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Pompeo appelle l'Allemagne à proscrire le Hezbollah

Liban

Le ministre allemand des Affaires étrangères affirme vouloir, comme Washington, que l'Iran cesse de "jouer un rôle négatif dans la région".

OLJ
31/05/2019

Le secrétaire d’État américain Mike Pompeo a appelé vendredi l'Allemagne, où il effectue une visite, à bannir le Hezbollah, trois mois après la décision de la Grande-Bretagne de considérer le parti chiite dans son intégralité comme une organisation "terroriste", et non plus seulement son aile militaire.

Cette décision, annoncée le 25 février dernier, avait notamment été saluée par l'Arabie saoudite et Israël et critiquée par le parti chiite qui l'avait qualifiée d'"insulte au peuple libanais", ainsi que par l'Iran.

En 2017, plusieurs pays arabes, notamment ceux du Golfe, avaient qualifié le parti de "terroriste". Le Hezbollah est par ailleurs considéré comme une organisation terroriste par Israël et les Etats-Unis, mais seule sa branche armée est classée comme telle par l'Union européenne. L'UE avait imposé en 2013 des sanctions contre la branche armée du Hezbollah.

Le Hezbollah, ou parti de Dieu, a été créé en 1982 par les Gardiens de la révolution iranienne dans la foulée de l'invasion israélienne du Liban. Financé par Téhéran, il est le seul parti libanais à ne pas avoir déposé les armes après la guerre civile (1975-1990). Il s'est imposé au Liban comme une force politique incontournable, siégeant pour la première fois en 2005 au gouvernement. Il est par ailleurs militairement impliqué, comme Téhéran, aux côtés de Bachar el-Assad dans le conflit en Syrie, pays voisin du Liban.


Sujets de contentieux
Avec les dossiers du géant chinois de la téléphonie mobile Huawei, du projet de gazoduc Nord Stream 2, des dépenses militaires au sein de l'OTAN, de la guerre commerciale avec la Chine, l'Iran est l'un des sujets de contentieux entre l'Allemagne et les Etats-Unis qui furent traditionnellement de proches alliés.

A Berlin, M. Pompeo s'est entretenu avec son homologue allemand Heiko Maas pour une séance de rattrapage après avoir annulé à la dernière minute début mai une précédente visite auprès de cet allié souvent malmené par Donald Trump.

Tout en reconnaissant des "différences" d'approche, et en défendant l'accord sur le nucléaire iranien de 2015, dont l'administration Trump s'est retirée au grand dam des Européens, Heiko Maas a assuré vouloir, comme Washington, que l'Iran cesse de "jouer un rôle négatif dans la région". Interrogé sur la possibilité d'une médiation allemande pour désamorcer l'escalade en cours entre la République islamique et les Etats-Unis, il s'est dit prêt, de manière vague, à apporter une "contribution" à la réduction des tensions.

Et Mike Pompeo s'est montré conciliant à l'égard d'Instex, ce mécanisme créé par les Européens pour contourner les sanctions américaines contre Téhéran et sur lequel pèse pourtant la menace directe de mesures punitives. Tant qu'il se borne aux transactions "humanitaires", "ce n'est pas problématique", a rassuré le chef de la diplomatie américaine.

Les deux responsables ont fait état de terrains d'entente sur la résolution du conflit en Syrie, où l'Américain a demandé l'aide européenne pour stabiliser le nord du pays, sans plus de précisions.

Berlin est la première étape d'une nouvelle tournée européenne qui conduira aussi le secrétaire d'Etat US, jusqu'à mardi, en Suisse, aux Pays-Bas et enfin au Royaume-Uni, où il retrouvera le président des Etats-Unis pour sa visite d'Etat. L'Iran devrait être à nouveau au coeur de ses discussions avec les responsables suisses, dont le pays représente les intérêts américains à Téhéran en l'absence de relations diplomatiques entre les deux ennemis.

Jeudi, Mme Merkel a prononcé à l'université de Harvard un discours qui, sans jamais citer nommément Donald Trump, s'en est pris en tous points à la politique unilatéraliste du président des Etats-Unis, avec lequel elle entretient des relations notoirement difficiles.



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ET EN QUOI CELA AVANCERAIT-IL LES CHOSES SI CE NE SONT PAS TOUS LES PAYS DE L,U.E. QUI LE FERAIENT ?

Honneur et Patrie

Selon Armin Arefi, l'envoyé spécial de la revue "Le Point" :
- Le Parti de Dieu est en effet l'un des principaux acteurs de la scène politique libanaise. Partisan de l'instauration d'une République islamique au Liban, sur le modèle iranien.
- La mainmise du Parti de Dieu sur les institutions libanaises est telle que le Hezbollah possède aujourd'hui un pouvoir de veto sur la moindre décision du gouvernement.
("Le Point" du 30 mai 2019 p 58-63)

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