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Économie

Le risque que le Liban « restructure » sa dette s’accentue, selon Moody’s

Conjoncture

Le ministre des Finances, Ali Hassan Khalil, a réagi hier en assurant que « la situation est sous contrôle ».


28/06/2019

L’agence de notation financière américaine Moody’s a estimé dans son analyse de crédit annuelle du Liban que le gouvernement risque fortement de programmer un rééchelonnement de la dette publique ou tout autre forme de restructuration, ce qui constituerait selon elle un défaut de paiement. « Malgré l’inclusion de mesures d’assainissement budgétaire dans le projet de budget 2019, le ralentissement des entrées de capitaux et la croissance plus faible des dépôts augmentent le risque que la réponse du gouvernement inclue un rééchelonnement de la dette », a écrit Moody’s dans son rapport daté de mardi puis relayé hier par Reuters.

La réaction du ministre des Finances, Ali Hassan Khalil, n’a pas tardé. Il a déclaré avant le début du Conseil des ministres que « la situation est sous contrôle ». Il s’est réuni plus tard dans la journée avec le Premier ministre, Saad Hariri, et le gouverneur de la Banque du Liban, Riad Salamé, pour évoquer notamment le rapport de Moody’s. Le ministre des Finances avait maladroitement déclaré en janvier au quotidien al-Akhbar qu’une « restructuration de la dette du pays était imminente », exacerbant ainsi les tensions sur les marchés qui étaient déjà en émoi à ce moment-là en raison de l’enlisement des négociations pour la formation du gouvernement Hariri III. Pour ne rien arranger, M. Khalil était ensuite revenu sur ses propos en expliquant avoir parlé d’un rééchelonnement de la dette, qui demeure un scénario tout aussi redouté par le secteur financier. Quelques jours plus tard, la décision de Moody’s de déclasser les obligations du Liban au rang de titres spéculatifs de mauvaise qualité est tombée comme un couperet.



(Lire aussi : Fitch doute de la faisabilité du budget de 2019)



La notation « Caa1 » maintenue
Depuis, la dette souveraine du Liban est notée « Caa1 », avec perspective « stable », par l’agence qui a maintenu la même notation dans son dernier rapport. Elle prévient toutefois qu’elle « dégradera la note de la dette souveraine si les déficits public et extérieur du Liban continuent de se détériorer et d’affaiblir sa stabilité financière ». Mais elle envisage de l’améliorer dans le cas où la probabilité que le gouvernement conduirait une restructuration de la dette diminue au cours des prochaines années, ce qui implique selon Moody’s la mise en œuvre de réformes budgétaires significatives à même de réduire le ratio dette/PIB.

Une restructuration de la dette signifie que l’État négocie avec les banques pour revoir à la baisse le principal (le montant du capital emprunté et pas seulement les intérêts). Dans ce cas-là, les banques encaisseraient d’importantes pertes, qui se répercuteraient sur les dépôts des épargnants. Un rééchelonnement de la dette, qui est aussi considéré par Moody’s comme une forme de restructuration, signifie que l’État renégocie avec les banques les termes de la dette en revoyant à la baisse les taux d’intérêt et en repoussant les échéances (payer sur dix ans au lieu de cinq ans, par exemple).

Moody’s affirme privilégier aussi ce scénario en raison du creusement de la dette publique, « l’un des plus élevés des dettes souveraines évaluées » par l’agence, avec un ratio dette publique/PIB qui a atteint 138,8 % en 2018, sans prendre en compte les dettes des établissements publics qui représentent 11,6 % du PIB. Moody’s souligne également que le Liban est, parmi tous les pays qu’elle évalue, celui ayant le plus haut ratio service de la dette/recettes publiques, puisque les dépenses annuelles de l’État pour paiement des intérêts de la dette représentent près de la moitié (46,9 %) des revenus générés annuellement par l’État. L’agence admet néanmoins que le Liban a toujours respecté ses engagements vis-à-vis de ses créanciers et couvert à temps ses échéances, malgré les tensions économiques et politiques tant au niveau local que régional, grâce notamment à l’intervention de la BDL.

Le gouvernement prévoit aussi de compter sur la BDL pour l’émission, prévue cette année, de bons du Trésor à taux réduit (à 1 %, alors qu’un bon du Trésor d’une maturité de deux ans est actuellement à 7 %) d’une valeur de 11 000 milliards de livres libanaises, soit plus de 7,2 milliards de dollars, ce qui a pour objectif de contenir la hausse du service de la dette face à la hausse des taux d’intérêt et de la dette cette année. Comme l’a confirmé mardi Riad Salamé, la BDL devra assumer seule le coût de cette opération. Le gouvernement envisageait dans un premier temps d’inclure également les banques commerciales, mais elles ont refusé, craignant que cela ait un impact négatif sur leur rentabilité.




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