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Georges Wassouf : Ce métier, je le fais pour vous...

Liban Pop

Après une longue absence, l’artiste vient de faire un come-back très attendu avec le titre « Maliket gamal el-rouh ». « J’attends comme toujours de toucher mon public », confie-il dans un entretien exclusif à « L’Orient-Le Jour ».

20/12/2018

Peu d’artistes du monde arabe peuvent se vanter d’avoir eu une carrière comme celle de Georges Wassouf. Le sultan du tarab, Abou Wadih pour les intimes – si nombreux! –, aurait vendu, en plus de 40 ans de carrière, plus de 60 millions d’albums dans le monde. Et tout indique qu’il n’est pas prêt de s’arrêter. Après une longue absence, le chanteur à la voix-signature écorchée fait ainsi son come-back avec son premier vidéo-clip depuis 2011 sur une chanson intitulée Maliket gamal el-rouh. La vidéo, réalisée par Jad Shwery, accumule déjà les vues sur la toile et présente Abou Wadih dans les coulisses d’un prestigieux concert à Londres. Des personnalités médiatiques comme le présentateur télé Neshan, le réalisateur Kamil Tanios ou le champion de basket-ball Fadi el-Khatib, entourent la star et lui font part de leur amour en quelques mots. Le tout sur une musique entraînante et typique au refrain facile. « Il s’agit de ma première chanson après mon absence, et la première d’une série de nouveaux singles que je prépare, confie Georges Wassouf à L’Orient-Le Jour. Nous avons voulu revenir, mon équipe et moi, avec une chanson pop efficace qui parle d’amour et qui ait une musique rythmée. » « C’est Jad Shwery qui a sélectionné les personnalités qui y figurent et qui sont toutes assez proches de moi, ajoute le chanteur. Il a fallu choisir parmi une longue liste de noms car même des chanteurs ont voulu en faire partie. Il faut dire que je suis toujours bien entouré et je suis reconnaissant à tous ceux qui m’aiment d’un amour sincère. » « J’ai été ami avec de nombreux artistes, surtout ceux qui essayaient de se frayer un chemin dans le monde de la musique, poursuit l’artiste connu pour sa générosité excessive. Si j’ai beaucoup de respect pour mes collègues, la nature de mon travail m’empêche toutefois d’avoir des amitiés au quotidien. »

Dans les milieux du chanteur, on assure que les échos du nouveau single sont très positifs et qu’une nouvelle génération apprécie effectivement ce style de musique, même si elle n’a pas connu « l’époque Abou Wadih ». Autant il est vrai que le chanteur de Helif el-amar a marqué de sa musique toute une époque.




Phénomène
Né à Kafroun, en Syrie, Georges Wassouf a commencé à chanter dans des mariages et autres fêtes populaires. « J’ai entamé ma carrière très tôt, dit-il. J’ai quitté la maison de mes parents à 13 ans. J’avais une belle voix, mais je ne savais pas vraiment où cela allait me mener. » Encouragé par un succès local grandissant, l’enfant prodige se déplace à Beyrouth à 16 ans et est repéré par le compositeur Georges Yazbeck. Il chante d’abord pour les plus grands avant de se voir offrir des textes et des musiques qui le propulsent sur le devant de la scène dans les années 80. Des classiques signés Baligh Hamdi, Nour el-Mallah, Chaker el-Mouji, Salah el-Charnoubi et Sayed Makaoui, et dont on retiendra Kalam el-nass, Garahouna, Habibi kida, el-Hawa sultan et Tabib garrah. Les années 2000, âge d’or de Rotana, lui insufflent un vent de modernité avec les tubes Khesert kol el-nass, Saber w radi, et Ermi el-chabak.

En deux décennies, Georges Wassouf est devenu plus qu’une star : une idole. Les fans, épris de lui jusqu’à frôler parfois la folie, font de Wassouf un véritable phénomène artistique. Un succès que le chanteur tente d’expliquer. « Je crois que c’est ma spontanéité qui a créé ce lien entre moi et mon public. Les gens m’ont senti proche et j’aime être proche des gens. Cet amour si spécial, je le reçois de mes fans où que j’aille dans le monde, et cela me rend extrêmement heureux. La présence de ces hommes et de ces femmes qui m’ont suivi et soutenu pendant 40 ans me transporte, mais il s’agit également d’une lourde responsabilité. Si je reviens sur scène aujourd’hui, c’est parce que je sais qu’ils exigent davantage de moi et que je n’ai droit à aucun répit. Ce métier, je le fais pour eux. »




Surmonter la fatigue
L’année 2018 aura effectivement été riche en émotions pour le chanteur qui vient d’achever une longue tournée au Canada et aux États-Unis, où il a rencontré la diaspora arabe. Pendant plus de deux heures chaque soir, Georges Wassouf a repris ses plus grands tubes debout sur scène. Un exploit surhumain pour l’artiste qui a été victime en 2011 d’un accident cérébral qui a laissé des séquelles et qui lui a valu de s’éclipser si longtemps de la scène musicale. « Avant de monter sur scène, j’ai toujours peur et j’ai froid car c’est une grande responsabilité, assure-t-il, bienveillant. Me déplacer d’une localité à une autre fatiguerait même un jeune premier. Mais je suis capable de surmonter n’importe quelle fatigue et n’importe quel trac quand je prends ma force du public. J’ai été comblé en rencontrant tous ces fans au mois d’octobre et je me sentais comme au Liban à chacun de ces concerts. »

Avec son come-back bien mérité et son clip assez moderne, Georges Wassouf attend, « comme toujours habibi », de toucher son public. Pour lui, rien n’a changé quant aux valeurs et au partage de la musique, même s’il est conscient que les temps changent. « Ce qui m’importe, c’est que je puisse partager avec mon public l’émotion que j’ai vécue à préparer mes chansons. Et ma carrière va se compléter dans les jours à venir avec de nouvelles chansons, comme d’habitude, mais d’une manière différente. Avec les nouveaux médias et les réseaux sociaux, je me dois de faire les choses différemment pour accéder aux fans, et j’essaie aujourd’hui de m’y habituer tant bien que mal pour rester dans l’ère du temps. »


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Sarkis Serge Tateossian

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Et ce n'est pas fini.
Respect ya tareb alchaab.

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