Spécial Orientation professionnelle / Édition 4

À l’AUB, cap sur la recherche, l’innovation et les sciences humaines

Spécial orientation professionnelle

Pour le président de l’Université américaine, Fadlo Khuri, le Liban devrait miser sur l’économie du savoir pour créer des emplois.

02/04/2019

L’Université américaine de Beyrouth a fêté il y a trois ans le 150e anniversaire de sa fondation. Nul ne saurait contester dans ce cadre qu’elle est l’une des plus prestigieuses universités, sinon la plus prestigieuse, de la région, et a fortiori du Liban. Le président de cet établissement, Fadlo Khuri, n’hésite d’ailleurs pas à la qualifier de meilleure université du Liban.

D’emblée, il évoque principalement à l’appui de ses dires l’importance des recherches effectuées par l’AUB. « En termes d’intensité des recherches, nous sommes les plus importants au Liban, voire dans la région », relève Fadlo Khuri. « Près de 64 % des recherches universitaires dans le pays portent la signature de l’AUB », dit-il, mettant également l’accent sur l’employabilité des diplômés de l’université. « Nos étudiants ne restent pas au chômage. Ils trouvent de l’emploi au Liban et dans le monde arabe. Les étudiants ne s’inscrivent pas à l’AUB parce que nous avons le plus beau campus du pays, mais parce que nous leur assurons les meilleures opportunités en matière d’emploi afin qu’ils se construisent un bel avenir. L’AUB octroie des diplômes à des personnes qui deviendront des leaders dans leur domaine au Liban, au Moyen-Orient ou dans le monde entier », dit-il, ajoutant qu’à « l’instar de la recherche, nous sommes en tête de liste en termes d’employabilité parmi les universités du monde arabe ». « Elle est comparable à celle des plus prestigieuses universités du monde, notamment aux États-Unis et en Grande-Bretagne », indique M. Khuri.


Une vidéo réalisée par Thomas Hage Boutros et Robert Chammas


Bourses universitaires et partenariats
Et le président de l’AUB d’ajouter : « Nous assurons aussi à nos étudiants une expérience holistique dans divers domaines et cela à travers plus de 300 clubs culturels et sociaux – qui les encouragent à s’impliquer dans leur société hors des murs du campus – et des élections estudiantines qui les préparent au bon usage de la démocratie. Nous disposons aussi du meilleur système d’échange au Liban avec les plus importantes universités du monde. Grâce à nos partenariats avec les institutions les plus prestigieuses en matière d’enseignement, nos étudiants peuvent ainsi aller où bon leur semble et passer des semestres entiers à Oxford, Cambridge, Michigan, Bekerley, la Sorbonne ou ailleurs. Sur le plan local, nous avons signé un accord de partenariat avec l’Université Saint-Joseph (USJ) car nous sommes deux universités qui avons contribué à la construction du Liban, qui faisons partie de l’histoire du pays, et notre expérience est complémentaire. »

Concernant les frais universitaires que d’aucuns estiment excessifs, M. Khuri souligne que « l’AUB accorde un soutien financier à ses étudiants plus que toute autre université dans la région ». « Nous allouons plus de 32 millions de dollars par an aux étudiants, puisés des fonds de l’université, alors que chaque année également environ 30 millions de dollars de soutien sont assurés aux étudiants à travers notre alumni (amicale des anciens) et diverses institutions philanthropiques arabes et américaines qui versent des bourses universitaires. »

Aujourd’hui, l’AUB, dont le campus a été initialement conçu pour recevoir un maximum de 5 000 universitaires, accueille 9 400 étudiants. Nombre d’entres eux partent à l’étranger où ils trouvent facilement du travail, mais le président de l’AUB aspire à garder les jeunes Libanais au Liban afin que leurs idées, leur créativité et leur savoir-faire servent au pays.



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Sciences humaines et innovation
« Il est impératif que les choses changent au Liban, poursuit Fadlo Khuri. Nous sommes au début de la quatrième révolution industrielle et nous assistons à une disparité grandissante en matière de pauvreté et d’emploi. Une crise existe même dans les pays développés. La bonne voie pour le Liban est d’investir dans l’économie de la connaissance et du savoir. Tous les pays qui ont investi dans ce domaine progressent en matière de compétitivité et d’emploi. Au Liban, il est bien dommage de constater qu’il n’y a pas de place sur le marché de l’emploi pour les personnes créatives, aux idées innovatrices. Nous avons déjà appelé les gouvernements qui se sont succédé à investir dans l’économie de la connaissance qui crée des emplois et des industries. Il y a plusieurs années, le Liban a décidé de ne pas s’investir dans l’industrie moyenne et à notre humble avis, c’était une erreur. Actuellement, en observant le parcours de nos étudiants, nous remarquons qu’ils peuvent, grâce à leurs idées et leur savoir, devenir des créateurs d’emplois. Cela est possible dans toutes les filières. »

« La tragédie du Liban réside dans le fait que ses talents partent à l’étranger, affirme le président de l’Université américaine. L’une des preuves de cette triste vérité réside dans le fait que l’AUB est la huitième université au monde, en dehors des États-Unis, au niveau de la production de capital. Cela signifie que nos anciens étudiants sont les huitièmes au monde en matière de capital qu’ils génèrent, et cela se fait principalement hors du Liban. Cela pourrait changer si le pays misait sur la création d’emplois dans l’innovation et l’économie de la connaissance », précise M. Khuri.

Le président de l’AUB estime encore qu’au Liban, des opportunités de travail existent dans divers domaines, notamment les sciences humaines. « Les étudiants qui choisissent cette filière peuvent trouver des emplois dans d’importantes compagnies en tant que rédacteurs, créatifs, responsables des ressources humaines, indique-t-il. Les grandes entreprises n’engagent pas uniquement des ingénieurs ou des architectes, mais aussi des rédacteurs, des personnes créatives, des innovateurs, des personnes de divers backgrounds. En outre, il existe certes une saturation au niveau des ingénieurs et des médecins, mais pas dans tous les domaines. Le biomédical, le génie mécanique et le génie industriel ne sont pas encore saturés », explique-t-il.

« Le meilleur conseil que je pourrais donner aux jeunes est celui de suivre leur passion, relève M. Khuri. Choisissez un domaine que vous aimez, une chose dans laquelle vous excellez. Si vous suivez cette voie, vous trouverez sans aucun doute un emploi », estime le président de l’AUB.

L’Université américaine de Beyrouth ne cesse de grandir et cela, notamment, à travers la création de nouveaux diplômes qui se rapportent surtout aux sciences humaines. De nouveaux doctorats et de nouvelles spécialisations sont proposés, portant sur l’histoire du monde arabe, la littérature arabe, la philosophie arabe et islamique, les sciences infirmières et les sciences médicales.

Et M. Khuri de conclure : « À la rentrée prochaine, nous lancerons des spécialisations qui ont rapport avec l’innovation et qui seront accessibles aux étudiants venus de toutes les filières universitaires. Nous proposons aujourd’hui trois nouveaux doctorats. Notre but est de créer 25 à 30 nouveaux doctorats d’ici à 2030. »


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