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Riyad discute avec Beyrouth d'un soutien financier au Liban

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Khalil annonce son « intention » de lancer une nouvelle émission de 2 milliards de dollars.

P.H.B. | OLJ
18/09/2019

Le ministre saoudien des Finances, Mohammad Jadaan, a indiqué mercredi dans un entretien accordé à Reuters que le royaume saoudien était en pourparlers avec le gouvernement libanais pour lui « apporter un soutien financier ». Une annonce qui a provoqué une hausse du prix des eurobonds – titres de dette en devises émis par l’État libanais – sur le marché, peu de temps avant que le ministère libanais des Finances n’annonce son « intention » de lancer une nouvelle émission de 2 milliards de dollars.

« Nous allons placer notre argent au Liban et nous poursuivrons notre soutien au pays et travaillerons avec son gouvernement », a notamment déclaré le haut-responsable saoudien. Une « source officielle » citée par Reuters a, de son côté, assuré que le Premier ministre libanais, Saad Hariri, discutait de ce sujet « à un haut niveau » avec le royaume wahhabite.

Contacté par L’Orient-Le Jour, le directeur du département de recherche de Bank Audi, Marwan Barakat a confirmé que le prix des eurobonds avait augmenté « de 1,5 cent » à la mi-journée suite à l’annonce du ministre saoudien des Finances, soulignant néanmoins qu’aucun détail, sur la forme de cette aide, n’est encore connu. Même constat pour une autre source bancaire anonyme, qui ajoute que la forme que prendra cette aide (dépôts, investissements dans des eurobonds, etc.) et ses modalités (rendement, termes, conditions) seront « déterminantes ».


Incertitudes

Reuters a, pour sa part, rapporté que le titres arrivant à échéance en 2037 avaient gagné 1,9 cent (à 64,88 cent), contre une hausse de 1,8 cent (à 64,00) pour ceux expirant en 2029. Les prix des eurobonds avaient piqué du nez en début de semaine en marge des incertitudes liées aux attaques de drones revendiquées par les Houthis qui ont visé samedi deux sites du géant pétrolier saoudien Aramco, dans un contexte de tensions régionales entre le royaume wahhabite et l’Iran.

L’annonce de Mohammad Jadaan vient corroborer les rumeurs de ces dernières semaines sur la possibilité que plusieurs pays du Golfe, dont l’Arabie saoudite, apportent leur soutien au pays du Cèdre, dont la situation financière s’est beaucoup fragilisée depuis près de deux ans, suite à la conjonction de plusieurs facteurs défavorables, internes et externes.

Deux des trois principales agences de notation financières américaine, Moodys et Fitch ont d’ailleurs dégradé la note souveraine du pays, à respectivement « Caa1 » avec perspective « stable » en janvier et « CCC » sans perspective en août ». Standard & Poor’s a, de son côté, accordé un sursis de quelques mois aux dirigeants libanais, les enjoignant néanmoins de lancer sans tarder les réformes sur lesquelles ils s’étaient engagées lors de la conférence de Paris d’avril 2018 (la CEDRE) pour assainir les finances publiques et restructurer l’économie.

L’Arabie saoudite était déjà montée au créneau, en janvier dernier, pour affirmer son intention de soutenir le Liban, imitant le Qatar qui avait affirmé pendant le 4e sommet économique arabe à Beyrouth vouloir acheter pour un demi-milliard de titres libanais. En juin, l’émirat gazier, qui est toujours en froid avec son voisin saoudien – depuis la crise diplomatique qui a éclaté entre les deux pays en 2017 – avait annoncé avoir procédé à ses premiers achats d’eurobonds sur le marché secondaire extérieur.

Le Liban n’a pas encore lancé de nouvelle émission de titre cette année. Mercredi après-midi, le ministre libanais des Finances, Ali Hassan Khalil, a néanmoins révélé, lors d’une conférence de presse à Beyrouth essentiellement consacrée au budget 2020, que les autorités du pays « avaient l’intention d’émettre, très prochainement, pour 2 milliards de dollars » de titres de dette en devises à un rendement « très inférieur à 14% », soit le niveau actuel de leurs rendements moyens.

Il y a deux semaines, le ministre avait affirmé que la possibilité pour le Liban d’émettre entre 1,5 milliard et 2 milliards de titres de dettes figurait parmi les options envisagées pour lui permettre d’honorer ses engagements financiers sur l’année en cours.

Le Liban a soldé, cette année, deux émissions d’eurobonds arrivant à échéance – la première, d’un montant de 550 millions de dollars a été payée en avril, la seconde de 600 millions, en mai – tandis qu’une troisième, d’un montant de 1,5 milliard de dollars, doit être payée fin novembre.

L’actualité du pays a enfin été marquée cet été par l’annonce, fin août par la Banque du Liban, d’une hausse de ses réserves en devises à hauteur d’1,4 milliard de dollars pendant la deuxième quinzaine du mois d’août, suite à de nouveaux dépôts effectués à la Banque centrale et issus « du secteur privé non résident ». Si l’identité des déposants ou les modalités de l’opération n’ont pas été officiellement dévoilées, plusieurs médias ont y ont associé les noms de la banque d’investissement américaine, Goldman Sachs et de l’établissement libanais SGBL.


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L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

DES INEPTIES A LA PELLE !

Sissi zayyat

C'est quand même étonnant le nombre d'états qui se bousculent aux portillons pour nous aider financièrement.

On devrait répondre non, non merci. On a appris à nos dépens que rien n'est gratuit.

Les députés, ministres président de la république et autres élus et préposés sont là pour faire en sorte que le pays ne soit pas en deficit et c'est leur JOB de faire feu de tout bois pour y parvenir.

S'ils ne le font pas alors les Libanais devraient exiger qu'ils ne soient pas payés.

Par ex.
on coupe dans le budget de ces mêmes employés du peuple dans la dépense de voitures, frais de bouche, déplacement à l'étranger. Ils devraient voyager en classe eco. -Puisque le pays est en difficulté- et si ca ne correspond à leur rang, ils payent de leur poche ou au mieux ils démissionnent. On ne s'apercevrait même pas de leur absence. Parce que s'ils ne font que déplacer du vent c'est trop cher payé.

Leurs réunions infructueuses nous coûtent très cher et le resultat est toujours le même. RIEN, niet nada nothing.

Amère Ri(s)que et péril.

Il y a des rappels pressants à faire.

L'Iran npr n'a jamais ni occupé ni agressé le Liban.

L'Iran a aidé et continue d'aider une résistance à une force usurpatrice à qui des jeunes libanais ont pété la gueule en 2000 et plus encore.

L'Iran NPR n'a jamais REFUSÉ D'AIDER LE LIBAN, IL A PROPOSÉ DE LE FAIRE ET CERTAINES FORCES EBAHIES ET IMPRESSIONNÉES N'Y ONT PAS DONNÉ SUITE.

L'IRAN ET LE LIBAN FORT D'AUJOURD'HUI montrent à qui veut l'entendre que NOTRE Liban est libre et indépendant des forces du passé qui nous ont plongé dans une guerre civile qui ne finit pas de nous ronger.

L'histoire s'écrira par les vainqueurs.

Gros Gnon

Yesssss!
On est les champions, on est les champions, on est on est on est les champions!!!
Hein?
De la mendicité?
Oui peut-être, mais on est les champions quand même.
Number one!
Les meilleurs du moooonde!!!
Fier d’être libanais!
Bel rouh, bel dam, etc...

L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

L,ARABIE EST DEPUIS TOUJOURS VENUE A L,AIDE DU LIBAN EN VRAIE AMIE SANS CREER DES MILICES ET DES INTERVENTIONS DANGEREUSES COMME C,EST LE CAS DE L,IRAN. MERCI MBS.

Tony Pantaloni

En attendant que l'Iran qui se dit "ami" du Liban (en verité ami des chiites uniquement) soutiennent financierement l'Etat Libanais. Sauf que les Iraniens n'en ont que faire de l'etat libanais. Tout ce qui leurs importe, c'est une ligne de defense illegale sur la Méditerranée. Les Iraniens sont fort a mettre leurs milice a la schlague et sa nous dis que sa vis en dignité

n'est pas independant qui veux.

C- F- Contributions et Interprétations

Et c'est pour quand le soutien financier de l'Iran, directement à l'Etat libanais ?

Amère Ri(s)que et péril.

Et comment donc !

À quoi devrait servir notre relation avec les bensaouds ? Qu'ils payent et se cassent .

On a pas besoin d'eux pour plus que ça , ils n'ont rien à nous apporter de plus .

Cherif Bedran

Vous vous rendez compte que la valeur du Eurobond Libanais ne vaut que 65% de sa valeur de base?

Et nous nous gargarisons des élucubrations et gymnastiques de la BDL?

Et nos illustres gouverneurs, élus et juges se pâment dans des réactions économiques ‘urgentes’ ?

À force d’avaler de travers on vomit, ou on crève!

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