Arabie Saoudite

Les Etats-Unis "prêts à riposter" aux attaques contre le pétrole saoudien

 Donald Trump fait pour la première fois allusion à une éventuelle réponse militaire. 


Donald Trump parle aux journalistes à la Maison Blanche, à Washington, le 12 septembre 2019. AFP / SAUL LOEB

Les Etats-Unis se sont déclarés dimanche "prêts à riposter" aux attaques de drones la veille contre des installations pétrolières en Arabie saoudite, qui ont entraîné une réduction de moitié de sa production, stratégique pour l'économie mondiale.

"L'approvisionnement en pétrole de l'Arabie saoudite a été attaqué. Il y a des raisons de croire que nous connaissons le coupable, sommes prêts à riposter en fonction des vérifications, mais nous attendons que le Royaume (saoudien) nous dise qui il estime être le coupable de cette attaque, et sous quelle forme nous devrons agir!", a tweeté Donald Trump, qui faisait ainsi pour la première fois allusion à une éventuelle réponse militaire. Dans un tweet précédent, le président américain avait "autorisé l'utilisation du pétrole de la Strategic Petroleum Reserve, si besoin, pour une quantité qui reste à définir".






Les rebelles yéménites houthis, soutenus par l'Iran et qui font face depuis cinq ans à une coalition militaire menée par Riyad, ont revendiqué ces attaques contre les installations du géant public Aramco.
Il n'y a aucune preuve que cette "attaque sans précédent contre l'approvisionnement énergétique mondial" soit venue du Yémen, avait commenté samedi le secrétaire d'Etat américain Mike Pompeo, accusant l'Iran d'être à l'origine de l'attaque et assurant que les Etats-Unis allaient oeuvrer pour assurer l'approvisionnement des marchés. 
Téhéran a jugé ces accusations "insensées" et "incompréhensibles", par la voix du porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Abbas Moussavi, qui a laissé entendre qu'elles avaient pour but de justifier "des actions futures" contre l'Iran.

L'Irak a de son côté réfuté tout lien avec l'attaque après que le Wall Street Journal a indiqué que des responsables américains et saoudiens étudiaient la possibilité que des missiles aient pu être tirés sur les installations pétrolières depuis l'Irak.
Le prince héritier saoudien Mohammad ben Salmane, dont le pays est le grand rival régional de l'Iran, a assuré que Riyad était "disposé et capable" de réagir à cette "agression terroriste". Mais James Dorsey, expert du Moyen-Orient à la S. Rajaratnam School of International Studies à Singapour, a estimé des représailles directes peu probables: "Les Saoudiens ne veulent pas d'un conflit ouvert avec l'Iran (...) Ils aimeraient que d'autres se battent pour eux, mais les autres sont réticents".


(Lire aussi : L'Arabie saoudite et les Émirats disent travailler à l'apaisement au Yémen)



Nervosité des marchés

La Bourse de Riyad a réagi à ces attaques en chutant de 3% à son ouverture, avant de reprendre une partie de ses pertes. Les explosions de samedi ont déclenché des incendies dans l'usine d'Abqaiq, la plus grande pour le traitement de pétrole au monde, et sur le champ pétrolier de Khurais. Selon le ministère saoudien de l'Intérieur, les attaques n'ont fait aucune victime.

L'infrastructure énergétique saoudienne avait déjà été touchée par les houthis, notamment en août et en mai, en représailles selon eux à la campagne de bombardement menée par Riyad contre des zones qu'ils contrôlent au Yémen. Mais cette frappe est d'un autre ordre: elle a provoqué une réduction brutale de production de 5,7 millions de barils par jour, soit environ 6% de l'approvisionnement mondial.
Cela pourrait ébranler la confiance des investisseurs dans Aramco, géant pétrolier qui prépare son introduction en Bourse. L'opération a été retardée plusieurs fois, notamment en raison de conditions défavorables.

Tandis que les marchés surveillent de près la réaction de l'Arabie saoudite, le PDG d'Aramco, Amin Nasser, a déclaré que "des travaux" étaient "en cours" pour rétablir la production.
Le prince Abdel Aziz ben Salmane, récemment nommé ministre de l'Energie, a assuré qu'une partie de la baisse de production serait compensée par les stocks.
Un retour à la normal complet de la production pourrait prendre des semaines, selon Bloomberg News citant des sources anonymes.
Riyad, premier exportateur mondial de pétrole brut, dispose de cinq gigantesques installations de stockage souterrain qui peuvent contenir des dizaines de millions de barils.


(Lire aussi : Washington confirme chercher une solution politique avec les houthis)



Installations vulnérables

Lors d'un entretien téléphonique entre le président américain Donald Trump et le prince héritier, la Maison Blanche a condamné les attaques contre des "infrastructures vitales pour l'économie mondiale".
Mais la Maison Blanche a fait savoir que M. Trump n'excluait toujours pas l'hypothèse d'une rencontre avec le président iranien Hassan Rohani malgré les accusations portées contre Téhéran.
L'envoyé de l'ONU au Yémen, Martin Griffiths, s'est déclaré "extrêmement préoccupé" par les attaques, également condamnées par des voisins de Riyad (les Emirats arabes unis, Bahreïn et le Koweït). Paris a exprimé sa "solidarité" avec Riyad.

Des ministres de l'Organisation de la coopération islamique (OCI), réunis à Jeddah, ont aussi condamné l'attaque. Il n'était pas clair si l'Iran était présent à la réunion de l'OCI, convoquée initialement pour examiner le plan du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu d'annexer des pans de la Cisjordanie occupée.
Le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres a condamné les attaques et appelé toutes les parties à "la retenue pour prévenir toute escalade", selon son porte-parole.
"Toute turbulence de ce genre ne contribue pas à la stabilisation du marché des hydrocarbures", a déclaré le porte-parole du Kremlin Dimitri Peskov au quotidien économique Vedomosti.

Riyad a dépensé des milliards de dollars en matériel militaire, mais pour les experts, les récentes attaques confirment la vulnérabilité des installations pétrolières dans le Golfe. 
Bien que les puits de pétrole du royaume soient dispersés et difficiles d'accès, ses installations de traitement du brut sont beaucoup plus exposées.



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Les Etats-Unis se sont déclarés dimanche "prêts à riposter" aux attaques de drones la veille contre des installations pétrolières en Arabie saoudite, qui ont entraîné une réduction de moitié de sa production, stratégique pour l'économie mondiale.

"L'approvisionnement en pétrole de l'Arabie saoudite a été attaqué. Il y a des raisons de croire que nous connaissons le...

commentaires (10)

Beaucoup de commentaires indignés pour le pétrole saoudien et le prestige américain... si seulement on pouvait voir ces mêmes commentateurs lorsque les saoudiens bombardent des mariages ou lorsque les israéliens annexent des territoires, détruisent des maisons, construisent des murs, etc... c’est qui les moutons déjà?

Chady

17 h 04, le 15 septembre 2019

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Commentaires (10)

  • Beaucoup de commentaires indignés pour le pétrole saoudien et le prestige américain... si seulement on pouvait voir ces mêmes commentateurs lorsque les saoudiens bombardent des mariages ou lorsque les israéliens annexent des territoires, détruisent des maisons, construisent des murs, etc... c’est qui les moutons déjà?

    Chady

    17 h 04, le 15 septembre 2019

  • Se méfier des "petits combattants" dans le monde d'aujourd'hui Surtout lorsqu'ils sont "supportes par des plus forts" La guerre et la "malfaisance" n'ont apparemment pas de limites pour eux Ceux qui ont de biens et des "négoces" vulnérables...ne devrait pas les "négliger, ignorer"

    Chammas frederico

    16 h 57, le 15 septembre 2019

  • Soyons pragmatiques ! Même si tout le pétrole Saoudien est interrompu, cela ne dérange nullement les Etats Unis (ni la Russie, d'ailleurs). Ceux qui seront affectés et mortifiés seraient l’Arabie Saoudite d’abord; les Européens, les Chinois, les Indiens et les Japonais. Par conséquent et à part ces derniers, pourquoi Trump doit faire quelques choses pour tous ces pays qui le reprouvent ouvertement (ou furtivement en cachette) et qui entravent sa politique mondiale (ou du moins, sa vue du monde) ? Juste une condamnation (pour la forme) est suffisante! Et les frappes vont se poursuivre et persister. Et l’Arabie Saoudite ? Que va-t-elle faire ? Pleurnicher ou faire face ?

    Aref El Yafi

    12 h 24, le 15 septembre 2019

  • En attendant de voir ce que le clown américain va faire ( lol) , on dit qu'il était impossible que les drones aient pu traverser le territoire bensaoud , soit 1800 km sans être repérés. Donc, il se pourrait que le coup puisse venir soit des alliés de la coalition arabe cad les abu dhabi avec qui les bensaouds sont en conflit, soit une complicité bensaoud de l'intérieur. Alors le clown.....pouett pouett..

    FRIK-A-FRAK

    12 h 08, le 15 septembre 2019

  • On va voir si cette fois Trump a la courage de riposter directement sur le sol iranien apres cette enorme provocation des mollahs qui jouent vraiment avec le feu.

    HABIBI FRANCAIS

    11 h 19, le 15 septembre 2019

  • Les Houthis yémenites sont de saints "résistants" de la même fabrication que les "résistants" du parti divin chez nous qui, sur ordre de leur saint guide suprême commun, ont reçu une mission divine: créer le chaos pour rendre notre Proche et Moyen Orient plus vivable pour les peuples qui ont la chance d'y vivre...ainsi que leurs troupeaux de moutons applaudisseurs. Et qui n'attendent que ces sauveurs de diverses couleurs munis de missiles indétectables ! Irène Saïd

    Irene Said

    10 h 53, le 15 septembre 2019

  • Non , mais sérieusement, est ce que quelqu'un ici peut réellement croire qu'on peut empêcher une puissance régionale comme l'Iran NPR de vendre son petrol , juste parce que on se déclare gendarme du monde pour autoriser ceux qui nous plaisent de le faire ? Franchement ? Fan Phare Rond .

    FRIK-A-FRAK

    10 h 37, le 15 septembre 2019

  • Dans la liste des pays dans la ligne de mire des résistants houtis, et pourquoi pas du hezb libanais de la résistance , tout dépendra comment vont évoluer les choses , donc dans cette ligne de mire sur abu dhabi, DUBAÏ etc... faut y ajouter le plus vilain d'entre eux , on ne le nommera pas, pour pas influer sur les élections du 17 Septembre.

    FRIK-A-FRAK

    10 h 26, le 15 septembre 2019

  • Il est urgent que les bensaouds quittent le Yémen où ils n'ont absolument rien à y faire , si ce n'est que pour servir de sac de sable aux américains. Il est encore plus urgent que les yankys quittent la région, c'est une ingérence régionale qui n'apporte que destruction et désolation. Il est urgent que les yanky aillent à Téhéran supplier les iraniens d'accepter de discuter leur retour dans l'accord nucléaire qu'ils ont signé et que sur un très mauvais conseil de leur complice usurpateur ils ont déchiré. PARCE QUE LES HOUTIS N'ONT PAS ENCORE DIT LEUR DERNIER MOT , ABOU DHABI, DUBAÏ SONT DANS LA LIGNE DE MIRE DE LEURS MISSILES INDETECTABLES PAR LES " PATRIOT" AMÉRICAINS QUI SE SONT AVÉRÉS ÊTRE DE LA QUINCAILLERIE DE BASSE QUALITÉ, PAYÉE À PRIX D'OR . STOP À L'ARNAQUE !

    FRIK-A-FRAK

    09 h 52, le 15 septembre 2019

  • L,IRAN EST DERRIERE CETTE AGRESSION HOUTIENNE COMME DERRIERE TOUTES LES AGRESSIONS ET INTERVENTIONS DANS TOUS LES PAYS ARABES PAR CHIITES ARABES INTERPOSES.

    L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

    09 h 49, le 15 septembre 2019