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À La Une - Conflit

Retrait américain du nord de la Syrie : un cadeau empoisonné pour Erdogan

Après l'annonce de la Maison Blanche, plus aucun obstacle ne se dresse devant le président turc qui souhaite lancer une offensive contre les YPG. Mais franchir le pas pourrait s'avérer risqué.

Des soldats turcs et américains lors d'une patrouille conjointe dans une zone de sécurité établie dans le nord-est de la Syrie, le 4 octobre 2019. Photo U.S. Army/Staff Sgt. Andrew Goedl/Handout via REUTERS

Le retrait de militaires américains de certaines zones en Syrie ouvre la voie à une offensive turque souhaitée par le président Recep Tayyip Erdogan, mais place aussi Ankara face à des défis de taille. La Turquie lorgne depuis plusieurs mois les positions situées à l'est de l'Euphrate de la milice kurde des Unités de protection du peuple (YPG), un groupe en pointe dans la lutte contre les jihadistes de l'EI, longtemps soutenu et protégé par Washington, mais bête noire d'Ankara. Après l'annonce par la Maison Blanche, dimanche soir, que les militaires américains quitteraient la zone, plus aucun obstacle ne se dresse devant M. Erdogan. Mais franchir le pas pourrait s'avérer risqué.



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Que veut la Turquie ?

Les YPG ont été le fer de lance de l'offensive d'une coalition internationale ayant permis de vaincre militairement le groupe Etat islamique (EI). Les combattants kurdes ont été soutenus par les pays occidentaux. Mais pour Ankara, les YPG sont un groupe "terroriste", au même titre que l'EI, en raison de leurs liens étroits avec le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) qui livre depuis 1984 une sanglante guérilla sur le sol turc.

Aujourd'hui, Ankara veut mettre en place une "zone de sécurité" dans le nord de la Syrie. Concrètement, il s'agirait de créer un tampon de 30 km de profondeur et près de 500 km de largeur à terme, allant de l'Euphrate à la frontière irakienne, et séparant la frontière turque des positions des YPG. Lundi, le porte-parole de M. Erdogan, Ibrahim Kalin, a indiqué que cette "zone de sécurité" était également destinée à accueillir des Syriens réfugiés en Turquie, où il sont plus de trois millions à avoir fui depuis le début du conflit ravageant leur pays. Cela permettrait à Ankara de faire d'une pierre deux coups : éloigner la "menace" des YPG et réduire le nombre de Syriens vivant en Turquie, sur fond de sentiment anti-Syriens croissant.



(Lire aussi : Erdogan réitère sa menace d'intervention en Syrie "sur terre et dans les airs")


Victoire diplomatique d'Erdogan ?

L'annonce de la Maison Blanche est une victoire pour M. Erdogan qui "n'a pas ménagé sa peine pour convaincre Trump", souligne Steven Cook, du thinktank américain Council on Foreign relations.

Le feu vert de Washington est intervenu dans la foulée d'un entretien téléphonique entre MM. Trump et Erdogan, qui a misé sur leur relation personnelle pour emporter l'adhésion de son homologue américain, en dépit des résistances au sein de l'administration à Washington.

Du point de vue turc, "en donnant leur +feu vert+, les Etats-Unis ont donné l'impression d'avoir +capitulé+ face aux demandes turques", explique à l'AFP Jana Jabbour, spécialiste de la politique étrangère turque et professeure à Sciences Po Paris. "Ceci est en soi une victoire diplomatique pour Erdogan", ajoute-t-elle.



(Lire aussi : En Syrie, des milliers de personnes manifestent contre les menaces d'offensive turque)



Quelles difficultés ?

Depuis 2016, la Turquie a déjà lancé deux opérations dans le nord de la Syrie, visant à la fois l'EI et les YPG lors de la première, et exclusivement les combattants kurdes lors de la seconde. Mais à la différence de ces deux opérations, celle qu'envisage aujourd'hui Ankara vise le cœur des zones contrôlées par les Kurdes, dotés de combattants armés par Washington et aguerris par la campagne contre l'EI. De plus, la nouvelle opération envisagée par Ankara est bien plus importante en termes d'envergure territoriale.

Cela "va engendrer des coûts économiques, et il n'est pas sûr que dans le contexte actuel de récession en Turquie, le pays ait les moyens", note Mme Jabbour, pointant également le risque d'une opposition intérieure de la part d'une opinion publique devenue de plus en plus sceptique quant à l'engagement de son pays dans le chaos syrien". "En réalité, Ankara aurait préféré un accord avec les Etats-Unis pour la mise en place d'une +zone de sécurité+ à la frontière, un scénario qui lui aurait permis de partager le fardeau avec Washington", selon Mme Jabbour.



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Comment gérer les prisonniers jihadistes ?

C'est la grande question qui occupe les pays européens dont des ressortissants ont combattu au sein de l'EI avant d'être capturés par centaines par les forces kurdes lors de l'effondrement du groupe jihadiste.

Depuis plusieurs semaines, M. Trump presse ces pays de rapatrier leurs ressortissants emprisonnés en Syrie, allant jusqu'à menacer de libérer des jihadistes européens. En autorisant une opération turque contre les YPG, M. Trump cherche aussi à se défausser de cette question sur la Turquie. "La Turquie va maintenant être responsable pour tous les combattants de l'EI dans la zone, capturés dans les deux dernières années", indiquait ainsi la Maison Blanche dans son communiqué dimanche soir.

Mais l'annonce brusque de M. Trump laisse en suspens l'épineuse question des modalités de ce transfert de responsabilités. Lundi, M. Erdogan a indiqué que Washington et Ankara allaient y travailler, sans avancer de pistes de réflexion.
"Maintenant, la Turquie va devoir faire face à l'EI, qui montre des signes de tentative de regroupement", souligne M. Cook.

Le porte-parole de M. Erdogan a déclaré lundi que la Turquie "ne laisserait pas" l'EI revenir, "sous quelque forme que ce soit".


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commentaires (4)

Le sultan Erdogan s est impose face aux USA ,quand en comparaison le boucher de Damas est a plat ventre devant Poutine ou Khameini ,tel le gouverneur d un pays colonise.

HABIBI FRANCAIS

10 h 58, le 08 octobre 2019

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Commentaires (4)

  • Le sultan Erdogan s est impose face aux USA ,quand en comparaison le boucher de Damas est a plat ventre devant Poutine ou Khameini ,tel le gouverneur d un pays colonise.

    HABIBI FRANCAIS

    10 h 58, le 08 octobre 2019

  • HAHAHA... DEJA TRUMP PROMET D,ANEANTIR COMPLETEMENT L,ECONOMIE TURQUE SI L,APPRENTI MINI SULTAN ERDO DEPASSE LES BORNES DANS UNE INTERVENTION CONTRE LES KURDES. ERDO SE CROIT AVOIR LES MAINS LIBRES. IL SE TROMPE BIGREMENT CAR TRUMP DISTRIBUE DES PAROLES QU,IL N,HONORE POINT. BONNE FIN ERDO... PERSONNELLE BIEN SUR ! UN OTTOMAN DE MOINS.

    LA LIBRE EXPRESSION

    20 h 08, le 07 octobre 2019

  • C'est fou ça ! Attendez un peu , si j'ai bien compris les amerloques poussent leur allié turc à la faute pour pouvoir ensuite leur faire des reproches de ne pas avoir assuré avec cette offensive . Ensuite les kurdes iront se faire justice grâce à l'entrainement que les yankys leurs auront prodigué pendant les campagnes anti bactéries wahabites . erdo_ane nous la joue " retenez moi ou je fais un malheur" , car il n'a pas trop envi d'y aller sans ses alliés yanky ! hahahahaha , VOILA CE QU'ON APPELLE UNE VRAIE SALADE RUSSE A LA SAUCE POUTINIENNE , MAIS AVEC CETTE FOIS CI DU VINAIGRE IRANIEN , QUI N'EST JAMAIS TRES LOIN , LUI NON PLUS . HAHAHAHAA.. HEY MEN ,LA SYRIE DU HEROS BASHAR C'EST UN OURSIN , ON NE PEUT PAS L'AVALER SANS SE PRENDRE UN CHAT DANS LA GORGE. LOL. yanky go home !

    FRIK-A-FRAK

    20 h 03, le 07 octobre 2019

  • L,APPRENTI MINI SULTAN ERDO VA SE CASSER LES DENTS ET LA TETE EN INTERVENANT CONTRE LES KURDES AGUERRIS ET BIEN ARMES. INCHALLAH CE SERAIT LA FIN DE CE DESPOTE OTTOMAN.

    LA LIBRE EXPRESSION

    19 h 58, le 07 octobre 2019

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