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