Gebran Bassil, entouré des députés Mohammad Khawaja et Nabil Badr, lors d'une conférence au Phoenicia, le 30 juillet 2026. Photo CPL
Le chef du Courant patriotique libre, le député Gebran Bassil, a appelé mardi au cours d'une conférence de presse le président du Parlement Nabih Berry à « convoquer une séance publique afin que le gouvernement rende des comptes devant l’opinion publique libanaise sur plusieurs dossiers au premier rang desquels la guerre, les armes et l’accord lié à ce dossier », selon des propos rapportés par l'Agence nationale d'information (ANI, officielle). Très critique du gouvernement Salam, dont le courant aouniste ne fait pas partie depuis sa formation en février 2025, Gebran Bassil a indiqué disposer en tant « qu'opposition » d'un « dossier détaillé comprenant 57 points portant sur ce que le gouvernement n’a pas mis en œuvre ou sur les dispositions qu’il a enfreintes », précisant que « ce dossier est prêt à être publié à tout moment ».
Longtemps allié du Hezbollah avant de prendre ses distances dans la foulée de l'ouverture par la formation chiite en octobre 2023 du « front de soutien à Gaza », M. Bassil a insisté pour que « le gouvernement annonce officiellement devant le Parlement s’il existe une annexe et des documents sécuritaires d’application non publiés liés à l’accord-cadre (signé fin juin entre le Liban et Israël sous patronage américain), car les responsables israéliens affirment dans leurs déclarations qu’ils ne se retireront pas car ils bénéficient d’un mandat accordé par les autorités libanaises ». Selon l'accord-cadre, et son annexe sécuritaire publiée par les médias, le retrait « progressif » israélien du Liban-Sud est conditionné au désarmement du Hezbollah par l'armée libanaise.
M. Bassil est également revenu sur son dernier point de contentieux avec le gouvernement : la loi d'amnistie générale, adoptée le 12 août dernier, après des mois de bataille politique et confessionnelle. « Nous étudions sérieusement la possibilité de déposer un recours contre la loi d’amnistie générale. Nous avons aussi adressé une question au gouvernement concernant la violation flagrante de la Constitution par le Premier ministre Nawaf Salam, qui a empêché un ministre d’exprimer son opinion devant le Parlement », a-t-il dit. Très attendue dans la rue sunnite, cette loi, qui permet finalement la libération de 86 détenus islamistes, a été vivement critiquée par l’armée libanaise, opposée à toute mesure permettant à des personnes ayant tué des soldats d’en bénéficier. Au cours du vote au Parlement, M. Salam avait refusé que le ministre de la Défense Michel Menassa prononce un discours pour défendre l'armée et critiquer la libération des islamistes, au nom de la cohésion gouvernementale.

