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Liban

Des sociétés proches du Hezbollah pourraient être prochainement visées par les sanctions US

Liban-US

Washington ne serait toujours pas décidé à sanctionner les alliés politiques du parti chiite

OLJ
23/07/2019

Il y a une dizaine de jours, les États-Unis décidaient d’élargir le champ d’application des sanctions contre le Hezbollah en y incluant des personnalités politiques et sécuritaires du parti chiite. Inédites dans le genre, ces nouvelles sanctions qui ont visé Mohammad Raad, le chef du groupe parlementaire du Hezbollah, le député Amine Cherri et le responsable du service de sécurité du parti Wafic Safa ont été interprétées par de nombreux analystes comme une nouvelle mise en garde adressée par Washington au gouvernement libanais, plus précisément aux alliés politiques du parti chiite, invités à se distancier d’une formation qualifiée de terroriste par l’administration américaine.

Depuis, les interrogations se multiplient sur la prochaine étape de cette campagne d’encerclement du Hezbollah, destinée à réduire son influence au Liban comme ailleurs dans le monde, où plusieurs personnalités accusées d’être proches du parti ont été frappées de sanctions similaires.

La question est désormais de savoir jusqu’où ira l’administration US dans sa politique d’intimidation, et si elle compte élargir encore plus le spectre des sanctions, en y incluant non seulement des « associés » du Hezbollah notamment au sein du spectre politique, mais aussi les sociétés soupçonnées de contribuer, directement ou indirectement, au financement du parti.

Dans un article publié hier sur le site Independent Arabia – un média réputé pour sa proximité avec le régime saoudien –, Amjad as-Saïd affirme, en citant des sources américaines, que le Trésor s’apprête à ajouter sur la liste des entités à sanctionner « plusieurs sociétés libanaises accusées de soutenir le terrorisme ». Ces sociétés, explique l’auteur, travaillent dans le secteur du bâtiment et du développement et auraient remporté « des contrats auprès de l’État libanais variant entre un et dix millions de dollars ».

Si elles sont pointées du doigt et placées sur la liste noire américaine, cela ne manquera pas d’embarrasser le gouvernement libanais, commente l’auteur qui publie les noms d’une dizaine de sociétés qui seront ciblées, en précisant que cette liste n’est pas finale et que d’autres compagnies suivront.

« Ces sociétés opèrent sous une couverture civile et constituent actuellement un pourvoyeur de fonds important pour le Hezbollah pour l’aider à financer ses activités au Liban après que les robinets iraniens ont été asséchés » du fait des sanctions US qui frappent également Téhéran, poursuit l’article. L’auteur précise que certaines parmi ces sociétés relèvent directement du parti chiite, alors que d’autres ont des prête-noms d’hommes d’affaires chrétiens, « histoire d’éloigner les soupçons ».


(Lire aussi : Washington sanctionne un membre du Hezbollah accusé de l'attentat antisémite de Buenos Aires)


C’est un point de vue similaire que répercute l’agence al-Markaziya, qui indiquait hier que le Trésor américain détiendrait effectivement une liste de « responsables et de sociétés relevant du Hezbollah qui s’allonge jour après jour ». La liste englobe des individus et des entités opérant non seulement à partir du Liban, mais également de plusieurs autres pays dont certains seraient impliqués dans des opérations de narcotrafic et de blanchiment d’argent, ou de contribution au programme nucléaire iranien.

Citant des sources informées, l’agence précise que le Trésor américain est actuellement en train d’effectuer les dernières vérifications des noms placés sur une longue liste de personnes et entités passibles d’être sanctionnées dans plusieurs pays, notamment en Afrique et en Amérique latine.

Les sanctions à venir ne devraient toutefois pas toucher des personnalités politiques libanaises considérées comme proches du Hezbollah, selon al-Markaziya. La raison, précisent encore les mêmes sources, est que le climat politique ne s’y prête pas encore. De surcroît, ajoute l’agence, la question de durcir les sanctions touchant des personnalités politiques libanaises ne fait toujours pas l’unanimité à Washington. D’autant que, selon certains conseillers de l’administration américaine, le Liban ne saurait supporter de plus amples secousses par les temps qui courent.


(Lire aussi : Maduro nie qu'un de ses ministres soit lié au Hezbollah)



On le sait déjà : il existe deux écoles aux États-Unis, l’une qui plaide pour que la stabilité du Liban soit maintenue, une autre qui préfère resserrer l’étau autour du Hezbollah dans le cadre d’une confrontation avec l’Iran, et qui semble prendre le dessus. L’agence al-Markaziya indique toutefois qu’un certain nombre de sociétés soupçonnées de soutenir le Hezbollah auraient reçu par des canaux américains indirects des mises en garde les sommant de cesser leurs activités d’appui au parti chiite.

Les sanctions prises contre le Hezbollah ne sont pas récentes et ont touché à ce jour une série de personnalités relevant des deux branches militaire et politique du parti. L’administration américaine a ainsi ciblé progressivement huit membres du conseil central de la choura relevant du Hezbollah. En mai 2017, la première cible a été Hachem Safieddine, à la tête du conseil exécutif du parti. En mai 2018, cinq autres membres ont été visés : le secrétaire général Hassan Nasrallah, son adjoint Naïm Kassem et son assistant aux affaires politiques Hussein Khalil, Ibrahim Amine al-Sayyed, qui préside le conseil politique, et Mohammad Yazbeck, qui dirige le conseil judiciaire.


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Honneur et Patrie

Rien qu'en regardant de près la photo ci-haut de Hassan Nasrallah, vous vous demandez est-ce bien lui le Hassan Nasrallah le doux, l'aimable, le souriant, le sympathique qui tapait amicalement sur les épaules de Michel Aoun en 2006 au salon de l'église de Mar-Mikhaël à Chiyah ?
Je crois que la photo nous montre un sosie et que la photo est prise dans un bunker à 20.000 lieues sous Haret-Hreik.

L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

EYEM AL SABER 7ALAT WA EYEM AL NASR WALAT.

MAKE LEBANON GREAT AGAIN

C'est triste de voir ou nous menent les personnes Libanaises parfois meme de qualite mais qui sont vendus a un Iran retrograde qui ne cherche que la petite bete a ses voisins et a eliminer un pays prospere, Israel eloigne de lui de milliers de kilometres et qui n'a jamais chasse un chiite de Palestine mais des sunnites qui sont les ennemis jures de l'Iran

ALLEZ COMPRENDRE ………………

Remy Martin

Mais dis-donc, il est tout rouge. Ne risque-t-il pas l'apoplexie ?

Pierre Hadjigeorgiou

Le compte a rebours qui avait débuté en 2005, prend toute son ampleur avec un Président Américain qui ne badine pas. Il a les tnuts pour aller de l'avant et n'a de compte a rendre a personne. Il est la pour encore un mandat et après lui suivre Pence.

Dans ces mêmes colonnes j'avais écris au début de sa campagne électorale tumultueuse: "Reagan nous a libéré de l'occupation Palestiniennes, Bush de celle des Syriens, Trump nous sortira de l'emprise Iranienne". Patience et nous y arrivons. Lentement mais surement. La seule chose qui inquiète est que cela n'arrive avec une destruction presque totale du pays. Espérons que le peu de Libanisme qui reste dans le sang des Hezbollahis et consorts se réveille avant et en temps du.

MIROIR ET ALOUETTE

Il est temps , grand temps que le pays usurpateur se mette à table et discute enfin de la paix .

Sa politique de guerre perpétuelle est arrivée à un échec irreversible .

Il n'y a plus d'hommes en israel capable de se battre contre les vaillants combattants de la résistance du hezb libanais.

Et ces mesures de sanctions etc... C'est une perte de temps, cela ne mènera à rien d'autres que de tromper l'opinion des pauvres israéliens sur des succès stériles.

MIROIR ET ALOUETTE

Ça va en faire des heureux , les malheureux !

HABIBI FRANCAIS

Washington doit sanctionner tous les allies du hezbollah,y compris le CPL.

L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

CELA VA SEMER LE CHAOS FINANCIER AU LIBAN.

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