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Hariri appelle à mettre un terme aux "chamailleries politiques" pour se concentrer sur les réformes

Liban

Lors d'une cérémonie en hommage à l'ancien Premier ministre assassiné Rafic Hariri, le chef du gouvernement assure que le verdict du TSL ne sera "pas une vengeance".

OLJ
14/02/2019

Le Premier ministre libanais, Saad Hariri, a appelé jeudi les responsables à mettre un terme à leurs "chamailleries politiques", soulignant que "la balle est désormais dans le camp du Liban" en ce qui concerne la mise en application de réformes structurelles et l'obtention des subventions promises par la communauté internationale. 

"Le gouvernement a devant lui un grand chantier. Après avoir passé des années à nous lier aux crises régionales, nous nous trouvons à une croisée des chemins : soit nous nous noyons dans les querelles, soit nous nous mettons au travail", a lancé Saad Hariri lors d'un cérémonie organisée à Beyrouth pour la commémoration de l'assassinat de son père, l'ancien Premier ministre Rafic Hariri.

Hariri père, Premier ministre jusqu'à sa démission en octobre 2004, a été tué le 14 février 2005 lorsqu'un kamikaze a fait exploser une camionnette bourrée d'explosifs au passage de son convoi blindé sur le front de mer de Beyrouth. L'attaque avait coûté la vie à 21 autres personnes et avait fait quelque 226 blessés.

"Nous ne sommes pas des voleurs et des opportunistes, nous avons établi un programme précis, basé sur la transparence et des réformes", a-t-il affirmé. Il a dans ce contexte salué "la solidarité des Arabes et de la communauté internationale", affirmant que "la balle est désormais dans le camp du Liban". Il a dans ce contexte appelé à mettre en oeuvre les réformes promises pour pouvoir obtenir les aides que la communauté internationale s'est engagée à verser, à hauteur de 11 milliards de dollars.

"Je ne resterai pas silencieux face aux tentatives d'empêcher le gouvernement de travailler", affirmé M. Hariri. Et de souhaiter qu'"aucun débat ni problème n'ait lieu autour de la table du Conseil des ministres, parce que rien n'est plus important que l'intérêt de notre pays". "Je ne vous demande pas d'arrêter de débattre du programme de travail du gouvernement, mais il est inacceptable que nous retournions à de nouvelles chamailleries politiques", a-t-il tancé.

"Le Liban n'est affilié à aucun axe, a-t-il encore déclaré. Le Liban est un pays arabe indépendant qui a sa propre Constitution, ses propres lois et institutions, un Etat qui s'est engagé à respecter la distanciation" à l'égard des conflits régionaux. "Nous devons tous coopérer pour sauver le pays, et je tends la main à toutes les parties, sans exception, même si je sais que certaines controverses ne peuvent pas tout simplement disparaître de nos vies", a-t-il affirmé, en référence au Hezbollah, qui fait partie du gouvernement, malgré qu'il soit soupçonné d'être impliqué dans l'attentat qui a coûté la vie à Rafic Hariri. 


(Lire aussi : Assassinat de Rafic Hariri : Beyrouth préfère ne plus se souvenir)



Le verdict du TSL ne sera pas "une vengeance"
A ce sujet, et s'exprimant sur les délibérations du Tribunal spécial pour le Liban (TSL) concernant l'assassinat de son père, le Premier ministre a assuré que "le verdict sera rendu dans quelques mois, et ne sera pas une façon pour nous de nous venger". "Nous ne permettrons pas que certains transforment ce verdict en conflit entre les Libanais, a-t-il déclaré. Rafic Hariri n'est pas mort pour que le pays soit ensuite détruit". Saad Hariri a estimé que "son père a aboli toutes les barricades entre l'est et l'ouest de Beyrouth et disait que nous sommes tous les enfants d'un même pays, que rien n'est plus important que la nation". 

Le Tribunal spécial pour le Liban doit se prononcer sur le rôle de quatre hommes, tous membres du Hezbollah, soupçonnés d'être à l'origine de l'assassinat de Rafic Hariri. Moustapha Badreddine, le principal accusé décrit comme le "cerveau" de l'attentat par les enquêteurs, a été tué depuis. Reste Salim Ayache, 50 ans, accusé d'avoir été à la tête de l'équipe ayant mené l'attaque. Deux autres complices présumés, Hussein Oneïssi, 44 ans, et Assad Sabra, 41 ans, sont notamment poursuivis pour avoir enregistré une fausse cassette vidéo qui revendiquait le crime au nom d'un groupe fictif. Le dernier accusé, Hassan Habib Merhi, 52 ans, fait également face à plusieurs chefs d'accusation, tels que complicité de perpétration d'un acte de terrorisme et complot en vue de commettre cet acte.

Par ailleurs, Saad Hariri a affirmé qu'il n'acceptera "en aucune circonstance de transformer le Liban en un instrument qui livre les réfugiés comme otages au régime" syrien de Bachar el-Assad. Alors que plus d'un million de réfugiés syriens sont installés au Liban depuis le début du conflit qui ravage leur pays, plusieurs responsables libanais, et notamment le président de la République, Michel Aoun, et le chef de la diplomatie, Gebran Bassil, appellent à un retour de ces réfugiés vers la Syrie, qu'ils estiment désormais "sûre". 


(Lire aussi : Au TSL, l’accusation se concentre, dans ses déclarations de clôture, sur les victimes et le Hezbollah)


Hommages à Rafic Hariri
Plusieurs responsables politiques, dont des figures du 14 Mars et des députés du Futur, ont rendu hommage à la mémoire de l'ancien chef du gouvernement.

Le chef des Forces libanaises, Samir Geagea, a posté une photo de Rafic Hariri sur fond d'une image du lieu de l'attentat, accompagnée de la légende suivante : "La justice sera faite, tôt ou tard".

M. Geagea était présent à la cérémonie d'hommage à Rafic Hariri, aux côtés notamment du conseiller au sein du cabinet royal saoudien, Nizar Alaoula.

De son côté, le leader druze Walid Joumblatt a affirmé que justice sera faite pour l'ancien Premier ministre. "A Rafic Hariri, ses compagnons et les martyrs de la liberté, je dis justice vous sera bientôt rendue", a écrit M. Joumblatt sur son compte Twitter.

Plusieurs personnalités se sont de leur côté recueillies dans la journée sur la tombe de Rafic Hariri, dans le centre-ville de Beyrouth. La flamme du monument bâti sur les lieux de l'attentat a également été allumée. Autre temps fort de cette journée, des députés du bloc parlementaire du Futur, dont Bahia Hariri, la sœur de Rafic Hariri, se sont rendus au restaurant "L'Etoile", sur la place du Parlement, le dernier endroit où l'ancien Premier ministre s'était rendu avant de périr.




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FAKHOURI

" Celui qui veut faire quelque chose trouve un moyen, celui qui ne veut rien faire trouve une excuse. "

Proverbe arabe

Bustros Mitri

Ces ‘ chamailleries ‘ au final ne sont qu’un choix de société, de destin...
Peu importantes !

Le point

Il est meilleur aujourd'hui que pendant le blocage de la formation. Il convient de l'appuyer avec détermination !

L’azuréen

Il a raison pour les réformes . Sinon c’est le peuple libanais qui va se soulever ! Et ça , aucune force ni aucune milice ne pourra le freiner ....

L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

TRAVAIL ET REFORMES DE LA CEDRE ET ASSAINISSEMENT DE L,EDL, DE L,AEROPORT, DES PORTS ET DE TOUT LE SECTEUR PUBLIC... ET, STOP A L,IGNORANCE, A L,INCOMPETENCE, A LA CORRUPTION SINON ADIEU BEAU LIBAN ! ET, DEGAGEZ !

PAUL TRONC

On veut bien compatir avec les parents du martyr Rafic Hariri , mais svp laissez les gimjourettes de côté , pour garder un côté sérieux et solennelle de ce triste anniversaire .

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