X

Économie

Bank Audi se veut rassurante malgré la conjoncture délicate

Rapport

Le département de recherche de la banque rappelle cependant que plusieurs voyants sont au rouge.

P.H.B. | OLJ
08/08/2019

Le département de recherche de Bank Audi a livré un constat plutôt optimiste sur la conjoncture économique dans son dernier rapport sur l’économie libanaise publié hier et basé sur les performances des principaux indicateurs au premier semestre. Constatant le « ralentissement accru » de l’activité sur cette période – le gouverneur de la Banque du Liban (BDL) a estimé fin juin que la croissance avait été nulle sur les premiers mois de 2019 – la banque estime que le pays peut encore « éviter la récession ».

Elle rappelle en outre que le Fonds monétaire international table toujours sur une prévision de croissance de 1,3 % en 2019, actualisée en avril. Un seuil que l’organisation internationale n’a pour l’instant pas révisé, même si le rapport complet devant être publié suite à la visite de ses experts au Liban, dans le cadre des consultations annuelles menées par l’organisation au titre de l’article IV de ses statuts relatif à sa mission en matière de surveillance, est attendu mi-septembre.

Entre-temps, les agences de notation financière Fitch et Standard & Poor’s auront mis à jour leurs évaluations respectives de la note souveraine du pays, soit en la maintenant ( « B- » avec perspective « négative » pour chacune d’entre elles) soit en la dégradant. La troisième principale agence américaine, Moody’s, avait pris les devants en dégradant d’un cran la notation du Liban ( « Caa1 », « stable » ). La dette publique a atteint 85,73 milliards de dollars à fin juin (+3,4 % en un an).


(Lire aussi : Rapport sur le Liban : le FMI reste diplomate dans ses conclusions)



Hausse des exportations

Parmi les facteurs pouvant contribuer à maintenir un certain niveau de croissance en 2019, Bank Audi cite notamment la consommation privée « qui bénéficie de l’amélioration des performances dans le secteur touristique ». Les premiers mois de l’année ont en effet été marqués par une hausse du nombre de visiteurs (+8,3 % au premier semestre, pour 923 820 personnes enregistrées par le ministère du Tourisme) ou encore des dépenses détaxées des touristes (+12 % à fin juin, selon Global Blue, société suisse spécialisée dans la restitution de la TVA sur leurs achats).

Le rapport cite également la hausse des exportations (+9,2 % à fin mai, 1,4 milliard de dollars selon les derniers chiffres disponibles, suite à la réouverture des voies d’exportations terrestres fin 2018) parmi les indicateurs positifs, même si cela n’a pas suffi à freiner l’augmentation du déficit commercial (+10,2 %, 7,3 milliards de dollars). La contraction du déficit public sur les cinq premiers mois (-18,3 % à 2,39 milliards de dollars), atteinte notamment à travers une baisse des dépenses publiques (-11,2 %, 6,85 milliards de dollars), fait également partie des indicateurs positifs évoqués, avec « le rebond » des avoirs en devises de la Banque du Liban constaté « en juillet », après un premier semestre de baisse. Après avoir perdu 3,3 milliards de dollars lors des six premiers mois, pour atteindre 36,4 milliards, ces réserves sont passées à 37,1 milliards « courant juillet », grâce aux « nouvelles opérations financières de la BDL ». Le ratio de couverture de la masse monétaire en livres par les avoirs extérieurs est passé de 77,8 % à fin 2018 à 74,1 % à fin juin, puis 75,5 % en juillet, précise le rapport.


(Lire aussi : Salamé confirme une nouvelle opération de la BDL avec les banques)



Réforme de l’électricité et budget

Sur le plan institutionnel, la banque souligne notamment le plan pour l’électricité, adopté en avril par le gouvernement, et sur lequel le ministère de l’Énergie a affirmé avoir commencé à travailler, en s’attaquant dans un premier temps aux pertes sur le réseau de distribution. Le rapport souligne également l’adoption mi-juillet par le Parlement du budget pour 2019, qui tente de poser les bases d’une réduction durable du déficit public (le texte vise un ratio de 7,45 % du PIB, contre 11,2 % en 2018) comme avancées encourageantes. L’évolution de ces deux chantiers sont très attendus par les donateurs présents lors de la conférence de Paris d’avril 2018 (CEDRE) envers lesquels les dirigeants libanais se sont engagés à lancer des réformes pour obtenir le déblocage de plus de 11 milliards de dollars de prêts et dons devant servir à financer des projets d’infrastructures inclus dans le programme d’investissement (Capital Investment Plan, CIP) préparé par le gouvernement.

Bank Audi souligne néanmoins que la situation reste délicate. Parmi les facteurs d’inquiétude, la banque cite notamment le déficit de la balance des paiements (5,4 milliards de dollars à fin juin), la contraction d’une partie des indicateurs bancaires (les dépôts ont reculé de 0,7 % en un an à fin juin) ou encore l’activité de prêts aux entreprises (-85,1 % en un an pour les prêts Kafalat aux PME investies dans les secteurs productifs, à 4,3 millions de dollars). Le premier semestre a en outre été marqué par la poursuite de l’effondrement de l’activité dans le secteur immobilier, qui dure depuis la suspension, puis le resserrement entre fin 2017 et début 2019, des mécanismes de subventions des intérêts sur les prêts au logement de la BDL. Le nombre de transactions immobilières a par exemple reculé de 20,1 % en un an (21 957 opérations), tandis que celui de nouveaux permis de construire s’est contracté de plus de 30 % (5 760).


Lire aussi

La décision de la Fed donne un peu d’air au Liban

À la une

Retour à la page "Économie"

Vos Commentaires

Chère/cher internaute,
Afin que vos réactions soient validées sans problème par les modérateurs de L'Orient-Le Jour, nous vous prions de jeter un coup d'oeil à notre charte de modération en cliquant ici.

Nous vous rappelons que les commentaires doivent être des réactions à l'article concerné et que l'espace "réactions" de L'Orient-Le Jour, afin d'éviter tout dérapage, n'est pas un forum de discussion entre internautes.

Merci.

 

Saturne

J'AIME BIEN LE TITRE ET LA PHOTO.
Diriez-vous qu'il faut aller prier tres fort pour que les predictions se fassent ?

Gebran Eid

L'EFFONDREMENT C'EST UNE QUESTION DE TEMPS. LES RESPONSABLE POLITIQUES SE PRÉPARENT DE QUITTER LE PAYS. HARIRI EN VACANCES DÉJÀ ET BASSIL PRÉPARE SA VALISE.

L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

NE POUVANT RIEN ESPERER DES ABRUTIS QUI NOUS GOUVERNENT NOUS N,AVONS QU,A PRIER DIEU DE GARDER EN BONNE SANTE LE PAYS.

Dernières infos

Les signatures du jour

L’édito de Élie FAYAD

L’État sourd-muet

Décryptage de Scarlett HADDAD

Trois grands dossiers au menu des rencontres du chef de l’État

Les + de l'OLJ

1/1

Les articles les plus

A WEEKLY EDITION CURATED AND
PERSONALIZED BY OUR EDITORIAL TEAM

SIGN UP TO OUR NEWSLETTER IN ENGLISH

More Info See Sample
x

Pour enregistrer cet article dans votre dossier personnel Mon Compte, vous devez au préalable vous identifier.

L'Orient-Le Jour vous offre 5 articles

Nous sommes un journal indépendant, nous chérissons notre liberté qui découle de notre autonomie financière comme de nos principes éthiques. Votre soutien, cher lecteur, est plus que nécessaire pour pérenniser nos initiatives.

Je poursuis la lecture

4

articles restants