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Liban - crise

Qabr Chmoun : face à l’impasse, rebelote pour un nouveau round de tractations...

Les chefs religieux réunis sous la houlette de Naïm Hassan ; Joumblatt chez Hariri ; Ibrahim confère avec Arslane.

Saad Hariri s’entretenant avec Walid Joumblatt en présence de MM. Sabeh, Bou Faour et Chehayeb. Photo Dalati et Nohra

Comme pour contenir l’escalade survenue durant le week-end entre le chef du Parti socialiste progressiste, Walid Joumblatt, et son principal rival sur la scène druze Talal Arslane avec, en toile de fond, la crise politique suscitée par l’incident de Qabr Chmoun le 30 juin dernier, les contacts en vue d’une solution à même de relancer le cabinet se sont intensifiés hier.

Il n’en reste pas moins que comme à chaque impasse politique, les autorités religieuses s’invitent dans la partie, formant une espèce de recours. Hier, tous les chefs religieux se sont réunis sous la houlette du cheikh Akl druze, Naïm Hassan, afin de plaider pour la relance du cabinet.

Ce n’est pas la première fois que se tient un sommet religieux pour tirer la sonnette d’alarme en soulignant la nécessité de préserver la Constitution, l’accord de Taëf et le vivre-ensemble. Mais c’est la première fois qu’une telle réunion de haut niveau se tient à l’initiative de la communauté druze pour réitérer l’attachement de celle-ci à la réconciliation druzo-chrétienne de 2001.

À la fin du meeting tenu à la Maison druze en présence de l’écrasante majorité des chefs religieux, notamment le patriarche maronite Mgr Béchara Raï, le mufti de la République, le cheikh Abdellatif Deriane, le patriarche grec-orthodoxe, Youhanna X Yazigi, le cheikh Ahmad Khatib, représentant le président du Conseil supérieur chiite, le cheikh Abdel Amir Kabalan, pour ne citer que quelques exemples, les dignitaires ont publié un communiqué dans lequel ils ont exprimé leur attachement à « l’unité nationale rassemblant les familles spirituelles libanaises, conformément aux règles de la citoyenneté, du vivre-ensemble et du pluralisme, telles que définies par l’accord de Taëf (…) ». « Partant, toute atteinte au vivre-ensemble dans n’importe quelle région, notamment la Montagne, est une atteinte au message du Liban, et est à même d’exposer son présent et son avenir à des crises », ajoute le texte.

Exprimant « (leur )peine » quant à l’incident de la Montagne du 30 juin dernier, ils ont rappelé que ces heurts entre des éléments du Parti socialiste progressiste de Walid Joumblatt et d’autres relevant du Parti démocrate libanais de Talal Arslane (qui avaient coûté la vie à deux partisans du ministre d’État pour les Affaires des réfugiés, Saleh Gharib, représentant de Talal Arslane au sein du cabinet), « ont mené à la paralysie du Conseil des ministres, à l’heure où celui-ci est un besoin pour la stabilité politique et sécuritaire ». Ils ont appelé à trouver la solution à même de rétablir le cours normal de l’activité gouvernementale.

Évoquant la réconciliation de 2001, les dignitaires religieux l’on qualifiée de « trésor », insistant sur son importance morale et nationale, et sa dimension liée au pacte national.

Parallèlement au sommet religieux, les efforts en vue d’une sortie de crise ont été relancés hier en vue de redynamiser le Conseil des ministres – paralysé depuis le 2 juillet à cause de l’insistance de Talal Arslane de transférer devant la Cour de justice les échauffourées du 30 juin, contrairement à la position de Walid Joumblatt, du Premier ministre Saad Hariri, du président de la Chambre Nabih Berry et des Forces libanaises.


(Lire aussi : Redynamiser le gouvernement, la mission plus difficile que jamais de Saad Hariri)


Le Futur : Gare aux messages conditionnés
Quatre semaines après le blocage, M. Hariri campe sur sa position : il est déterminé à user de ses prérogatives tant pour convoquer le gouvernement à une réunion que pour en définir l’ordre du jour. Une façon pour lui d’éviter de transposer la polémique autour de la Cour de justice au Conseil des ministres. C’est d’ailleurs à la faveur de cette logique que le bloc parlementaire du Futur a fermement répondu à Talal Arslane. Ce dernier avait tenu, lundi, une conférence de presse au cours de laquelle il s’était dit favorable à la tenue d’une réunion du cabinet dans les plus brefs délais. Mais il avait toutefois estimé que si le gouvernement se réunit, il devra commencer par examiner la question de la saisine de la Cour de justice.

Des propos auxquels le bloc haririen a réagi en rappelant que « si l’intérêt du pays exige la relance du Conseil des ministres, les règles constitutionnelles veulent que l’on cesse d’adresser des messages politiques conditionnés à la présidence du Conseil », souligne le communiqué publié à l’issue de la réunion hebdomadaire du bloc à la Maison du Centre sous la présidence de Bahia Hariri, députée de Saïda. « La présidence du Conseil réaffirme pour la énième fois qu’elle est la seule compétente pour convoquer le cabinet, élaborer l’ordre du jour de ses réunions et en informer le président de la République », ajoute le texte, soulignant que « tout appel à imposer des points à l’ordre du jour n’est qu’une entrave à l’action gouvernementale ».


(Lire aussi : Ce qu'il faut savoir sur la parité islamo-chrétienne dans la fonction publique au Liban)


Hariri et Ibrahim
Quoi qu’il en soit, Saad Hariri continue de s’abstenir de convoquer son équipe à une réunion. Il n’en reste pas moins que selon un proche du Premier ministre, contacté par L’Orient-Le Jour, M. Hariri espère pouvoir tenir un Conseil des ministres cette semaine. Il parie donc sur les contacts en cours en vue d’une sortie de crise. C’est dans ce cadre que s’inscrit sa rencontre tenue hier à la Maison du Centre – et poursuivie autour d’un dîner – avec Walid Joumblatt. Étaient présents les ministres de l’Éducation, Akram Chehayeb, et de l’Industrie Waël Bou Faour, ainsi que Bassem Sabeh, conseiller de M. Hariri.

Parallèlement, le directeur de la Sûreté générale, Abbas Ibrahim (de retour à Beyrouth après un bref déplacement au Qatar), a mené une nouvelle phase de contacts afin de sortir le cabinet de l’impasse actuelle. Il s’est ainsi rendu à Khaldé pour rencontrer M. Arslane. Selon la chaîne MTV, le patron de la SG a proposé au chef du PDL une solution prévoyant de déférer toutes les personnes impliquées dans les affrontements de Qabr Chmoun devant le tribunal militaire, avant de passer à la Cour de justice, si besoin est. Une information que les milieux du PDL joints en soirée par L’OLJ ont préféré ne pas confirmer, se contentant de souligner que le parti est favorable à toute proposition qui mènerait l’affaire devant la Cour de justice.


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commentaires (4)

LOL c'est pire qu'une maternelle :)

radiosatellite.online

23 h 23, le 31 juillet 2019

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Commentaires (4)

  • LOL c'est pire qu'une maternelle :)

    radiosatellite.online

    23 h 23, le 31 juillet 2019

  • L,AFFAIRE A PRIS DES DIMENSIONS DE POLITIQUE NON NATIONALE. CEUX QUI VEULENT IMPOSER LEUR POINT DE VUE ET CELLE DE LEURS MAITRES ETRANGERS SONT LES RESPONSABLES.

    L,EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

    13 h 52, le 31 juillet 2019

  • Tout ce qui mener à l'affaiblissement de joumgirouette est bon pour le pays. Ce monsieur a été tout au long de sa vie politique libanaise nocif pour le déroulement d'une bonne société équilibrée. Rien que le nom de son parti qui n'a de socialiste que l'initiale S.

    FRIK-A-FRAK

    09 h 47, le 31 juillet 2019

  • La paralysie du Conseil des ministres n'est pas due aux incidents de Qabr Chmoun mais à ceux qui exploitent la situation pour tirer les ficelles d'Arslane et empêcher la tenue des séances du Conseil des ministres. Arslane à lui seul ne peut pas bloquer le Conseil des ministres. Gareib est libre de bouder dans son coin. Mais où est donc Hariri? Il n'a qu'à convoquer le Conseil des ministres pour exposer les détracteurs. En vu de la mauvaise situation du pays on peut dire que les détracteurs sont d'emblée des malfaiteurs qui devraient rendre des comptes au peuple Libanais. Mais ou est donc Bassil? J'espère qu'il ne fait parti du camp des détracteurs.

    Zovighian Michel

    06 h 23, le 31 juillet 2019

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