Le sous-secrétaire d'Etat américain, David Satterfield (g) reçu par le président libanais Michel Aoun, mardi 28 mai 2019 au palais de Baabda. Photo Dalati et Nohra
Le sous-secrétaire d'Etat américain, David Satterfield, qui mène une médiation entre le Liban et Israël au sujet du contentieux sur le tracé des frontières terrestres et maritimes, qui paralyse l'exploration pour les hydrocarbures en Méditerranée, s'est entretenu mardi avec le président Michel Aoun, le Premier ministre, Saad Hariri, le président du Parlement, Nabih Berry, le ministre des Affaires étrangères, Gebran Bassil, et le commandant en chef de l'armée, le général Joseph Aoun.
M. Satterfield, qui venait d'Israël, ne s'est pas exprimé à l'issue de ces entretiens avec les responsables libanais. Mais selon des sources du palais Bustros citées par l'Agence nationale d'information (Ani, officielle), l'émissaire US a transmis aux responsables libanais la réponse d'Israël sur la proposition du Liban concernant le tracé des frontières terrestres et maritimes, présentée il y a quelques semaines par le président Michel Aoun. Selon ces sources, l'ambiance était positive et il n'y a pas d'obstacles à la mise en œuvre de cette proposition, mais l'émissaire américain doit poursuivre sa navette. "Nous avons commencé à mettre la dernière main au schéma des négociations entre les parties concernées, à savoir le Liban, Israël et l'ONU, ainsi que celui des Etats-Unis, et le rôle de chacune de ces parties", ont ajouté ces sources.
A l'issue de l'entretien entre MM. Berry et Satterfield, l'Ani a rapporté que les négociations "continuent de progresser mais nécessitent de nouveaux pas". Selon des informations rapportées par la chaîne de télévision locale LBC, le fait de lier la délimitation des frontières maritimes et terrestres n'a pas encore été décidé par Israël. M. Satterfield y retournera donc afin de poursuivre l'étude de cette question, mais aussi d'autres éléments, avec les autorités israéliennes.
Beyrouth a toujours maintenu sa requête que la délimitation des frontières se déroule sous la houlette des Nations unies et qu’elle englobe simultanément les frontières terrestre et maritime, ce que Washington et Israël refusaient jusqu’ici.
Le sous-secrétaire d'Etat américain, David Satterfield, reçu par le président du Parlement Nabih Berry. Photo Ani
Lundi, Israël avait annoncé, selon l'agence Reuters, être ouvert à des négociations, sous l'égide de Washington, avec le Liban afin de résoudre le contentieux. S'exprimant à l'issue d'une réunion avec M. Satterfield, le ministre israélien de l’Énergie, Yuval Steinitz, avait estimé que de tels pourparlers et la délimitation de la frontière seraient "bénéfiques pour les deux pays", étant donné leur "intérêt à exploiter les réserves de gaz naturel et de pétrole".
David Satterfield fait depuis plusieurs jours des aller-retours entre le Liban et Israël dans le cadre de cette médiation. Lors de son passage à Beyrouth la semaine dernière, le diplomate américain avait déjà annoncé aux responsables libanais "qu'Israël était disposé à tenir des négociations pour établir la frontière maritime" avec le Liban, avait rapporté l'AFP, citant une personne présente aux réunions du diplomate US avec les autorités libanaises et souhaitant conserver l'anonymat. L’Etat hébreu aurait également accepté de discuter de la frontière terrestre, dont certaines zones sont encore disputées par les deux pays même après le retrait d'Israël du sud du Liban en 2000, après deux décennies d'occupation, avait rapporté cette même personne.
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C'EST DU PIPO...JE NE CROIS PAS À TOUS CES DÉMARCHES.
15 h 39, le 28 mai 2019