Nabih Berry, hier, avec Talal Arslane. Photo Hassan Ibrahim
Les efforts déployés pour trouver une solution à la crise politique causée par les événements de Qabr Chmoun continuent à être infructueux. Dans une volonté de sortir de l’impasse, le président du Parlement Nabih Berry a reçu longuement Talal Arslane, chef du Parti démocrate libanais (PDL). Mais la réunion, qui s’est tenue en présence du ministre d’État pour les Affaires des réfugiés Saleh Gharib, n’a pas pour autant contribué à un déblocage, M. Arslane ayant continué à insister à l’issue de l’entretien de déférer devant la Cour de justice cette affaire dans laquelle deux de ses partisans avaient été tués le 30 juin lors d’affrontements avec des partisans du chef du Parti socialiste progressiste (PSP) de Walid Joumblatt, qui tentaient d’empêcher le passage du convoi de M. Gharib.
« Nous ne voulons ni faire de préjugés, ni accuser injustement, ni manipuler l’enquête. Tout ce que nous demandons, c’est de déférer le dossier à la Cour de justice car ce qui est arrivé fait honte à l’État », a déclaré M. Arslane. « Ce qui nous préoccupe, c’est que d’aucuns jouent aux plus fins pour tenter de minimiser ce qui s’est passé (…), a-t-il ajouté, s’interrogeant comment, lorsque la voiture d’un ministre est visée par dix-neuf balles, peut-on se permettre de dire que ce qui est arrivé est une erreur ou un tir au hasard ? » Et de répondre : « Il s’agit bien d’un guet-apens et d’une tentative d’assassiner un ministre du gouvernement libanais. » « Notre insistance à confier le dossier à la Cour de justice se fonde sur le respect du sang de nos deux martyrs et la préservation de la paix civile », a poursuivi le chef du PDL, mettant en garde contre le risque de voir les proches des deux jeunes gens « se faire justice eux-mêmes ». M. Arslane a enfin appelé à « soumettre à un vote en Conseil des ministres la question du transfert du dossier à la Cour de justice, à défaut d’un consensus préalable ».
La riposte de Walid Joumblatt ne s’est pas fait attendre. « L’incident de Bassatine (Qabr Chmoun) est le fruit du chaos dû à de précédents débordements miliciens qui avaient mené au crime de Choueifate, à la suite duquel son auteur s’est enfui en Syrie. Je pense donc qu’il est temps de joindre les deux affaires en vue de laisser les autorités décider si la Cour de justice est compétente pour les examiner toutes deux », a écrit M. Joumblatt. Pour rappel, le jeune Ala’ Abou Faraj, proche du PSP, avait été tué lors d’échauffourées avec des partisans du PDL dans cette localité du caza de Aley, au lendemain des élections législatives de mai 2018.
(Lire aussi : Joumblatt à « L’OLJ » : « Le dialogue ? Oui. La capitulation ? Jamais ! »)
Convocation du Conseil des ministres ?
Du fait que chacun des deux protagonistes campe fermement sur ses positions, le Conseil des ministres ne s’est pas tenu depuis plus de trois semaines, afin d’éviter une probable implosion que risquerait de produire un débat sur la question de la compétence de la Cour de justice. Mais selon des sources proches du courant du Futur, le chef du gouvernement Saad Hariri semble avoir décidé de dissocier l’action gouvernementale des développements liés à l’affaire de Qabr Chmoun, considérant que celle-ci peut être réglée par les moyens légaux et judiciaires. M. Hariri devrait, dans cet esprit, convoquer dans les prochaines 48h ses collègues à une séance qui aurait lieu en fin de semaine ou au début de la semaine prochaine, à défaut de quoi, met en garde la source précitée, ceux qui cherchent à torpiller indéfiniment le Conseil des ministres devront assumer leurs responsabilités.
Dans une même volonté de dépasser la crise politique, Nabih Berry s’est déclaré « étonné » hier que la convocation à une séance du Conseil des ministres n’a pas encore eu lieu. Ali Bazzi, député de son groupe parlementaire, a affirmé à Aïn el-Tiné, à l’issue de la rencontre hebdomadaire de M. Berry avec un groupe de députés, que ce dernier a évoqué nombre de dossiers qui attendent d’être traités, en l’occurrence « les travailleurs palestiniens, la crise des déchets, les nominations au Conseil constitutionnel… ».
(Lire aussi : Qabr Chmoun : la suite de l’enquête a été confiée au tribunal militaire)
Reddition
Un observateur affirme que le sabotage du Conseil des ministres sous prétexte de l’affaire de Bassatine « cache la volonté de soumettre M. Hariri et de resserrer l’étau autour des forces souverainistes, avec à leur tête le PSP ». Il estime que pour prouver le contraire, toutes les parties devraient se réunir en vue de plancher sur les dossiers socio-économiques urgents et laisser la justice faire son travail dans la question des événements de la Montagne.
Marwan Hamadé, député du groupe parlementaire joumblattiste, a d’ailleurs affirmé hier matin lors d’un entretien à la Voix du Liban (93.3) que « la question à l’heure actuelle n’est plus le jugement de l’incident de Qabr Chmoun, puisqu’il s’agit maintenant d’assiéger Saad Hariri et son gouvernement dans le but de conclure un arrangement dans le sens d’une reddition ». « Cela ne se passera pas ainsi », a-t-il assuré.
À la question de savoir si la convocation à une séance du Conseil des ministres pourrait être effectuée sans que le dossier de Qabr Chmoun soit inscrit à l’ordre du jour, le député joumblattiste a affirmé que « tel est le droit de M. Hariri, mais il est à craindre que le sujet soit évoqué en dehors de l’ordre du jour, ce qui risque de faire exploser le gouvernement et d’aboutir à une crise du régime ». « C’est ce sur quoi doit s’attarder le Courant patriotique libre », a lâché M. Hamadé.
Dans le même esprit, Wehbé Katicha, député des Forces libanaises (FL), se demande « pourquoi ils veulent donner le choix entre la Cour de justice et le gouvernement ». Dans un entretien avec l’agence al-Markaziya, il affirme que « l’obstination de Talal Arslane à maintenir sa revendication signifie que Saad Hariri et avec lui le gouvernement sont visés », estimant qu’« il y a quelque chose de politique qui se prépare et dépasse la question de la Cour de justice ».
Le siège autour du chef du gouvernement et du chef du PSP est revenu dans un tweet écrit hier par Farès Souhaid, président du Rassemblement de Saydet el-Jabal. « Nous appelons à un Conseil des ministres en vue d’une solution nationale qui rassemble. Nous percevons le danger que constitue le ciblage de Walid Joumblatt par le Hezbollah et (Hafez) Assad. Nous mettons en garde tant contre l’étau, car il conduit toujours à des voies fermées, que contre une discorde interdruze ou druzo-chrétienne ». « Lors d’un entretien avec Imad Marmal (il y a près de deux semaines, sur la chaîne al-Mayadine), Hassan Nasrallah avait demandé de déférer le dossier de Qabr Chmoun devant la Cour de justice. Quelqu’un a-t-il depuis entendu de sa part des propos contraires ? » a écrit M. Souhaid, dans un autre tweet.
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une impasse... On l'a toujours dit... Apprenez bien votre code de la route les gars... Vous verrez de loin "les impasses" et vous éviterez de la prendre.. Vous prenez déjà les "sens interdits", la circulation sur la bande d'arrêt d'urgence ( quoique elle est utilisée pour les pique nick ) ...Là, c'est l'impasse que vous choisissez.. Circulez..y a rien à voir :)
23 h 07, le 25 juillet 2019