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Cette fois-ci, Trump frappera-t-il l'Iran ?

Tensions Après des attaques de drones visant l'Arabie saoudite, le président américain fait face à l'une des décisions les plus importantes de sa présidence. 
OLJ/AFP/Jérôme CARTILLIER
16/09/2019

Donald Trump optera-t-il pour l'option militaire face à l'Iran? En juin, il avait reculé à la dernière minute. Après des attaques de drones visant l'Arabie saoudite, il fait face à l'une des décisions les plus importantes de sa présidence.

Une nouvelle fois, le dirigeant républicain est confronté au dilemme qui traverse son mandat : sa détermination à projeter - tweets guerriers à l'appui - l'image d'un président fort, et sa volonté, maintes fois répétée en campagne, de tourner la page de l'implication militaire américaine au Moyen-Orient, trop coûteuse à ses yeux.

Il y a trois mois, il avait renoncé, "10 minutes avant la frappe", pour, selon ses dires, éviter une décision disproportionnée après l'attaque visant un drone dans laquelle aucun Américain n'avait perdu la vie.


(Pour mémoire : Trump empêtré dans ses contradictions sur l’Iran)



Ce week-end, le secrétaire d'Etat américain Mike Pompeo a ouvertement accusé l'Iran et M. Trump a assuré que les Etats-Unis étaient "prêts à riposter", reprenant la même expression utilisée en juin. Plus prudent que le chef de la diplomatie, le président américain a cependant semblé vouloir gagner du temps en disant attendre des "vérifications" et s'en remettant au jugement de Riyad.

La question de la responsabilité de Téhéran dans l'attaque qui a provoqué des incendies dans deux installations pétrolières du groupe Aramco est pour l'heure au coeur des débats. La République islamique a qualifié d'"insensées" les accusations de M. Pompeo la visant.

Le locataire de la Maison Blanche souffle le chaud et le froid sur le dossier iranien, suscitant des interrogations sur sa stratégie sur ce dossier sensible. Ses atermoiements sur un éventuel face-à-face avec son homologue iranien Hassan Rohani la semaine prochaine à New York en marge de l'Assemblée générale de l'ONU sont, à cet égard, révélateurs. Tout au long de la semaine passée, il a alimenté l'idée d'une telle rencontre, laissant même entendre qu'une levée partielle des sanctions réclamée par Téhéran, n'était désormais plus taboue. Dimanche, d'un tweet, revirement spectaculaire: "Les Fake News disent que je suis prêt à une rencontre avec l'Iran +sans conditions". C'est inexact (comme toujours!)". Or, les déclarations récentes de ses plus proches collaborateurs sont en contradiction frontale. "Le président l'a dit clairement, il est prêt à une rencontre sans conditions préalables", a répété il y a quelques jours le secrétaire au Trésor Steven Mnuchin.



(Lire aussi : Le Golfe, une région durablement stratégique ?)



"Pas d'objectifs clairs sur l'Iran"
"Nous avons non seulement le flou de la guerre au Moyen-Orient concernant les attaques contre des installations pétrolières saoudiennes, mais aussi le flou de la politique étrangère concernant les Etats-Unis", s'alarme Richard Haas, président du Council on Foreign Relations. "Le président accuse l'Iran sans preuves, dément être prêt à des discussions sans conditions et n'a toujours pas d'objectifs clairs sur l'Iran", déplore-t-il.

Après des mois de vives tensions entre Washington et Téhéran, Donald Trump passera-t-il à l'acte au risque que l'escalade verbale laisse place à une escalade militaire ? A l'inverse, décidera-t-il, après avoir de nouveau eu recours à des propos menaçants dont il est coutumier, de choisir la voie de la diplomatie, quelques jours après le départ de son conseiller John Bolton connu pour ses positions va-t-en-guerre ?



(Lire aussi : Avec le départ de Bolton, le spectre de la guerre USA-Iran s’éloigne)



L'équation est compliquée pour le milliardaire républicain qui a toujours moqué l'indécision de son prédécesseur démocrate. A plusieurs reprises, M. Trump a affirmé que "le désastre syrien" serait terminé si Barack Obama avait fait respecter, en 2013, la ligne rouge qu'il avait lui-même tracée. Après avoir annoncé que les Etats-Unis étaient prêts à frapper des cibles du régime syrien après une attaque à l'arme chimique, il avait, à la stupeur générale, fait machine arrière.

Pour Ben Rhodes, ancien proche conseiller de Barack Obama, la séquence des dernières 48 heures montre d'abord que la stratégie de Donald Trump sur l'Iran - retrait de l'accord sur le nucléaire, "chèque en blanc aux Saoudiens pour leur guerre au Yémen" et "empilements de sanctions et de menaces" - est un échec. "La politique catastrophique de Trump nous a placés, de manière prévisible, au bord d'une guerre encore plus vaste", a-t-il déploré dans un tweet, mettant en garde contre une intervention militaire américaine aux conséquences imprévisibles.



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Bery tus

Oui cela ferais l’affaire des russes et chinois ... si c’est une guerre normale !! Mais les usa ou autres d’ailleurs je pense à la Russie, ne vas qu’effectuer des frappes bien ciblées si elle opte pour une réponse bien sur !!

Tony Pantaloni

Peu importe. L’Iran a dégradé significativement son image aux yeux du monde. Nommez moi un pays qui chante les louange de l’iran. Pas un seul! De surcroit, pas un pays ne risquera sa peau pour l’iran. Ce pays veux jouer au fort (peux être bien qu’il l’est) mais en face il ya plua fort. La guerre, elle est économique, et malheureusement l’iran est tres loin de faire le poid. Rien qu’hier ils ont annoncer supprimer les subventions pour 800,000 citoyens. Comme quoi, quand un tigre (en papier?) est blessé c’est la ou il est le plus aggressif

L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

QUE FERA-T-IL ? IL SOUFFLE LE CHAUD ET LE FROID D,UN MOMENT A L,AUTRE. JE CROIS QUE CETTE AGRESSION IRANIENNE CONTRE LES INSTALLATIONS D,ARAMCO EN SAOUDITE VA DEBOUCHER SUR UNE RENCONTRE TRUMP ROHANI CAR LES IRANIENS SE TROUVENT A DEUX POUCES D,UNE FRAPPE CONTRE LEUR PAYS QU,ILS NE DESIRENT GUERE.

Amère Ri(s)que et péril.

La dernière fois le clown avait arrêter une frappe 10mn avant son exécution, cette fois ci il l'arrêtera 5mn avant, que croyez vous c'est une prouesse quand même.

JE ME DEMANDE SI LES " IMPRESSIONNÉS " LOCAUX DU CLOWN AMERICAIN ENRAGENT PLUS PARCE QUE L'IRAN NPR FAIT PEUR À L'AMÉRIQUE OU S'ILS ENRAGENT PARCE QUE L'AMÉRIQUE N'OSE PAS S'Y FROTTER.

OU POURQUOI PAS LES 2 .

CEUX QUI PRIENT TOUS LES SAINTS QUE LES YANKYS S'ENGAGENT DANS UNE GUERRE DE L'AMÉRIQUE ET DE L'IRAN, CE SONT LES RUSSES ET LES CHINOIS.

CELA ARRANGERAIT LEURS AFFAIRES DE VOIR L'EMPIRE US S'EMBOURBER EN IRAN NPR.

THINK OVER IT.

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