Liban

Joumblatt et Bassil appellent à tenir la réconciliation de la Montagne loin des querelles politiques

Le chef du CPL espère "conclure un accord politique avec le PSP", à l'image de ceux passés avec d'autres formations politiques.

Le chef de la diplomatie libanaise, Gebran Bassil, à son arrivée en l'église de Saydet el-Tallé, à Deir el-Qamar, pour une messe en mémoire des martyrs de massacres de chrétiens dans le Chouf, le 23 mars 2019. Photo tirée du compte Twitter de M. Bassil

Le chef du Courant patriotique libre (CPL, aouniste) et ministre des Affaires étrangères, Gebran Bassil, et le leader druze Walid Joumblatt ont tous deux appelé samedi à tenir à l'écart de toute dissension politique la réconciliation entre druzes et chrétiens de la Montagne, scellée en 2001. Ils ont tenu des propos en ce sens lors d'une messe célébrée à Deir el-Qamar, dans le Chouf, en mémoire des chrétiens victimes de massacres perpétrés en représailles à l'assassinat du leader druze Kamal Joumblatt, en mars 1977. Gebran Bassil a appelé à ce que cette réconciliation "ne soit jamais remise en question", tandis que Walid Joumblatt a affirmé qu'elle était "au-dessus de toute autre considération".  

"Nous sommes réunis aujourd'hui en mémoire des martyrs tombés dans le Chouf et nous voulons assurer que leur sang n'a pas coulé en vain", a affirmé M. Bassil, soulignant que la messe célébrée en l'église de Saydet el-Tallé, à Deir el-Qamar, était également une rencontre en souvenir de "tous les martyrs du Liban". "Kamal Joumblatt n'était pas seulement le martyr des druzes ni de la Montagne, mais de tout le Liban", a-t-il ajouté. Le ministre Bassil a déclaré que cette rencontre, qui rassemblait des représentants de tous les milieux politiques, avait pour thème "la pénitence et le pardon", affirmant qu'il était important "de pardonner mais pas d'oublier". "Il ne faut pas oublier, afin de ne pas répéter les mêmes erreurs, et non pas pour chercher à se venger", a-t-il dit.



(Lire aussi : Au Liban, 40 ans de réconciliations pour tourner la page de la guerre)


Il a toutefois souligné que "le défi actuel ne se trouve pas dans la pénitence ni le pardon", mais dans une coopération entre les différentes parties afin d'assurer "le retour économique de la Montagne", d'où de nombreux chrétiens avaient fui après les massacres de 1977, estimant qu'un tel retour ne peut se faire que par la promotion "d'une agriculture de qualité, du tourisme et d'une industrie intelligente". M. Bassil a estimé que ce retour des populations déplacées des villages du Chouf "ne nécessite pas seulement la sécurité, mais également la foi", soulignant que ce retour ne sera véritablement accompli qu'avec "la fermeture du ministère pour les Déplacés". "L'unité de la Montagne est fondamentale à l'unité du Liban", a-t-il déclaré.

Et Gebran Bassil de souligner que la réconciliation "ne doit jamais être remise en question quelles que soient les querelles politiques", notamment entre le PSP de Walid Joumblatt et le CPL, qu'il dirige. Il a encore espéré pouvoir "conclure un accord avec le PSP, à l'image de ceux qui ont été passés avec le Hezbollah, le courant du Futur (du Premier ministre, Saad Hariri), et les Forces libanaises". 

La messe, présidée par l'archevêque maronite de Beyrouth, Boulos Matar, a été célébrée à l'initiative du ministre des Déplacés Ghassan Atallah (CPL), à Deir el-Qamar, afin que druzes et chrétiens prient ensemble pour le repos de l’âme des chrétiens victimes des représailles après l’assassinat de Kamal Joumblatt en mars 1977 et des victimes de la guerre de la Montagne, ainsi que pour la préservation du vivre-ensemble au Liban et dans cette région. 

Le 3 août 2001, Mgr Nasrallah Sfeir, alors patriarche maronite, et le leader druze Walid Joumblatt étaient parvenus à sceller la réconciliation entre druzes et chrétiens, dix-huit ans après l’épisode de la guerre de la Montagne (1983) qui avait opposé le PSP aux Forces libanaises, avec son lot de massacres, d’enlèvements et de vexations, et provoqué un déplacement massif des habitants des villages chrétiens locaux.



(Lire aussi : À Deir el-Qamar, une énième consolidation de la réconciliation de la Montagne)



La réconciliation "au-dessus de toute autre considération"
Le leader druze Walid Joumblatt, prenant la parole à l'issue de la messe, a de son côté affirmé que "la réconciliation est au-dessus de toute autre considération, afin d'atteindre un Liban uni et un meilleur futur". 

Après être revenu sur les événements de mars 1977, M. Joumblatt a souligné notamment que des cheikhs akl druzes avaient essayé de protéger des chrétiens rassemblés dans les églises de la localité de Maasser el-Chouf. Il a estimé qu'après cette date, le Liban est entré dans un cercle vicieux "de guerre en guerre, d'assassinat en assassinat et de massacre en massacre". "Mais aujourd'hui, sous l'égide du président de la République, Michel Aoun, et avec la bénédiction du patriarche maronite, Béchara Raï, nous avons la certitude que la réconciliation est au-dessus de toute autre considération, afin d’œuvrer pour un Liban unique et uni et un meilleur futur", a-t-il déclaré. Il a souligné qu'entre 2000 et 2001, une dizaine d'années après la fin de la guerre civile, il a "commencé à œuvrer avec notamment Samir Frangié et l'ancien patriarche Sfeir pour la réconciliation".

Dans la journée, M. Bassil avait visité plusieurs villages du Chouf où avaient été tués des habitants chrétiens lors de la guerre civile, notamment Maasser el-Chouf, Batma et Kfar Nabkha. 



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Le chef du Courant patriotique libre (CPL, aouniste) et ministre des Affaires étrangères, Gebran Bassil, et le leader druze Walid Joumblatt ont tous deux appelé samedi à tenir à l'écart de toute dissension politique la réconciliation entre druzes et chrétiens de la Montagne, scellée en 2001. Ils ont tenu des propos en ce sens lors d'une messe célébrée à Deir el-Qamar, dans le...

commentaires (5)

"Vous ne pouvez pas faire la même chose deux fois identiques et obtenir deux résultats différents". (Einstein). La visite de Gébran Bassil au Chouf est faite à quel titre ? En tant qu'Eminence grise de son beau-père, en tant que ministre des Affaires étrangères ou en tant que chef du CPL ? En tout cas, une entente au Chouf sans Dory Chamoun, Talal Erslan et Samir Geagea n'a aucune légitimité, elle est par définition nulle et non avenue.

Honneur et Patrie

12 h 55, le 24 mars 2019

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Commentaires (5)

  • "Vous ne pouvez pas faire la même chose deux fois identiques et obtenir deux résultats différents". (Einstein). La visite de Gébran Bassil au Chouf est faite à quel titre ? En tant qu'Eminence grise de son beau-père, en tant que ministre des Affaires étrangères ou en tant que chef du CPL ? En tout cas, une entente au Chouf sans Dory Chamoun, Talal Erslan et Samir Geagea n'a aucune légitimité, elle est par définition nulle et non avenue.

    Honneur et Patrie

    12 h 55, le 24 mars 2019

  • Bassil est plutôt naïf de croire pouvoir signer un accord avec ce caméléon. N'est pas homme de parole qui veut , mais qui peut .

    FRIK-A-FRAK

    11 h 19, le 24 mars 2019

  • SONDAGE : qui des 2 est le plus mignon , walid ou jibran ? l'un qui n'ose pas preciser que pour lui la reconciliation est affaire close depuis longtemps, pour ne pas froisser jibran, jibran qui dit esperer ""conclure un accord politique avec le PSP", à l'image de ceux passés avec d'autres formations politiques"" oubliant la traitrise ,definition des 2 accords de meerab,avec celui passe avec talal, deja en cours .

    gaby sioufi

    09 h 48, le 24 mars 2019

  • Petit ministre,. Petit chez de parti. Gendre chanceux.

    LeRougeEtLeNoir

    09 h 17, le 24 mars 2019

  • L'air de plus en plus "divin", lol.

    Je partage mon avis

    20 h 17, le 23 mars 2019