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Cynthia Khalifeh met le cap sur Paris

Liban Pop

Figure familière du petit écran libanais, l’actrice et animatrice télé revient sur sa participation à l’émission de téléréalité française « Les princes de l’amour », il y a quelques semaines : « Le but n’était pas de trouver l’amour mais bien de fuir le domaine artistique au Liban. »

07/02/2019

Il n’est pas fréquent de voir des Libanais prendre part à des émissions de téléréalité sur le petit écran français. Encore moins des stars libanaises. C’est donc avec surprise que le public local a pu découvrir, il y a quelques semaines, la talentueuse Cynthia Khalifeh dans le casting de l’émission « Les princes et les princesses de l’amour » sur la chaîne W9. L’actrice et animatrice de télévision, âgée de 27 ans, s’est ainsi installée dans une villa de rêve où elle a reçu deux prétendants en compétition pour la séduire, sur plus de trente épisodes.

« On m’avait d’abord proposé d’intégrer le casting de “Secret Story”, mais j’étais prise par le tournage d’un feuilleton, raconte Cynthia Khalifeh, revenant sur son aventure atypique. Une de mes amies, française, directrice de casting des deux émissions, m’a ensuite proposé la sixième saison des “Princes de l’amour” que j’ai immédiatement acceptée, vu l’audimat important réalisé par ce show. » Pendant plus de trois semaines de tournage et deux mois à l’écran, la belle brune s’expose aux caméras sans filtre, malgré l’audace du concept. « Oui, c’est une émission assez osée, mais j’ai surmonté ma peur en décidant d’être honnête et authentique avec le public français, explique la jeune femme, qui s’estime très fière du résultat et du retour des Libanais et des Arabes en France. Dès le départ, j’ai clamé haut et fort que je venais d’une société conservatrice qui juge plus qu’elle ne soutient. Je n’ai perdu le contrôle à aucun moment de l’aventure, mais je suis restée moi-même. » « Au final, j’ai réalisé que je suis une personne assez pudique et que je n’avais pas à me restreindre. Cela aurait en tout cas été très difficile. Les premiers jours, on pense aux caméras puis on les oublie vite », ajoute la princesse de l’amour qui affirme également que l’ancienne téléréalité où les candidats sont suivis 24 heures par jour n’existe plus, et que de nombreux événements sont scénarisés dans ce genre de format.


L’amour peut attendre

Scénario ou pas, la jeune première a quitté l’aventure dans les bras d’un prétendant à la beauté ténébreuse, Anthony Alcaraz, qui a déjà participé à de nombreuses téléréalités. Coup de foudre ? Cynthia est dubitative. « Imaginez être dans une colonie de vacances, dit-elle. Vous rencontrez des gens, vous vous rapprochez d’une personne avec qui vous avez des affinités. Mais une fois les vacances finies, chacun retourne chez soi, dans son pays, et c’est juste l’amitié qui perdure. Anthony et moi étions vraiment proches l’un de l’autre, nous étions sincères, mais il n’y avait pas ce grand amour. Les choses ont peut-être été exagérées à la télé car le public appréciait notre histoire, ce qui ne m’a pas gênée, car je comprends le système de la télévision. Nous sommes toujours amis en tout cas. » « Au final, je ne suis pas une star de téléréalité et c’est assez difficile pour moi de continuer ma vie avec une personne issue de ce monde. En France, c’est un univers en soi… Et je suis en quête de choses plus profondes sur le plan relationnel », poursuit-elle. Et d’ajouter : « Je n’ai jamais vraiment cru que ce genre d’émission peut former de vrais couples et ce n’était pas le but de ma participation. Moi, j’y suis allée en tant que réfugiée, pour fuir en quelque sorte le domaine artistique au Liban… »


« Je ne veux plus d’argent de poche »

Faire carrière en Europe, Cynthia Khalifeh en rêve depuis longtemps et sa participation à cette émission n’est pour elle qu’un tremplin pour la France. Un pari qu’elle semble avoir réussi puisqu’elle vient de signer avec un agent français pour des rôles au cinéma. Le Liban ne l’a pourtant pas privée d’opportunités. En 10 ans, l’artiste originaire de Batroun a animé de nombreuses émissions de télévision et tourné dans une dizaine de feuilletons dont Ruby et Bi Lahza, où elle a partagé l’affiche avec Ziad Bourji.

« Je n’essaie pas de minimiser mes succès au Liban, assure Cynthia Khalifeh. Mais chez nous, il n’y a vraiment pas d’appréciation morale et financière. Les personnes qui ont du talent sont souvent lésées et je ne veux plus travailler pour “de l’argent de poche”. La stabilité et la rémunération financières sont importantes et les plus grandes stars locales ont aujourd’hui des problèmes financiers. Nous passons notre temps à attendre des offres. Après 10 ans dans ce métier, la progression reste très lente et je ne veux pas faire de compromis sur ma réputation. En France, tout va plus vite. En deux mois seulement, l’émission m’a boostée pour des années, et quand on a vu ce que j’ai fait seule, sans équipe et sans agent, j’ai été très appréciée. » « À ma sortie, j’ai reçu de nombreuses offres d’agences qui se sont disputées pour m’avoir ! » ajoute la star qui affirme avoir décelé lors du tournage en France « un savoir-faire de télévision hors normes » et un regard différent porté sur la femme et sur l’artiste. L’actrice ne compte pas pour autant arrêter ses projets à Beyrouth. « Je ne vais pas couper le cordon, mais je vais vivre à Paris, confie-t-elle. Tant que de nouveaux projets et feuilletons se présenteront à moi au Liban, je les prendrai, mais j’essaie surtout de travailler maintenant avec de jeunes talents libanais qui prennent des initiatives, qui partagent mon énergie, mon esprit de rébellion et ma volonté de faire bouger les choses. » « Il se peut que je tourne aussi dans des films indépendants, où je ne participerai pas seulement en tant qu’actrice, ajoute la jeune femme diplômée en audiovisuel. J’aimerais également présenter des émissions télévisées car j’ai beaucoup de choses à dire et j’ai besoin de cette tribune. » D’ici là, Cynthia Khalifeh devrait participer en France à une nouvelle téléréalité d’aventure. « C’est la toute dernière chose que je ferai dans ce domaine avant de passer à autre chose, conclut-elle. Je veux à présent profiter du vaste réseau d’activités dirigées par le groupe M6 (et W9) qui a suivi mon parcours et connaît mon background. Idéalement, j’aimerais ensuite tourner dans des films. Je rêve de cinéma, le vrai, et pourquoi pas de Cannes aussi ! »


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Marionet

Cette jeune femme n'a pas la langue dans la poche et dit des choses intelligentes et elle est ravissante. Bon vent!

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