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Zarif aux responsables libanais : L'Iran peut contribuer à un retour "rapide" des réfugiés syriens

Liban

le ministre iranien indique au chef de l'Etat libanais que le président Rohani lui "renouvelle son invitation à visiter la République islamique iranienne".

OLJ
11/02/2019

Le ministre iranien des Affaires étrangères, Mohammad Javad Zarif, en visite au Liban, a affirmé lundi, à l'issue d'une réunion avec son homologue libanais, Gebran Bassil, que son pays était prêt à soutenir l'organisation d'un "retour rapide et sûr" des réfugiés syriens présents au Liban vers leur pays, où Téhéran soutient activement le régime de Bachar el-Assad.

A l'issue de sa réunion avec M. Zarif au ministère des Affaires étrangères, Gebran Bassil a souligné avoir discuté avec son homologue "des sujets et des défis qui rassemblent" leurs deux pays, notamment le conflit syrien et les négociations menées à Astana et Sotchi.
M. Bassil a souligné que la seule solution qui peut être envisagée pour résoudre la crise des réfugiés syriens et le "poids" qu'elle fait peser sur l'économie du Liban est le retour de ces réfugiés en Syrie. "M. Zarif nous a affirmé que l'Iran était prêt à assurer le retour rapide, sûr et digne des réfugiés syriens", a affirmé M. Bassil, qui a souligné que "la Syrie est désormais sûre et les réfugiés veulent rentrer". Il a appelé les autorités syriennes à assurer "des garanties" afin de rassurer les réfugiés désirant rentrer, notamment en ce qui concerne leur sécurité sur place, la conscription et l'accès des personnes rentrant au pays à leurs biens immobiliers. "C'est le retour des réfugiés qui doit contribuer à une solution politique en Syrie, et non l'inverse", a affirmé M. Bassil, qui a appelé à ce que les Syriens ne soient pas "retenus en otage" le temps que soit trouvée une solution politique au conflit dans leur pays. 

Le ministre iranien a affirmé de son côté que "la solution en Syrie doit être issue d'une volonté syrienne, et non pas étrangère, l'Iran ne peut donc rien imposer au peuple syrien". Le chef de la diplomatie iranienne a dans ce contexte appelé à ce que "toutes les forces militaires qui ne sont pas présentes en Syrie à la demande des autorités" quittent le pays, dans une allusion aux forces occidentales.

"Nous avons également discuté de la conférence à venir de Varsovie" sur la sécurité au Moyen-Orient, a indiqué le ministre libanais, qui a souligné que le Liban n'y participerait pas, d'abord en raison de la présence d'Israël à cette réunion, et également afin de respecter la politique de distanciation des axes régionaux, à laquelle se sont engagés les responsables politiques. Une prise de position qui a été chaleureusement accueillie par Mohammad Zarif. 

La réunion ministérielle qui aura lieu la semaine prochaine à Varsovie "pour promouvoir un avenir de paix et de sécurité au Moyen-Orient", selon son intitulé officiel, avait été initialement présentée par le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo comme un outil pour "s'assurer que l'Iran n'ait pas d'influence déstabilisatrice". Il était ensuite revenu sur ses déclarations. "Il est important de souligner que ce ne sera pas une réunion anti-Iran ou un effort pour bâtir une coalition", avait-il affirmé. 



(Pour mémoire : Sommet arabe : l’Iran défend « sa » Syrie face à l’Arabie)



L'affaire Nizar Zakka
Par ailleurs, M. Bassil a indiqué avoir évoqué M. Zarif le cas de Nizar Zakka, le Libanais détenu en Iran. "Nous avons demandé à ce que soit trouvée une solution juridique à cette affaire", a déclaré le ministre des Affaires étrangères. M. Zarif a pour sa part souligné que les autorités judiciaires sont entièrement indépendantes en Iran, indiquant toutefois faire son possible pour résoudre cette affaire. 

En septembre 2015, alors qu’il résidait aux Etats-Unis, Nizar Zakka avait été invité à Téhéran par la vice-présidente iranienne pour les Affaires de la femme et de la famille de l’époque, Shahindokht Molaverdi, afin de prendre part à une conférence sur le développement et l’emploi des femmes. C’est lors de cette visite qu’il avait été accusé d’espionnage pour le compte de Washington et arrêté. Ce n’était pourtant pas son premier séjour en Iran.

M. Zarif a de son côté estimé que le Liban est un "modèle en matière de démocratie et de liberté". Il a souligné que les bonnes relations entre le Liban et l'Iran "n'ont aucun impact négatif sur aucune partie". "Nous sommes confiants que le nouveau gouvernement va faire renaître le Liban à tous les niveaux, et l'Iran reste aux côtés du peuple libanais", a-t-il affirmé, assurant que son pays est "prêt à tendre la main et coopérer avec l'Etat libanais, dans tous les domaines que celui-ci juge nécessaire". 

Dans la soirée, M. Zarif doit s'entretenir avec le Premier ministre Saad Hariri, à 18h, avant de se rendre à l'hôtel Phoenicia pour une réception donnée par l'ambassadeur d'Iran à Beyrouth, Mohammad Firouznia, à l'occasion des 40 ans de la révolution iranienne.



(Lire aussi : Sleiman : Que Téhéran presse le Hezbollah de livrer ses armes)



Aoun invité à Téhéran
Le ministre s'était rendu au ministère des Affaires étrangères après avoir rendu visite au président du Parlement libanais, Nabih Berry, à Aïn el-Tiné. A l'issue de son entretien avec M. Berry, M. Zarif a réitéré que Téhéran est "toujours prêt à coopérer avec le Liban dans tous les domaines". 


Zarif reçu par Berry. AFP PHOTO / HO / LEBANESE PARLIAMENT PRESS OFFICE



Plus tôt dans la journée, le chef de la diplomatie iranienne a été reçu par le président Michel Aoun, avec lequel il a évoque "les moyens de renforcer les relations entre les deux pays", selon l'agence nationale d'information (ANI, officielle). "La question de la présence des réfugiés syriens au Liban doit être résolue d'une façon qui prend en considération l'importance de leur retour en toute sécurité, vers des régions stables de la Syrie", a affirmé M. Aoun. Il a souligné que "l'Iran peut aider à assurer le retour des réfugiés" un dossier auquel le nouveau gouvernement va accorder "une importance particulière". Michel Aoun a remercié M. Zarif pour la volonté affichée des responsables iraniens "d'aider le Liban dans tous les domaines". 
De son côté, le ministre iranien a indiqué au chef de l'Etat que le président Hassan Rohani lui "renouvelle son invitation à visiter la République islamique iranienne". Il a souligné que les relations bilatérales entre Beyrouth et Téhéran "sont dans l'intérêt des deux pays et des deux peuples".



Zarif reçu par Aoun. AFP / Joseph EID



En fin d'après-midi, M. Zarif a été reçu par le secrétaire général du Hezbollah, Hassan Nasrallah, qui vit dans la clandestinité depuis 2006, notamment en présence de l'ambassadeur d'Iran à Beyrouth, Mohammad Firouznia. L'entertien a porté sur "les derniers développements politiques au Liban et dans la région", selon la chaîne al-Manar. Lors de cet entretien, M. Zarif a assuré que l'Iran se tenait "aux côtés du Liban, son Etat, son peuple et la résistance", en référence au triptyque prôné par le leader du parti chiite. Le ministre iranien a également affirmé que Téhéran était prêt à offrir "toute forme d'aide et de coopération".

De son côté, Hassan Nasrallah a remercié son hôte et, "à travers lui, les dirigeants et le peuple iraniens pour tout ce qu'ils ont donné au Liban, à la Palestine, aux mouvements de résistance et aux peuples de la région dans la lutte contre l'ennemi sioniste et le terrorisme takfiri (jihadiste)", assurant que "cet appui a permis des victoires" dans plusieurs endroits. Le chef du Hezbollah a également exprimé l'espoir que l'Iran poursuivra "son appui"  et ce "malgré tous les complots et les pressions dont il est la cible en raison de sa position".


En début de soirée, le ministre iranien a été reçu par le Premier ministre Saad Hariri au Grand sérail. Il n'a pas fait de déclaration à l'issue de l'entretien.


Zarif reçu par Hariri. AFP / ANWAR AMRO




Mohammad Javad Zarif, qui est arrivé dimanche à Beyrouth accompagné d'une délégation de haut niveau, avait rencontré en soirée une large délégation de plusieurs formations politiques libanaises gravitant dans l'orbite de Téhéran et de Damas, dont le Hezbollah, dans les locaux de l'ambassade d'Iran.

 La délégation libanaise était présidée par le ministre d'Etat aux Affaires du Parlement, Mahmoud Comati, l'un des trois ministres nommés par le parti chiite au sein du gouvernement libanais.

"M. Zarif va expliquer aux responsables libanais que l'Iran est disposé à être aux côtés du Liban afin que le pays soit fort pour affronter les dangers", a déclaré M. Comati à l'issue de cet entretien. "Nous estimons que le gouvernement doit être disposé à adopter une attitude positive à l'égard de tout Etat qui veut aider le Liban afin de régler les problèmes du peuple, avait affirmé le ministre. L'Iran a été un pionnier en la matière. C'est pour cela que nous disons merci à l'Iran, surtout parce que ses aides ont été données sans condition ni contrepartie", a-t-il ajouté.

Mercredi, Hassan Nasrallah avait affirmé que l'Iran pouvait aider le Liban que ce soit au niveau de l'électricité, ou de la production de médicaments ou de l'infrastructure des routes. Il avait également souligné être "prêt, en tant qu'ami de l'Iran, à aider l'armée libanaise en lui amenant de Téhéran tout ce dont elle a besoin pour devenir la plus forte de la région". "Je suis prêt à importer (d'Iran) un système de défense anti-aérienne", avait affirmé Hassan Nasrallah.



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Chady

Ah envers l’Arabie saoudite qui a kidnapper notre 1er ministre?
Ou plutôt envers les etats unis faiseur de guerre partout dans le monde?
Elle a fait quoi l’iran? Elle a libéré le Liban sud a votre plus grand dam? Vous a imposer un hezbollah que vous avez vous même creer par votre négligence depuis 1920 jusqu’a maintenant?
Bon ok disons que l’iran a fait la merde avec le hezbollah, aujourd’hui elle propose d’aider tous le Liban, ca ne merite pas une petite etude au moins? Ou est ce qu’on va faire dans la démagogie, le confessionalisme etc?
Parce que si c’est ça demain le Liban plonge dans la crise, vous refusez l’iran et la syrie, on refuse le khalij, les etats unis et la france.
Un peu d’ouverture d’esprit ne fera de mal a personne

Wlek Sanferlou

Wow, zarif et compagnie font une ligue de superhéros plus fort que tout les héros "Marvel" réunis.
Du gaz partout, des fusées intellos, plus clever que celles des USA et des rouskis, de la technologie au nano, de la musique techno et au laser qui rivale avec l'oum kalsoum, le futur style 40eme siecle aujourd'hui même mais enrobée du charme du 10eme siècle. Bien sûr les admirateurs des iraniens et de leurs tentacules se réjouissent de les voir apparaître si eblouissants, alors allah yikoun maaoun, et le bon Dieu nous protège de tout ce modernisme aveugle.

AIGLEPERçANT

Me Zarif svp ne perdez pas votre temps avec certains libanais, ils sont heureux comme ça, vautrés dans leurs problèmes, qu'ils n'arrêtent pas de dénoncer.

Bizarre non? Ces personnes voudraient que ceux qui leur ont toujours mentis s'occupent d'eux à vie.

Vous connaissez le syndrome de stokholm, Mr Zarif ?

Irene Said

Mohammad Javad Zarif a dit, re-dit, répété, affirmé, re-affirmé...et cela n'en finit plus...

ouauuuuuh...rarement un article relatant une visite officielle chez nous au Liban aura été aussi...long !
Faut en déduire que ce Monsieur est très, très important pour notre pays ?
Irène Saïd

C.K

Ils les ont ruinés et jetés sur les routes, à présent ils monnayent leur retour d'otages, beurk!

Bustros Mitri

Les refugiés syriens: une bombe humaine actionnée par telécommande...
Bien triste!

L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

UNE CONTRIBUTION : DEBARRASSEZ LE LIBAN DE VOTRE MILICE...

Yves Prevost

Il tient absolument à se mêler de tout, celui-là. On lui a demandé quelque chose?

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