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Liban - Politique

Aoun brise son silence... mais l’impasse persiste

Le chef du gouvernement pourrait jeter l’éponge en cas de blocage autour du gouvernement.

Michel Aoun recevant l’ambassadeur de France, hier. Photo Dalati et Nohra

La montagne a accouché d’une souris. C’est ainsi que nombre de manifestants, mais aussi d’analystes politiques, ont commenté le message que le chef de l’État, Michel Aoun, a adressé hier aux Libanais. D’autant que selon ses détracteurs, le président de la République s’est contenté de vaguement paver la voie à une éventuelle sortie de crise, mais sans en définir les modalités.

C’est donc au huitième jour du mouvement contestataire que le président a choisi de briser son silence, avec un discours préenregistré ne correspondant ni à la gravité de la situation ni aux attentes des protestataires, qui, depuis le début du soulèvement populaire jeudi dernier, ont déballé tous leurs reproches contre une classe politique dans laquelle ils n’ont plus confiance et qui a perdu toute légitimité à leurs yeux.

Michel Aoun n’est donc pas parvenu à opérer la percée attendue, mais il a quand même tendu une perche au Premier ministre Saad Hariri en laissant entendre indirectement être prêt à discuter du sort du gouvernement au moment où la chute de ce dernier figure en tête des revendications des manifestants qui investissent les places publiques et bloquent les artères principales depuis une semaine. « Il est désormais nécessaire de reconsidérer la situation actuelle du gouvernement pour que le pouvoir exécutif puisse continuer à s’acquitter de ses responsabilités, et ce conformément aux textes constitutionnels en vigueur », a déclaré Michel Aoun. Une position qui intervient à l’heure où des tractations seraient en cours loin des feux de la rampe en faveur d’un éventuel remaniement ministériel à même de pourvoir aux quatre sièges vacants après la démission des ministres des Forces libanaises, samedi dernier. Il s’agirait aussi d’un moyen pour le Premier ministre de calmer la colère des Libanais qui manifestent depuis le 17 octobre.


(Lire aussi : Un discours en deçà des attentes, le commentaire d'Elie FAYAD)


« Le nœud Bassil »… à nouveau ?
La prise de position de M. Aoun est également notable dans la mesure où elle constitue une réaction aux informations ayant circulé récemment dans les médias et selon lesquelles le chef de l’État aurait exprimé son opposition à tout remaniement ministériel qui engloberait le chef du Courant patriotique libre, Gebran Bassil, lequel se trouve être le ministre des Affaires étrangères, mais qui est aussi et surtout son propre gendre.

Le Premier ministre, déterminé à opérer les réformes annoncées lundi dernier après le Conseil des ministres, n’a pas tardé à retrouver Michel Aoun à mi-chemin. Sur son compte Twitter, il a fait savoir qu’il est entré en contact par téléphone avec le président de la République et qu’il s’est félicité de son appel à réviser la situation actuelle du gouvernement conformément aux textes constitutionnels en vigueur. Comment cette convergence entre les deux pôles de l’exécutif pourra-t-elle se concrétiser ? Selon des sources informées contactées par L’Orient-Le Jour, ce n’est qu’à la faveur d’une (possible) rencontre entre MM. Aoun et Hariri que pourrait être décidé un éventuel changement de la composition du gouvernement.


(Reportage : « Il est temps que Michel Aoun aille se reposer... »)


Entre-temps, un proche du Premier ministre (lequel s’est entretenu hier avec les ambassadeurs européens accrédités à Beyrouth) se contente de déclarer à L’OLJ que Saad Hariri poursuit ses contacts politiques en quête d’une sortie de crise. Mais Moustapha Allouche, membre du bureau politique du courant du Futur, explique que le Premier ministre est conscient que le seul moyen d’absorber la grogne populaire réside dans un éventuel changement du gouvernement ou du moins un « sérieux » remaniement ministériel. Selon lui, « les tractations autour d’une modification de l’équipe ministérielle continuent de buter sur un obstacle : Gebran Bassil ». « Nous sommes conscients que si le remaniement n’englobe pas M. Bassil, il ne sera pas accepté par la rue en colère », ajoute-t-il, estimant que « si l’impasse persiste, M. Hariri pourra bien finir par jeter l’éponge en début de semaine prochaine ». Gebran Bassil est une de cibles majeures des manifestants.

En attendant l’issue des contacts actuellement en cours, le patriarche maronite, Mgr Béchara Raï, a ouvertement plaidé pour la formation d’un nouveau cabinet. Au lendemain de la réunion élargie du clergé chrétien tenue mercredi à Bkerké, Mgr Raï est allé bien au-delà de ses confrères qui avaient appuyé un remaniement ministériel. Le chef de l’Église maronite a non seulement cautionné le soulèvement populaire, mais a aussi plaidé pour la mise sur pied « d’un cabinet restreint, neutre et compétent, à même de sauver le pays et de rétablir la confiance des citoyens », comme on peut le lire dans un communiqué publié hier par le bureau de presse du patriarcat. Réitérant l’appui de Mgr Raï au mouvement contestataire, le texte indique que le prélat maronite est entré en contact avec le chef de l’État et s’est félicité du message de ce dernier adressé aux Libanais, notamment pour ce qui est de la détermination à lutter contre la corruption et pour la restitution des fonds volés.



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La montagne a accouché d’une souris. C’est ainsi que nombre de manifestants, mais aussi d’analystes politiques, ont commenté le message que le chef de l’État, Michel Aoun, a adressé hier aux Libanais. D’autant que selon ses détracteurs, le président de la République s’est contenté de vaguement paver la voie à une éventuelle sortie de crise, mais sans en définir les...

commentaires (3)

IL AURAIT MIEUX FAIT DE GARDER SON SILENCE AU LIEU DE -DEBITER- SON PITOYABLE DISCOURS.

L,EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

12 h 59, le 25 octobre 2019

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Commentaires (3)

  • IL AURAIT MIEUX FAIT DE GARDER SON SILENCE AU LIEU DE -DEBITER- SON PITOYABLE DISCOURS.

    L,EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

    12 h 59, le 25 octobre 2019

  • TOUJOURS DEPHASES LES "IRRESPONSABLES "

    gaby sioufi

    11 h 23, le 25 octobre 2019

  • Et quelle souris... Elle aurait mieux fait de rester stérile...

    NAUFAL SORAYA

    07 h 46, le 25 octobre 2019

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