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Liban

Frontières maritimes : le Liban devra attendre la réponse israélienne à ses propositions

Visite de Satterfield

Le diplomate américain a rencontré hier Aoun, Hariri, Berry et Bassil.


OLJ
16/05/2019

Le sous-secrétaire d’État américain pour le Proche-Orient, David Satterfield, a discuté hier à Beyrouth avec les dirigeants libanais du litige frontalier maritime opposant Israël au Liban, qui s’apprête à se lancer dans l’exploration d’hydrocarbures en Méditerranée.

Une source diplomatique a, dans ce contexte, indiqué à l’AFP que Beyrouth avait reçu « un signal positif traduisant le désir américain de jouer le rôle de médiateur » entre le Liban et Israël, deux pays techniquement en guerre, même après le retrait d’Israël du sud du Liban en 2000. Cependant, une autre source diplomatique citée par notre correspondante au palais de Baabda, Hoda Chedid, précisait en soirée que la médiation américaine attendrait d’abord une approbation préalable de la part d’Israël, où le diplomate américain doit se rendre à l’issue de sa visite au Liban.

Arrivé mardi à Beyrouth pour une visite de deux jours, M. Satterfield a d’abord été reçu hier par le chef de la diplomatie, Gebran Bassil, qui lui a proposé « plusieurs solutions » pour régler le litige avec Israël sur les frontières maritimes et terrestres. La réunion a été « très positive » et a notamment porté sur « le dossier de la délimitation des frontières maritimes et terrestres (entre le Liban et Israël) », selon le palais Bustros.

« Un échange de vues à ce sujet a eu lieu et a abouti à une concordance sur différents points. Les points qui pourraient entraver la solution proposée par le Liban ont également été débattus. M. Bassil a présenté plusieurs solutions qui préservent tous les droits du Liban en matière maritime et terrestre », ajoute le communiqué issu de l’entretien, qui souligne que le ministre « poursuivra ses concertations locales et internationales sur ce dossier afin d’aboutir à une solution définitive qui permettra l’exploitation des champs d’hydrocarbures ».

Les deux hommes ont également évoqué « les développements dans la région et les derniers événements dans le Golfe », en allusion aux actes de sabotage contre des navires au large des Émirats et aux attaques de drones contre des installations pétrolières en Arabie saoudite.


Éclaircir certains points

David Satterfield s’est ensuite rendu au palais présidentiel de Baabda, où il s’est entretenu avec le chef de l’État, Michel Aoun. Dans un communiqué, la présidence de République a indiqué que le chef de l’État a répété à M. Satterfield que « le Liban estime que la délimitation des frontières maritimes et terrestres dans le Sud renforcerait la stabilité à la frontière, en vertu de la résolution 1701 du Conseil de sécurité de l’ONU (qui mit fin à la guerre de 2006 entre le Liban et Israël) ». Le président Aoun a « appelé les États-Unis à s’impliquer pour réaliser cet objectif, notamment en respectant les frontières terrestres et maritimes libanaises et le droit du Liban à exploiter ses ressources en hydrocarbures ».

Le communiqué souligne enfin que le chef de l’État a exposé le point de vue du Liban et écouté ceux de l’administration américaine et que les discussions se poursuivront afin « d’éclaircir certains points relatifs à ce mécanisme ».

De sources bien informées, le président de la République et le diplomate américain ont effectué un tour d’horizon de la situation régionale, notamment en Irak et en Syrie. Ils ont ainsi évoqué les relations américano-iraniennes et la tension entre Téhéran et Washington, notamment à la lumière des derniers développements, et M. Satterfield a exposé le point de vue de son pays sur ce dossier.

Selon les mêmes sources, la rencontre de Baabda a aussi été l’occasion d’échanger des idées autour des propositions que le président Aoun avait transmises la semaine dernière à l’ambassadrice des États-Unis au Liban, Elizabeth Richard. Celles-ci contiennent « un mécanisme de travail » qui peut servir de base pour la délimitation des frontières maritimes. Le diplomate américain aurait demandé quelques éclaircissements sur certains points relatifs à l’application du mécanisme en question, mais il n’y aurait pour l’instant aucune décision autour de la délimitation des frontières.

M. Satterfield devrait se rendre aujourd’hui en Israël pour écouter le point de vue des dirigeants au sujet des propositions libanaises. La question de la délimitation des frontières maritimes n’aurait toujours pas été tranchée pour l’instant. Le Liban propose de confier la mission à un comité tripartite avec Israël et l’ONU, assorti d’un suivi américain dont la nature et le niveau restent à déterminer. Or la participation de l’ONU à ce tracé des frontières maritimes reste incertaine, dans la mesure où Israël a déjà annoncé son opposition à cette participation.

Le diplomate américain aurait mis en exergue la disposition de son pays à aider à la mise en place du processus de délimitation, à condition que les deux parties libanaise et israélienne soient d’accord sur une présence américaine pour rapprocher les points de vue lors des négociations.

Ces idées seront rapportées par M. Satterfield aux responsables israéliens, suite à quoi il retournera à Beyrouth pour exposer le point de vue et les réponses de Tel-Aviv.

Les sources diplomatiques notent que la position israélienne sur la délimitation des frontières maritimes est bien connue, à savoir que l’ONU ne devrait pas y prendre part, comme cela a été le cas au niveau des frontières terrestres. Tel-Aviv considère que le Conseil de sécurité n’a pas accordé de mandat à la Finul à ce niveau, alors qu’il en avait été autrement pour les frontières terrestres.

L’entretien a en outre porté sur les points qui restent en suspens au niveau du tracé des frontières terrestres, notamment à Ras Naqoura. Le diplomate américain aurait été réconforté par l’unité des points de vue entre les responsables libanais à ce niveau, puisqu’il n’existe plus qu’un seul document exprimant la position libanaise, ce qui facilite la mission de M. Satterfield en Israël.




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Irene Said

Le Liban pourra aussi attendre pendant qu'Israël travaille en toute tranquillité à prendre ce qui appartient...au Liban !
Exactement comme ce pays le fait avec les colonies et terre palestinienne.

Et ni l'ONU, ni Satterfield ne pourront faire quoi que ce soit, comme toujours devant le fait accompli israélien !
Irène Saïd

L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

PUISQUE LE GOLAN EST DEVENU TERRE ISRAELIENNE, ISRAEL PEUT SE PERMETTRE LE LUX DE RESTITUER LES FERMES DE CHEBAA, TLEL KFARCHOUBA ET HAGHER AU LIBAN. PAR CE MEME COUP IL ENLEVERA A LA MILICE SA RAISON D,ETRE.

L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

C,EST QU,IL Y A DES NEGOCIATIONS, MEME INDIRECTES, AVEC ISRAEL. LA PARTICIPATION DU LIBAN AU GROUPE GRECE, CHYPRE, ISRAEL, EGYPTE ET PALESTINE POUR LE PIPELINE DES HYDROCARBURES VERS L,EUROPE EST UN MUST ! UN INTERET VITAL !

NAUFAL SORAYA

Et si on se parlait directement? On pourrait savoir ce qui se dit vraiment et plaider sa cause en conséquence, non?

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