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Campus

À Beyrouth, une institution œuvre à déconstruire la violence

ÉDUCATION À LA NON-VIOLENCE

L’Académie universitaire pour la non-violence et les droits humains offre des spécialisations dans diverses disciplines en liaison avec la culture de la paix et des droits humains.

Nelly HÉLOU | OLJ
09/11/2019

Fondée par l’écrivain et penseur Walid Slaybi et la sociologue, écrivaine et formatrice Ogarit Younan, l’Académie universitaire pour la non-violence et les droits humains (Aunohr), une institution unique au Liban et dans la région, a pour objectif d’offrir à ses étudiants des spécialisations académiques innovantes en liaison avec la culture de la paix et des droits humains. Les cours sont organisés autour de neuf axes centrés sur la déconstruction de la violence à travers les multiples disciplines enseignées : la philosophie politique de la non-violence et des stratégies civiles, la culture de la non-violence, l’éducation non violente y compris au niveau de la direction des écoles, la communication, les médias, le théâtre, les formations et méthodes modernes et interactives, l’enseignement et les pratiques des droits de l’homme, l’approche des conflits et la médiation non violente, l’éducation civique et la planification de la citoyenneté. « Notre but est d’œuvrer pour un changement social et professionnel, d’où l’importance des cours de méthodologie, des ateliers et de la recherche en ligne », souligne Elham Kallab, la nouvelle présidente de l’Aunhor, docteure en histoire de l’art et d’archéologie de la Sorbonne, qui a à son actif une médaille du Mérite national et des publications sur l’art, l’éducation, l’architecture et la condition de la femme.

Pour intégrer cette académie, il faut être détenteur d’une licence. Les étudiants inscrits sont de tout âge et de divers horizons académiques et professionnels : des enseignants, des professeurs universitaires, des avocats, des médecins, des journalistes, des activistes, des cadres dans des entreprises privées ou des institutions publiques, des artistes, des religieux… « L’Aunohr offre trois niveaux de formation : un master et un diplôme universitaire (DU) qui partagent un tronc commun et des certificats de formation spécialisée de courte durée. Prochainement, nous lancerons une licence et, plus tard, un doctorat », précise la présidente de l’Aunhor.

Une préparation à la vie

Le master comporte dix cours de 45 heures chacun, étalés sur deux ans, selon le système américain des semestres, de plus que la présentation d’un mémoire. Les cours sont donnés en langue arabe, avec une traduction simultanée en français ou en anglais.

Les étudiants de l’Aunhor acquièrent des connaissances et des compétences qui enrichissent leur profession et lui donnent une nouvelle dimension. Les diplômés deviennent eux-mêmes des acteurs actifs de la non-violence dans leur vie professionnelle et personnelle. « Ils sont souvent appelés à former des cadres professionnels et à entraîner d’autres personnes de leur entourage dans leur sillage. Douze d’entre eux sont actuellement des directeurs de projet dans des organisations internationales établies au Liban. Il suffit de visiter le site de l’académie pour écouter les témoignages des étudiants (www.aunohr.edu.lb) », poursuit Mme Kallab qui considère sa nomination à la tête de l’Aunohr comme « le couronnement non seulement de (sa) vie professionnelle dans l’enseignement universitaire, mais aussi d’un long parcours dans diverses associations pour les droits humains, la condition de la femme, la culture et le patrimoine ». « C’est pour moi une belle responsabilité qui s’accorde avec mes convictions profondes et les valeurs humaines qui sont pour moi une option de vie », ajoute-t-elle.

Éducation plutôt qu’enseignement

Le projet de cette académie universitaire a débuté par une expérience pilote qui a duré trois ans de 2009 à 2011 avec à son bord 78 étudiants venus du Liban et de six pays arabes. Les cours ont été dispensés par 25 éminents professeurs de différents pays dont la France, l’Angleterre, la Suisse, les États-Unis. Suite à cette expérience « concluante », comme le confie Ogarit Younan, « le rêve est devenu réalité ».

Avec le soutien de plusieurs associations et ambassades, le premier campus universitaire s’est installé de 2011 à 2018 sur un site de 5 000 mètres carrés dans une belle et grande demeure à Dhour Choueir pour loger les étudiants. « Nous avons accueilli 150 étudiants du Liban et du monde arabe dont un grand nombre sont déjà diplômés. Vivre sur un même campus était essentiel. Cela a favorisé la communication et les échanges d’idées », souligne Mme Kallab.

Bientôt de nouveaux locaux vont être établis à Beyrouth. « Nous sommes soutenus par de nombreux sponsors depuis le lancement, ajoute Mme Younan. Nos frais d’inscription ne sont pas excessifs. Par ailleurs, nous offrons des bourses. Pour nous, l’essentiel est l’impact qualitatif sur le changement sociétal. »



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