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Politique - Décryptage

L’Iran prête pour un dernier round de violence au Liban ?


Depuis le 8 octobre 2023, date de l’ouverture par le Hezbollah du front de soutien à Gaza, cette formation est accusée de faire la guerre pour le compte du Hamas mais surtout de l’Iran. Mais les dernières frappes iraniennes contre Israël cherchent à renverser la donne. Pour la première fois, les Iraniens ont montré que ce sont eux qui ouvrent une bataille pour soutenir le Hezbollah, en cherchant à instaurer une nouvelle équation, selon laquelle si Israël bombarde la banlieue sud de Beyrouth, ils bombarderont à leur tour les installations de ce pays. D’ailleurs, selon la presse israélienne, les Israéliens ont voulu justement, en bombardant un immeuble dans la banlieue sud dimanche, tester la détermination des Iraniens à soutenir le Hezbollah. Les Israéliens ont donc frappé la banlieue sud en disant d’abord qu’ils voulaient réaliser un assassinat ciblé. Puis, comme aucun cadre du Hezbollah n’a été tué, ils ont affirmé avoir frappé une infrastructure du Hezbollah, mais comme là aussi, le lieu s’est avéré désert, ils ont fini par reconnaître qu’ils voulaient tester les Iraniens.

Aujourd’hui, les Iraniens le disent clairement : ils sont prêts à riposter si Israël frappe la banlieue sud de Beyrouth. Ce qu’ils considèrent comme le succès de cette équation militaire les poussent même désormais à aller encore plus loin. Ils commencent ainsi à affirmer qu’ils ne peuvent pas accepter la poursuite des combats au sud du Liban et qu’ils pourraient réagir militairement si un cessez-le-feu n’est pas appliqué sur l’ensemble du territoire libanais. Si cette tendance se vérifie, elle constituerait une grande évolution dans le conflit en cours. Au point que beaucoup se demandent si la région est à la veille d’un accord, ou au contraire d’un nouveau round de violence. Toutes les options restent ouvertes, même s’il y a malgré tout quelques indices qui poussent à croire que le conflit est en train de toucher à sa fin et que s’il y a un nouveau cycle de violence, il pourrait bien être le dernier avant un accord qui s’installerait dans la durée.

Les partisans de cette thèse sont essentiellement des milieux proches de l’Iran et du Hezbollah. Ces milieux considèrent que même si l’Iran et les États-Unis voulaient se diriger vers une plus grande escalade, celle-ci resterait sous un certain plafond, puisqu’il est clair que le régime n’est pas sur le point d’être renversé. Toujours selon ces milieux, l’accord entre ces deux puissances ne serait plus très éloigné, mais il faut encore trouver un scénario qui sauve la face aux deux parties et régler la crise de confiance entre elles. Ces milieux ajoutent que les négociations portent essentiellement sur le dossier du nucléaire iranien et l’uranium enrichi, sur le sort et le contrôle du détroit d’Ormuz et sur les fonds iraniens gelés. Par contre, la question des missiles balistiques et celle du cessez-le-feu au Liban ne sont pas au cœur des débats. Pour les milieux proches du Hezbollah, cela signifie que le dossier libanais ne sera pas un sujet majeur de conflit. L’Iran profite d’ailleurs de cet état de fait pour le placer au cœur de ses revendications et confirmer son influence sur ce pays, au moment où les pressions étrangères s’intensifient pour justement l’affaiblir.

Les mêmes sources précisent ainsi qu’un des véritables enjeux de la guerre qui se déroule actuellement entre le Hezbollah et Israël, c’est justement de détruire l’influence iranienne sur le Liban. C’est dans ce but que les Américains auraient poussé Beyrouth à s’engager dans le processus des négociations de Washington. Mais jusqu’à présent, ce processus n’a pas pu vraiment apporter des solutions. Entre-temps, un autre processus s’est mis en place et il s’inscrit dans le cadre des négociations d’Islamabad entre les États-Unis et l’Iran. Le président de la Chambre, Nabih Berry, en est le principal acteur libanais, en raison de sa proximité avec le Hezbollah, et il réclame clairement, avant toute autre chose, la conclusion d’un cessez-le-feu. Le Liban officiel a beau assurer qu’il ne se retirera pas des négociations et qu’il mènera ce chemin jusqu’au bout, aussi difficile soit-il, les regards se tournent plutôt vers ces pourparlers parallèles.

Dans ce tableau compliqué, les milieux proches de l’Iran et du Hezbollah misent sur le rôle de la République islamique pour pousser les Américains à obliger les Israéliens à accepter le cessez-le-feu. Selon ces milieux, la situation actuelle serait différente de ce qu’elle était au début du conflit. Ils partent du raisonnement suivant : dans les grands conflits, la partie la plus forte doit marquer une victoire éclatante pour pouvoir se considérer victorieuse, alors que la partie la plus faible se contente de continuer d’exister pour se dire victorieuse. Selon cette logique, l’Iran n’a pas perdu la guerre, et à chaque round de violence, elle montre qu’elle est en mesure de se défendre et de défendre ses alliés. Mais cela ne signifie pas, même pour eux, que la partie soit définitivement gagnée. Il faudra sans doute, selon eux, encore un nouveau cycle de violence, dans lequel l’Iran s’impliquerait, pour que les Israéliens soient convaincus qu’ils doivent appliquer un cessez-le-feu total. Mais, ces milieux en sont convaincus, ce serait là le dernier round.


Depuis le 8 octobre 2023, date de l’ouverture par le Hezbollah du front de soutien à Gaza, cette formation est accusée de faire la guerre pour le compte du Hamas mais surtout de l’Iran. Mais les dernières frappes iraniennes contre Israël cherchent à renverser la donne. Pour la première fois, les Iraniens ont montré que ce sont eux qui ouvrent une bataille pour soutenir le Hezbollah, en cherchant à instaurer une nouvelle équation, selon laquelle si Israël bombarde la banlieue sud de Beyrouth, ils bombarderont à leur tour les installations de ce pays. D’ailleurs, selon la presse israélienne, les Israéliens ont voulu justement, en bombardant un immeuble dans la banlieue sud dimanche, tester la détermination des Iraniens à soutenir le Hezbollah. Les Israéliens ont donc frappé la banlieue sud en disant d’abord...
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