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Politique - Focus

A la municipalité de Beyrouth, le consensus à l’épreuve des ambitions

Une polémique a éclaté ces derniers jours entre les députés de la ville et le parrain de son conseil municipal, Fouad Makhzoumi.

A la municipalité de Beyrouth, le consensus à l’épreuve des ambitions

Fouad Makhzoumi, député de Beyrouth, s’exprimant à la presse au ministère de l’Intérieur, le 12 juin 2026. Photo fournie par son bureau de presse

Un peu plus d’un an après le début de son mandat, la municipalité de Beyrouth semble être l’otage de divergences entre ses parrains et ses détracteurs. Pour les premiers, il s’agit notamment des partis politiques, ainsi que Fouad Makhzoumi, député de la capitale et architecte de la liste dite « consensuelle » qui avait remporté haut la main le scrutin de 2025. En face, se dressent plusieurs députés qui n’avaient pas caché leurs craintes quant à une paralysie d’un conseil municipal hétérogène, comme le montre le dernier différend – survenu il y a quelques jours pour des raisons de forme – à même de remettre en question le leadership que M. Makhzoumi tente de se forger dans la capitale.

Il a suffi que ce dernier appelle à une réunion entre des députés de la ville d’une part, et le président du conseil municipal, Ibrahim Zeidan (proche du milliardaire beyrouthin) et le mohafez de la capitale, Marwan Abboud, de l’autre, pour que les profondes divergences éclatent au grand jour. Selon les informations de L’Orient-Le Jour, la réunion tenue lundi dernier a eu lieu en présence de députés affiliés aux partis qui avaient appuyé la liste consensuelle lors des dernières municipales. Il était donc normal que les parlementaires du « camp adverse », notamment ceux de la contestation, en soient absents diront d’aucuns.

Ibrahim Mneimné, député de la contestation, ne voit pas les choses sous cet angle. « Les problèmes liés à l’activité de la municipalité et aux dossiers relevant du quotidien de la ville devraient être réglés au sein du conseil municipal. Mais il est faux de tenir une réunion au nom des députés de Beyrouth, sans que ceux-ci n’y soient présents au complet », dit-il à L’OLJ. « L’opinion publique a l’impression que nous (les députés hostiles au conseil municipal) manquons à nos devoirs. Mais cela n’est pas vrai », martèle-t-il.

La polémique a pris une tournure plus grave le lendemain, lorsque le Premier ministre, Nawaf Salam, a reçu la même délégation au Sérail. De source proche de M. Makhzoumi, on raconte que la rencontre avec le chef du gouvernement, lui-même issu de l’une des plus grandes familles politiques de la capitale, a été décidée à l’improviste. « Nawaf Salam a tout simplement, et dans une démarche assez rare, répondu à un appel de Fouad Makhzoumi durant la réunion de lundi et leur a accordé un rendez-vous le lendemain », raconte une figure proche du député, affirmant que Paula Yacoubian, députée beyrouthine de la contestation et connue pour son opposition au conseil municipal actuel, a fait tout de même acte de présence au Sérail.

Face à l’ampleur de la polémique, Fouad Makhzoumi a dû s’expliquer. Dans un message spécifiquement adressé à Ibrahim Mneimné, Waddah Sadek et leur collègue Melhem Khalaf, sur X, il a précisé que la réunion de lundi s’inscrivait dans le prolongement des rencontres périodiques tenues entre les parrains du conseil municipal pour suivre de près son action et que la réunion du Sérail n’avait aucun motif politique ou parlementaire. Il s’est également excusé pour « tout malentendu » qu’aurait causé sa démarche.

Appel à la démission

Et dans une volonté de rectifier le tir, le député a informé tous ses collègues de la réunion tenue vendredi avec le ministre de l’Intérieur, Ahmad Hajjar, pour débattre des besoins de la ville et de sa municipalité. Les députés boudeurs ont quand même boycotté la réunion, sachant que Melhem Khalaf s’est excusé à l’avance de ne pas pouvoir y prendre part à cause d’une tournée au Liban-Sud. « Il était très normal que Waddah Sadek n’y participe pas. Parce que ce n’est pas de cette manière que pourraient être réglés les problèmes de la ville », commente un proche de M. Sadek, l’une des voix les plus sévères contre le conseil municipal.

« Il n’est pas normal de ne pas tenir des réunions de coordination avant de se tourner vers les ministères et les instances décisionnelles », abonde Ibrahim Mneimné, rappelant que tous les députés de la ville avaient participé à de longues réunions et discussions à la veille de la conférence appelant le gouvernement à assurer la démilitarisation de la capitale, également parrainée en avril dernier par Fouad Makhzoumi. « Mais aujourd’hui, M. Makhzoumi semble vouloir écarter ses détracteurs en vue de s’imposer comme une figure incontournable de la ville, en vue de satisfaire son ambition de devenir Premier ministre », commente une figure beyrouthine sous couvert d’anonymat.

« Nous avons toujours mis en garde contre l’ingérence des partis politiques dans l’action des municipalités. Mais personne n’a voulu nous entendre, commente le proche de Waddah Sadek. Résultat : le conseil municipal actuel est paralysé. Pendant plus d’un an, il n’a rien pu réaliser pour la ville à cause des divergences entre ses composantes qui ne sont que le reflet des tensions politiques sur la scène nationale. » Le député a d’ailleurs publié vendredi une vidéo appelant à la démission du conseil municipal dans les plus brefs délais.

De son côté, Ibrahim Mneimné se veut plus nuancé : « Nous avons donné une période de grâce d’un an à ce conseil. Si ses membres n’arrivent pas à trouver des solutions, ils devraient être transparents devant l’opinion publique et penser à céder leurs places. »

Un peu plus d’un an après le début de son mandat, la municipalité de Beyrouth semble être l’otage de divergences entre ses parrains et ses détracteurs. Pour les premiers, il s’agit notamment des partis politiques, ainsi que Fouad Makhzoumi, député de la capitale et architecte de la liste dite « consensuelle » qui avait remporté haut la main le scrutin de 2025. En face, se dressent plusieurs députés qui n’avaient pas caché leurs craintes quant à une paralysie d’un conseil municipal hétérogène, comme le montre le dernier différend – survenu il y a quelques jours pour des raisons de forme – à même de remettre en question le leadership que M. Makhzoumi tente de se forger dans la capitale.Il a suffi que ce dernier appelle à une réunion entre des députés de la ville d’une part, et le président du...
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