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À La Une - Liban

Affrontements de Qabr Chmoun : le dossier transmis au tribunal militaire

Le recours à la justice militaire ferait partie de l'issue trouvée pour régler la crise politique née des incidents armés du 30 juin dernier.

Le Premier ministre Saad Hariri (d) recevant le ministre de l'Industrie, Waël Bou Faour, lundi 22 juillet 2019. Photo Dalati et Nohra

Le procureur général près la Cour de cassation par intérim, le juge Imad Kabalan, a transmis le dossier de l'enquête sur les affrontements de Qabr Chmoun (caza de Aley), le 30 juin dernier, au parquet militaire, a rapporté lundi l'Agence nationale d'information (Ani, officielle), alors que des informations laissaient entrevoir depuis 48 heures une sortie de crise.

Selon la chaîne locale LBCI, les services de renseignement des Forces de sécurité intérieure ont clôturé vendredi leur enquête. Après examen du dossier de l'enquête et de la plainte déposée par le Parti socialiste progressiste du leader druze Walid Joumblatt contre les gardes du corps du ministre d'Etat pour les Affaires des réfugiés, Saleh Gharib, membre du Parti démocrate libanais de Talal Arslane, le juge Kabalan aurait transmis l'ensemble du dossier au commissaire du gouvernement près le tribunal militaire, le juge Peter Germanos.

Le 30 juin, alors que des partisans de M. Joumblatt s'opposaient à la visite dans certains villages du caza de Aley du chef du Courant patriotique libre Gebran Bassil, des échanges de tirs ont eu lieu à Qabr Chmoun entre les membres du convoi de Saleh Gharib, allié de M. Bassil et membre de la formation de M. Arslane, et des partisans joumblattistes. Deux personnes se trouvant dans le convoi de M. Gharib ont été tuées au cours de l'échange de tirs.

Depuis, Talal Arslane, qui parle d'"embuscade" et de "tentative d'assassinat" du ministre Gharib, exige que les auteurs des violences soient déférés devant la Cour de justice, une instance d'exception. Ce que Walid Joumblatt et ses alliés refusent catégoriquement. Le gouvernement du Premier ministre Saad Hariri ne s'est plus réuni depuis le 30 juin en raison de ces divergences.

Le transfert du dossier devant le tribunal militaire plutôt que la Cour de justice, qui serait décidé par le Conseil des ministres en dehors de l’ordre du jour, constituerait une partie de l'issue à la crise politique trouvée par le ministre d’État pour les Affaires présidentielles, Salim Jreissati, agissant à la demande du président Michel Aoun, dans le but notamment de relancer l'action du gouvernement.

Selon nos informations, cette issue consiste pour le Parti socialiste progressiste de Walid Joumblatt et le Parti démocratique libanais de Talal Arslane de livrer à la justice leurs partisans respectifs impliqués dans les incidents de la Montagne, afin de paver la voie au transfert du dossier devant le tribunal militaire. Il est attendu que le PSP livre encore deux de ses partisans, et que le PDL accepte de livrer ses dix partisans aux enquêteurs.

Dans le cadre des contacts politiques entrepris pour réactiver le Conseil des ministres, le Premier ministre Saad Hariri a reçu dans la journée le ministre de l'Industrie, Waël Bou Faour, cadre du PSP de M. Joumblatt, au Grand Sérail, en présence du conseiller politique de M. Hariri, l'ancien ministre Ghattas Khoury.

M. Hariri a également reçu M. Gharib qui, à l'issue de leur entretien, a affirmé que le Premier ministre était "pour un consensus". "Au final, il y a un gouvernement qui décide et nous tenons à ce que le dossier de Qabr Chmoun soit déféré devant la Cour de Justice", a-t-il ajouté.

Ces prochaines heures, le directeur de la Sûreté générale, le général Abbas Ibrahim, qui effectue également une médiation entre les deux rivaux druzes, devrait s'entretenir avec M. Arslane.



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Le procureur général près la Cour de cassation par intérim, le juge Imad Kabalan, a transmis le dossier de l'enquête sur les affrontements de Qabr Chmoun (caza de Aley), le 30 juin dernier, au parquet militaire, a rapporté lundi l'Agence nationale d'information (Ani, officielle), alors que des informations laissaient entrevoir depuis 48 heures une sortie de crise.Selon la chaîne locale...
commentaires (2)

ET QU,EN EST-IL DE L,ECHAPPEMENT DU GAZ EMPOISONNE RESPONSABLE DE LA SITUATION... QUELLE JUSTICE ?

LA LIBRE EXPRESSION

21 h 30, le 22 juillet 2019

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Commentaires (2)

  • ET QU,EN EST-IL DE L,ECHAPPEMENT DU GAZ EMPOISONNE RESPONSABLE DE LA SITUATION... QUELLE JUSTICE ?

    LA LIBRE EXPRESSION

    21 h 30, le 22 juillet 2019

  • D'après une experte de la niaiserie , il faudrait que toute bonne justice se fasse de tous les côtés sauf de celui de la victime Talal Arslan . Et ça piliaille à longueur de journée qu'on DÉSIRE un Liban juste , démocratique et indépendant.

    FRIK-A-FRAK

    17 h 39, le 22 juillet 2019

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