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À La Une - Liban

Réformes : Moody’s adresse un ultimatum aux dirigeants libanais

L'agence décide de maintenir la notation souveraine du pays tout en avertissant que cette note pourrait être revue à la baisse « dans trois mois ».

La décision de Moody's, l’une des trois principales agences de notation financière américaines avec Fitch et Standard & Poor’s (S&P), a été rapportée par le ministère libanais des Finances. Photo P.H.B.

Moody’s a décidé, lors d’une récente réunion, de maintenir la notation souveraine du Liban, tout en avertissant qu'en cas d’absence de progrès décisifs dans le processus d’élaboration du budget pour 2020, cette note serait revue à la baisse « dans trois mois ». Le budget 2020 doit accélérer la mise en place des réformes que le pays s’est engagé à lancer lors de la conférence de Paris d’avril 2018 (CEDRE).

La décision de Moody's, l’une des trois principales agences de notation financière américaines avec Fitch et Standard & Poor’s (S&P), a été rapportée par le ministère libanais des Finances. Selon une source bancaire, les communiqués des agences de notation sont généralement envoyés aux gouvernants des pays concernés 24 heures avant leur publication.

Les agences de notation scrutent avec inquiétude depuis des mois l’évolution de la stabilité financière du pays. Le Liban a été noté en janvier « Caa1 » avec perspective « stable » par Moody’s, qui avait été la première à dégrader la perspective du pays, puis sa note entre décembre 2018 et janvier dernier, sanctionnant ainsi le blocage du processus de formation du gouvernement qui durait alors depuis les législatives de mai 2018. Fitch et S&P ont réagi à leur rythme. La première a d’abord dégradé la perspective du pays en décembre 2018, emboîtant le pas à Moody’s, et a ensuite dégradé la note du pays qui est actuellement à « CCC » sans perspective en août dernier. S&P a attendu mars pour dégrader la perspective du pays et a enfin annoncé en août dernier sa décision d’attendre le budget 2020 avant de trancher.



(Lire aussi : Le risque que le Liban « restructure » sa dette s’accentue, selon Moody’s)


 

Dette publique à 86 milliards de dollars
Au niveau des chiffres, la dette publique du pays a atteint 86 milliards de dollars fin juillet, en hausse de 3,7 % en rythme annuel, pour un ratio dette/PIB d’environ 150 %), sa balance des paiements affiche un déficit cumulé de -5,3 milliards de dollars sur la même période, pour un déficit commercial de 10,2 milliards de dollars (+1%). Le déficit public a lui explosé en 2018 (6,2 milliards de dollars soit plus de 11 % du PIB) et la bonne trajectoire suivie par les finances publique cette année (-20,3 % pour le déficit des finances publiques à fin juin selon les derniers chiffres publiés) n’a pas suffi à rassurer.

Lors de la CEDRE, les dirigeants libanais se sont engagés auprès de leurs soutiens à lancer des réformes pour réduire le déficit public - d’un point de PIB par an en cinq ans - et à restructurer l’économie, qui devrait afficher une croissance nulle, voire négative cette année selon les estimations. La mise en œuvre de ces réformes doit convaincre les donateurs de la CEDRE de débloquer plus de 11 milliards de dollars de prêts et dons devant financer des projets de réhabilitation d’infrastructures figurant dans le Capital Investment Plan (CIP) préparé par le gouvernement libanais.

Pour l’heure, les mesures adoptées  – notamment dans le budget pour 2019 voté avec près de sept mois de retard par rapport aux délais constitutionnels, n’ont pas convaincu les agences de notations ou les donateurs qui ont unanimement appelé les dirigeants libanais à élaborer et voter un budget pour 2020 crédible avant la fin de l’année.


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Moody’s a décidé, lors d’une récente réunion, de maintenir la notation souveraine du Liban, tout en avertissant qu'en cas d’absence de progrès décisifs dans le processus d’élaboration du budget pour 2020, cette note serait revue à la baisse « dans trois mois ». Le budget 2020 doit accélérer la mise en place des réformes que le pays s’est engagé à lancer lors de...

commentaires (13)

La loi au liban dit donc que si vous dites des verites sur l'etat de la finance au Liban vous allez en prison et si vous mentez on vous fiche la paix C'EST LA SEULE RAISON EVOQUEE POUR POURSUIVRE CEUX QUI ONT EN MARRE DE CES LEADERS ET DE LEURS PARTIS? vous n'avez rien trouve de mieux ? vraiment nul. Un gosse de 12 ans aurait trouve mieux que cela mais peut etre que certains de nos leaders n'ont meme pas une cervelle d'un gosse de 12 ans

LA VERITE

22 h 53, le 01 octobre 2019

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Commentaires (13)

  • La loi au liban dit donc que si vous dites des verites sur l'etat de la finance au Liban vous allez en prison et si vous mentez on vous fiche la paix C'EST LA SEULE RAISON EVOQUEE POUR POURSUIVRE CEUX QUI ONT EN MARRE DE CES LEADERS ET DE LEURS PARTIS? vous n'avez rien trouve de mieux ? vraiment nul. Un gosse de 12 ans aurait trouve mieux que cela mais peut etre que certains de nos leaders n'ont meme pas une cervelle d'un gosse de 12 ans

    LA VERITE

    22 h 53, le 01 octobre 2019

  • Non seulement cela les notes de moody’s Et autres agences sont HYPER IMPORTANTE NON SEULEMENT POUR LES INVESTISSEURS MAIS AUSSI ER SURTOUT SUR LE MARCHES DES EMPRUNTS LES INTÉRÊTS SUR PRET POURRAIT DOUBLE ET FAIRE EN SORTE QUE LES REMBOURSEMENTS MENSUELS SUR LE PRÊTS DE 86 milliard EUX AUSSI DOUBLE ET IL NE RESTERA PLUS QU’AU PAYS DE DÉCLARER FAILLITE

    Bery tus

    22 h 13, le 01 octobre 2019

  • les ultimatums sont la parce que TOUT les investisseurs internationaux, de la plus grosse banque au plus petit fond d'investissements prennent en consideration ce que les agences de notations font. et donc quand Moody's dis que le Liban ne respecte pas ses engagements et qu'il y a risque de defaut, alors les investisseurs prennent sa en compte parce qu'evidament ceux ci ne vont pas faire le travail de recherche penible a la place de Moody's. et donc oui, faut faire gaffe. quand on comprend rien au fonctionnement du monde on evite de donner des conseils mal placé sur le Liban et "l'axe de la resistence"

    Thawra-LB

    20 h 11, le 01 octobre 2019

  • Il fait les jeter en prison pour "atteinte à la réputation financière de l’état"...

    Gros Gnon

    19 h 04, le 01 octobre 2019

  • EN QUOI UNE AGENCE DE NOTATION POURRAIT LANCER DES ULTIMATUMS ????????? CE TRUC IL NOTE ET C'EST TOUT , SI DANS 3 MOIS OU 3 ANS ILS ONT DES CHOSES A DIRE QU'ILS LES DISENT MAIS JE NE COMPREND PAS LES ULTIMATUMS …????&&&&==èè

    FRIK-A-FRAK

    19 h 02, le 01 octobre 2019

  • Entre-temps on questionne la bie personnelle du premier ministre...ridicule

    Wlek Sanferlou

    18 h 24, le 01 octobre 2019

  • Ces américains avec leurs agences de notation financière sont réellement perfides : D'un côté ils insidtent pour nous laisser sur le dos le plus haut pourcentage de réfugiés syriens sous lesquels croule l'économie du pays , et d'un autre ils exigent de notre économie une stabilité normale de croisière ! Auncun pays au monde autre que le Liban n'aurait pu endurer tant de vicissitudes et de menaces perpétuelles . N'est-ce pas donc la preuve de notre solidité ? Qu'on nous aude d'abord à nous débarrasser au plus tôt de nos réfugiés , et ils verront la suite miraculeuse .

    Chucri Abboud

    17 h 43, le 01 octobre 2019

  • PAUVRE LIBAN. IL EST A LA MERCI DES PRESSIONS ET DES INTERVENTIONS DE TOUTES PARTS ET DE TOUS GENRES. POLITIQUES AVANT TOUT MAIS ECONOMIQUES ET FINANCIERES TOUT AUSSI. LES TOURMENTES SOUFFLENT SUR LE PAYS QUE DES CORROMPUS ET INCAPABLES GOUVERNENT MALHEUREUSEMENT.

    LA LIBRE EXPRESSION

    17 h 01, le 01 octobre 2019

  • paragraphe 5 ligne 5 de la cedre etc...

    LA LIBRE EXPRESSION

    16 h 55, le 01 octobre 2019

    • Merci, l'erreur a été corrigée.

      L'Orient-Le Jour

      17 h 05, le 01 octobre 2019

  • paragraphe 3 ligne 7 emboitant le pas a moody.

    LA LIBRE EXPRESSION

    16 h 51, le 01 octobre 2019

    • Merci pour votre commentaire, l'erreur a été corrigée. Bien à vous

      L'Orient-Le Jour

      16 h 53, le 01 octobre 2019

  • Rien ne sera fait malheureusement. Le problème du liban est structurel et non conjoncturel . Nous manquons de fonds locaux donc nous dépendons des fonds internationaux et ces derniers ne viendrons jamais au liban tant que “the rule of law” is not respected. Et the “rule of law” ne sera jamais respecté tant que nous avons une milice qui bafoue l’autorité de l'état a longueur de journée et qui est corrompu jusqu’a la moelle dans le traffic au port de beyrouth, a l’airport et avec son traffic de drogue et d’armes a la frontière syrienne qu’il n’accepte pas de faire surveiller. Les investisseurs internationaux ne jouent pas. C’est la cours des grands et les partis politiques actuels ne sont pas dans la meme ligue. Certains n’arrivent toujours pas a voir. Patiente vous allez y arrivez bientot

    Thawra-LB

    16 h 20, le 01 octobre 2019

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