X

Économie

Hariri annonce une série d’engagements pour l’assainissement des finances publiques

Réformes

La réunion de Baabda n’a toutefois pas apporté d’éléments de réponse quant à l’alternative prévue par l’exécutif pour réaliser la majeure partie des économies budgétaires prévues dans le budget de 2019.

10/08/2019

Avant d’être le théâtre de la résolution de la crise de Qabr Chmoun, le palais de Baabda a accueilli, hier en début d’après-midi, une réunion élargie consacrée à la situation financière et économique du pays qui s’est achevée par une lecture, par le Premier ministre Saad Hariri, d’une série d’engagements pris par les participants lors de cette réunion, dont la bonne exécution du budget de 2019 (voté le 19 juillet au Parlement avec plus de sept mois de retard) et le vote du budget de 2020 dans les délais constitutionnels.

La réunion n’a toutefois pas apporté d’éléments de réponse quant à l’alternative prévue par l’exécutif pour réaliser la majeure partie des économies budgétaires prévues dans le budget de 2019 et qui devait initialement reposer sur une réduction du service de la dette, à travers une opération d’échanges de titres entre le ministère des Finances et la Banque centrale portant sur des bons du Trésor à taux réduit. Le gouvernement avait en effet basé son estimation du service de la dette dans le budget de 2019 sur cette opération qui devait porter sur des bons du Trésor à 1 % d’une valeur de 11 000 milliards de livres libanaises, soit plus de 7,2 milliards de dollars. Or, celle-ci n’aura pas lieu en raison du refus des banques d’y prendre part, ce qui aurait impliqué que la BDL assume seule le coût de cette opération.

Le gouverneur de la Banque du Liban, Riad Salamé, avait alors affirmé à L’Orient-Le Jour que d’autres moyens seraient trouvés avec le ministère des Finances pour assurer les économies budgétaires prévues. Présidée par le président de la République Michel Aoun, la réunion a rassemblée le Premier ministre Saad Hariri, le président du Parlement Nabih Berry et Riad Salamé. Les ministres des Finances, Ali Hassan Khalil, de l’Économie, Mansour Bteich, d’État pour les Affaires présidentielles, Salim Jreissati, le président de la commission parlementaire des Finances, Ibrahim Kanaan, le président de l’Association des banques du Liban (ABL), Salim Sfeir, ainsi que le directeur général de la présidence, Antoine Choucair, ont également participé à cette réunion économique.


(Lire aussi : L’austérité n’est pas la solution)


« Il a été convenu d’entreprendre une série de démarches afin de relancer l’économie et de renforcer la situation des finances publiques. Nous entamerons aussi la discussion du rapport de McKinsey et des remarques formulées par l’ensemble des parties sur ce rapport », a affirmé Saad Hariri. Le Premier ministre a fait part du « sentiment d’apaisement » exprimé par les participants lors de cette réunion économique suite à la résolution de la crise de Qabr Chmoun, qui se traduira par « un retour au bon fonctionnement des institutions ». Ainsi, le Conseil des ministres se réunira ce matin pour la première fois depuis les événements tragiques de la Montagne.

Les marchés avaient d’ailleurs anticipé la résolution de cette crise puisque le cours des eurobonds (les titres de dette en dollars émis par le gouvernement libanais) sur le marché secondaire extérieur a connu hier une légère hausse, a rapporté l’agence Reuters. Mais alors que le Liban craint une dégradation de sa note souveraine par les agences de notation américaines Standard & Poor’s et Fitch, les participants à la réunion ont renouvelé leur engagement à œuvrer pour le maintien de la stabilité du taux de change de la livre (par rapport au dollar) ainsi que la notation souveraine du pays. Ils se sont également mis d’accord sur la mise en place rapide d’une série de mesures énoncées brièvement par le Premier ministre à l’issue de la réunion :

- Le vote du budget de 2020 dans les délais constitutionnels, et une exécution fidèle du budget de 2019, des mesures qui y sont incluses et des recommandations de la commission parlementaire des Finances et du Budget.

- La mise en place d’un plan détaillé pour le lancement des projets d’investissement déjà approuvés par le Parlement (mais en suspens), dont la valeur totale atteint les 3,3 milliards de dollars, en procédant d’abord à l’approbation des expropriations nécessaires à leur lancement. De même pour les projets inclus dans le processus de la CEDRE (découlant de la conférence économique tenue à Paris en avril 2018) et prévoyant une modernisation des infrastructures du pays.


(Lire aussi : La ministre de l’Énergie dresse un premier bilan de son action)


- L’engagement à appliquer totalement le plan pour la réforme de l’électricité (porté par la ministre de l’Énergie Nada Boustani) et l’ensemble de ses différentes étapes.

- Le vote de l’ensemble des lois réformatrices concernant les adjudications publiques ; l’évasion fiscale ; les douanes ; les mesures fiscales ; et la coordination avec la commission parlementaire de la Modernisation des lois.

- La relance du travail des comités interministériels, particulièrement en ce qui concerne la restructuration de l’administration publique et de ses ressources humaines. Les établissements obsolètes devront être supprimés conformément aux lois déjà votées précédemment.

- La poursuite des démarches pour la réforme judiciaire et le renforcement du rôle joué par l’Inspection centrale et les organismes de contrôle ;

un contrôle plus sévère pour limiter le gaspillage et la corruption ; et des mesures visant à rendre plus rapides les formalités administratives.


Lire aussi

Bank Audi se veut rassurante malgré la conjoncture délicate

Le budget pour 2019 signé, celui de 2020 en ligne de mire

Le déficit public sur une bonne trajectoire en 2019

Budget 2019 : la Banque mondiale réitère ses félicitations et ses attentes

À la une

Retour à la page "Économie"

Vos Commentaires

Chère/cher internaute,
Afin que vos réactions soient validées sans problème par les modérateurs de L'Orient-Le Jour, nous vous prions de jeter un coup d'oeil à notre charte de modération en cliquant ici.

Nous vous rappelons que les commentaires doivent être des réactions à l'article concerné et que l'espace "réactions" de L'Orient-Le Jour, afin d'éviter tout dérapage, n'est pas un forum de discussion entre internautes.

Merci.

 

L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

COMMENCEZ PAR APPLIQUER LES MESURES AGREEES DANS LE BUDGET BIEN QUE MAIGRES ET A ETUDIER L,IMPOSITION D,AUTRES MESURES ET REFORMES PLUS SERIEUSES ET PLUS CONCRETES POUR REDUIRE LA DETTE PUBLIQUE ET PROMOUVOIR L,ECONOMIE.

Dernières infos

Les signatures du jour

Décryptage de Scarlett HADDAD

Avant la visite de Bassil en Syrie, Sergueï Lavrov attendu à Beyrouth

Les + de l'OLJ

1/1

Les articles les plus

A WEEKLY EDITION CURATED AND
PERSONALIZED BY OUR EDITORIAL TEAM

SIGN UP TO OUR NEWSLETTER IN ENGLISH

More Info See Sample
x

Pour enregistrer cet article dans votre dossier personnel Mon Compte, vous devez au préalable vous identifier.

L'Orient-Le Jour vous offre 5 articles

Nous sommes un journal indépendant, nous chérissons notre liberté qui découle de notre autonomie financière comme de nos principes éthiques. Votre soutien, cher lecteur, est plus que nécessaire pour pérenniser nos initiatives.

Je poursuis la lecture

4

articles restants