Spécial Orientation professionnelle / Édition 4

Un lycéen parle aux lycéens : suggestions et conseils

Spécial orientation professionnelle

Faire le bon choix d’une université et d’une carrière constitue un sujet de discussions et d’angoisse pour tout adolescent qui poursuit ses études secondaires. Parfois même cette réflexion commence dès la classe de troisième. Se basant sur son expérience personnelle, un bachelier du Lycée franco-libanais de Beyrouth, Samir Moukheiber, apporte un témoignage pour fournir à ses pairs quelques suggestions et conseils susceptibles de les guider et les aider à faire leur choix à ce tournant crucial de leur vie.

02/04/2019
Être lycéen, c’est évidemment avant tout se préparer à son bac, mais c’est aussi avoir le souci quasi permanent de faire un bon choix de carrière et d’intégrer l’université qui correspondrait le plus à ses attentes. Dans le contexte présent que subit le Liban, il n’est pas facile pour un adolescent ayant entre 15 et 17 ans d’opter pour une orientation qui sera décisive pour sa vie. Certes, de nos jours, un changement de filière à l’université est plus facile et plus fréquent qu’auparavant, de même que dans le futur la reconversion professionnelle est toujours possible. Mais le défi reste de taille : sur quelles bases choisir un domaine professionnel ou même un métier à un âge où l’on ne se sent pas toujours en mesure de le faire, surtout dans un pays troublé comme le Liban ? En tant qu’élève qui a vécu ces mêmes questionnements, je tente de fournir dans les lignes qui suivent quelques suggestions et conseils tirés de ma modeste expérience.

D’emblée, je dirais que pour les élèves indécis, il est primordial de tester à travers des stages le(s) terrain(s) qui les intéresse(nt). Ces stages sont parfois rendus obligatoires par l’école, mais plus l’élève hésite entre différents domaines, plus il serait utile de diversifier autant que possible les stages. Ces expériences procurent une immersion dans le monde du travail, qui donne une idée plus claire des métiers qui pourraient être les vôtres. Personnellement, j’ai longtemps hésité entre la médecine et le droit et ce sont des stages qui m’ont permis de prendre ma décision. J’ai tenté de tâter le terrain dans les deux domaines (un cabinet d’avocats et un hôpital) et ces stages se sont révélés extrêmement formateurs : c’est d’ailleurs le dernier en date, un stage de journalisme à L’Orient-Le Jour, qui de manière totalement inattendue m’a aidé à trancher entre le droit/sciences politiques et la médecine. Il est donc extrêmement important d’emprunter et parfois de se hasarder dans des voies différentes pour apprendre davantage sur soi.

Ensuite, s’engager est essentiel. La relation entre engagement et orientation professionnelle pourrait paraître absurde, mais elle est fondamentale. Car l’engagement (associatif, scoutisme, sport, au sein de l’école, Croix-Rouge…) permet de forger sa personnalité et procure un bagage culturel introuvable autre part. Ces engagements constituent « l’école de la vie » et exerceront parfois inconsciemment une influence considérable sur, entre autres, la poursuite des études universitaires.

En s’engageant, on tisse des liens avec de nouvelles personnes, on élargit son réseau de relations tout en sortant de sa zone de confort. Et surtout, on communique. La communication avec des pairs, des aînés, des étudiants d’université peut souvent être d’une grande aide et permet d’avoir un aperçu de son devenir.


(Lire aussi : À l’AUB, cap sur la recherche, l’innovation et les sciences humaines)

Enrichir son CV
Ces engagements enseignent également l’aspect pratique du travail, puisque s’y adonner revient à agir directement sur le terrain. Pour ma part, le scoutisme a par exemple constitué l’une des plus belles et des plus enrichissantes expériences de ma vie à tous les niveaux et m’a permis de me sentir utile à la société tout en partageant des moments inoubliables avec un réseau inestimable de personnes.

L’engagement sportif, étudiant, associatif ou encore dans des programmes comme le Model United Nations (MUN) est sans conteste vital pour s’enrichir, développer certaines capacités (physiques, oratoires, linguistiques…), mais aussi pour se doter d’un CV riche et complet à une époque où les universités deviennent de plus en plus compétitives. Il faut avoir présent à l’esprit que le service communautaire, le bénévolat, sont particulièrement importants pour la jeunesse du Liban, pays où l’on compte énormément sur la société civile et où l’on ne manque pas d’associations qui ont justement besoin de jeunes.

Sur le plan scolaire, si vous avez la chance de bénéficier d’un service d’orientation, il ne faut pas hésiter à le consulter, ou aussi à prendre rendez-vous avec des enseignants de votre choix, des conseillers d’éducation ou tout autre professionnel qui pourrait s’avérer utile. Sans compter les « forums de métiers » et les événements où sont conviées les universités locales et de nombreuses universités de renommée internationale.



Le devenir des anciens élèves
Une fois que vous aurez une idée de l’université que vous voudriez fréquenter, vous devez savoir que la plupart des informations que vous rechercheriez sont disponibles sur internet. Il vous sera même possible de suivre ces universités sur les réseaux sociaux comme Instagram ou même YouTube pour certaines. Les vidéos présentes sur cette plateforme sont souvent intéressantes, dans la mesure où il est plus facile de se mettre dans la peau des étudiants qui y racontent leur parcours, leur routine, leurs activités, etc. Renseignez-vous aussi sur le devenir des anciens élèves de votre établissement, leurs conseils peuvent être très précieux. Il existe par exemple pour les élèves des établissements du réseau Agence pour l’enseignement français à l’étranger (AEFE) une plateforme en ligne du nom d’Agora qui met en relation élèves et anciens élèves dans un but de coopération.

Quant à l’État, il n’est pas aussi actif qu’il devrait l’être sur toutes les questions relatives aux jeunes. En outre, l’instabilité politique locale et régionale, ainsi que la corruption et les pistons au niveau de certaines universités libanaises, mêlées à un marché du travail limité et inadapté à une jeunesse de plus en plus qualifiée, de même que le taux de chômage élevé et l’économie nationale exsangue, constituent autant de contraintes colossales auxquelles la jeunesse libanaise doit faire face. Sans oublier le pillage continu des ressources écologiques du pays, l’air et les rivières pollués, les pannes d’électricité récurrentes, l’or bleu gaspillé, et la mer dans laquelle on ne peut même plus se baigner…


Devoir et espoir
Face à ce sombre tableau, la question n’est malheureusement plus seulement de savoir comment suivre la formation universitaire de son choix, mais de plus en plus si l’on doit rester au Liban, ou l’abandonner… S’en éloigner dans le meilleur des cas temporairement, pour mieux le retrouver, ou au contraire, au nom d’un avenir plus « glorieux », vivre ce futur loin de ses racines natales.

Mais nous avons un devoir : celui de garder à l’esprit que l’espoir en une réelle renaissance de notre pays réside avant tout dans sa jeunesse. Alors rêvons, créons, et armons-nous de culture pour en être les intarissables acteurs.



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