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Lors d'une visite de Hariri, les Emirats lèvent l'interdiction à leurs ressortissants de se rendre au Liban

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"Le Hezbollah doit être mis en cause en tant que composante d'un système régional, mais pas en tant que parti libanais", souligne le Premier ministre.

OLJ
07/10/2019

Les Émirats arabes unis ont levé lundi soir l'interdiction imposée à leurs ressortissants de se rendre au Liban, alors que le Premier ministre libanais, Saad Hariri, effectuait une visite officielle à Abou Dhabi. Cette interdiction avait été imposée le 23 février 2016 peu après une demande de Riyad aux Saoudiens de ne pas se rendre au Liban et de quitter ce pays, accusé de ne pas avoir soutenu l'Arabie saoudite face à l'Iran.

"Les Émirats autorisent les citoyens de l'État à voyager au Liban à partir de demain", a annoncé l'agence officielle émiratie WAM sur son compte twitter.

Le 13 février 2019 l'Arabie saoudite avait levé l'interdiction imposée à ses ressortissants.



Plus tôt dans la journée, la ministre libanaise de l'Intérieur, Raya el-Hassan, avait assuré, à l'issue d'une réunion à Abou Dhabi avec son homologue émirati, avoir "apaisé les craintes des Émiratis" concernant d'éventuelles failles dans la sécurité de l'Aéroport international de Beyrouth (AIB), afin de lever, à terme, l'interdiction de voyager au Liban émise par les autorités de la fédération.  La ministre avait tenu ces propos à l'issue d'une réunion avec le vice-président du Conseil des ministres et ministre de l'Intérieur des Émirats, le cheikh Seif ben Zayed Al-Nahyan, en marge du Forum sur l’investissement entre les Émirats arabes unis et le Liban. Elle avait souligné que cette mise au point "influencera positivement la levée de l'interdiction de voyager des Émiratis vers le Liban".

La ministre de l'Intérieur fait partie de la délégation menée par le Premier ministre libanais au Forum qui se tient à Abou Dhabi, et qui comprend également les ministres des Télécommunications Mohammad Choucair, de l’Industrie Waël Bou Faour, de la Défense Élias Bou Saab, de l’Économie Mansour Bteich, du ministre d’État pour les Technologies de l’information Adel Afiouni, du gouverneur de la Banque du Liban Riad Salamé, et de plusieurs personnalités bancaires et économiques.


"Renforcer les relations avec le Liban"

Plus tôt dans la journée, Saad Hariri s'est entretenu avec le prince héritier d’Abou Dhabi et commandant suprême des forces armées des Émirats arabes unis, cheikh Mohammad ben Zayed al-Nahyane, avec qui il a discuté des relations bilatérales entre les deux pays et des moyens de les renforcer. Au cours de leur aparté, les deux hommes ont notamment évoqué les derniers développements au Liban et dans la région ainsi que des relations bilatérales entre les deux pays et des moyens de les renforcer. 

Le prince héritier d'Abou Dhabi a affirmé que les Émirats "veillent à renforcer leurs relations avec le Liban à différents niveaux et se tiennent à ses côtés dans tout ce qui préserve sa sécurité et sa stabilité et réalise les aspirations de son peuple en matière de développement".  A l'issue de la réunion, M. Hariri a déclaré que "l'atmosphère était très positive et j'espère qu'une bonne nouvelle sera annoncée aujourd'hui".  S'adressant à la communauté libanaise lors d'un dîner organisé par l'ambassade du Liban à Abou Dhabi, le chef du gouvernement a précisé que toute annonce viendrait des Émirats, peu avant l'annonce de la levée de l'interdiction de voyage par Abou Dhabi.

 Le Premier ministre s'est aussi entretenu avec des représentants d'entreprises britanniques opérant aux Émirats arabes unis pour examiner les moyens d’accroître les opportunités d’investissement au Liban.

A l'ouverture du Forum sur l’investissement entre les Émirats arabes unis et le Liban, parrainé par le ministère émirati de l’Économie et la Chambre de commerce d’Abou Dhabi, M. Hariri a appelé le secteur privé émirati à investir au Liban, alors que le pays traverse une grave crise économique et financière. "Le problème au Liban est que nous avons tardé à nous développer. Mais pour la première fois, le gouvernement libanais a présenté lors de la conférence de Paris (CEDRE), puis dans le cadre du plan McKinsey, une vision globale des réformes à entreprendre et un plan de développement", a déclaré M. Hariri. Le Premier ministre a insisté sur l'importance de "mener toutes les réformes demandées lors de la conférence de Paris". "Les possibilités d'investissement au Liban sont très importantes, et dans tous les domaines", a-t-il ajouté.

Le plan McKinsey, commandé par le gouvernement début 2018, contient des recommandations pour restructurer l’économie. Lors de la conférence de Paris d'avril 2018, les dirigeants libanais s'étaient engagés à lancer et à mettre en œuvre des réformes pour réduire le déficit public et relancer l’économie. "Ces réformes et ce progrès sont impossibles au Liban sans le secteur privé. Nous voulons asseoir le partenariat entre les secteurs privés libanais et émiratis", a poursuivi Saad Hariri, exprimant l'espoir que les Émiratis investiront dans les projets prévus par le programme CEDRE.

"Les liens entre le Liban et les Émirats sont historiques et profondément enracinés. Les Émirats arabes unis ont accueilli la jeunesse libanaise et lui ont donné des opportunités d'emploi, ils ont aussi joué un rôle actif dans l'économie libanaise", a ajouté le chef du gouvernement. De son côté, le ministre émirati de l’Économie, Sultan Ben Saïd Mansouri, s'est dit convaincu des "capacités du Liban à devenir une force économique dans la région".


Le Hezbollah, une "composante d'un système régional"
Par ailleurs, Saad Hariri a réaffirmé que son gouvernement est opposé à toute "activité hostile" contre les pays du Golfe. "Je veux insister sur le fait, en tant que chef du gouvernement, que je refuse toute forme d'implication libanaise dans les conflits autour de nous. Je tiens également à souligner que le gouvernement de Beyrouth refuse d'intervenir ou de participer aux activités de toute organisation hostile aux pays du Golfe", a-t-il déclaré dans une interview accordée à l'agence émiratie WAM publiée dans la matinée, en réponse à une question sur les activités du Hezbollah dans la région.

"Le gouvernement libanais a pris la décision de se distancier des conflits extérieurs et de ne pas interférer dans les affaires intérieures des pays arabes. Cependant, cette décision est malheureusement bafouée, non pas par le gouvernement, mais par un camp politique représenté au gouvernement", a ajouté Saad Hariri. "Le Hezbollah doit être mis en cause en tant que composante d'un système régional, mais pas en tant que parti libanais", a-t-il poursuivi, avant de conclure sur le sujet : "Le Liban fait partie intégrante du monde arabe, et sa stabilité dépend de la stabilité et de la sécurité globale du monde arabe, particulièrement dans les sphères politique et économique".

Considéré depuis 1997 par les États-Unis comme une "organisation terroriste", le Hezbollah est un acteur politique majeur au Liban. Il intervient en outre militairement dans le conflit en Syrie en soutien au régime de Damas, aux côtés de Téhéran. Fin septembre, le secrétaire général du Hezbollah, Hassan Nasrallah, avait prévenu l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis qu’ils seraient "détruits" en cas de guerre avec l’Iran. Le soutien au Hezbollah et aux groupes armés palestiniens du Hamas et du Jihad islamique mais aussi aux houthis au Yémen est une constante de la politique extérieure de la République islamique.




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Antoine Sabbagha

Si le secteur privé émirati investira au Liban,ce sera une bonne mesure positive pour le Liban . Wait and see.

Amère Ri(s)que et péril.

Apprendre de personnes qui ne font qu'acheter des gadgets à prix exorbitant , non merci , mais de gens qui fabriquent leurs gadgets , ça oui , bien sûr .

Amère Ri(s)que et péril.

Notre pays le Liban a eu une chance extrême , c'est celle d'être sortie de ce giron malsain de se faire jeté une fois utilisé .

Le Liban a la chance de fréquenter d'autres milieux .

God Bless Lebanon !

Gros Gnon

Bonne initiative.
Comme il n’y a plus rien à voler dans le pays, il faut renouveler le stock...

Irene Said

On aimerait voir notre patrie,

le Liban,

défendue avec autant de force et de conviction que d'autres pays de cette région du Proche et Moyen Orient !

Irène Saïd

NAB

on a aucune lecon a recevoir de l'Iran non plus.. les Emiratis ont envoyer un homme dans l'espace, donc nous avons quand meme beaucoup a apprendre d'eux. comme quoi quand on ne se concentre que sur la geopolitique on est a coté de la plaque sur tout le reste (what actually matters)

Amère Ri(s)que et péril.

"Le Hezbollah doit être mis en cause en tant que composante d'un système régional, mais pas en tant que parti libanais", souligne le Premier ministre.

Petite explication de texte pour une déclaration on ne peut plus INTELLIGENTE DE LA PART DE SAAD .

En 2 mots , la résistance du hezb libanais va au-delà des forces du Liban et rejoins un jeu régional où sont impliqués des malfrats , des usurpateurs , des bandits de grands chemins , manipulés par l'occident et usa et Russie Et Iran etc...

Si vous ne pouvez pas y remédier , c'est pas le Liban qui y pourra quelque chose .

MERCI SAAD , TU ES DANS TON RÔLE .

L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

LE HEZBOLLAL DOIT ETRE MIS EN CAUSE EN TANT QUE COMPOSANTE D,UN SYSTEME REGIONAL ET NON COMME PARTI PARTICIPANT AU GOUVERNEMENT LIBANAIS. SEULS DES NAIFS GOBERAIENT UNE TELLE DIFFERENCE. FAUT ETRE FRANC POUR S,ATTENDRE AUX AIDES ARABES SEULES POSSIBLES DANS NOTRE REGION.

Bustros Mitri

Bon courage les emiratis !

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