Rechercher
Rechercher

Lifestyle - Beyrouth Insight

Marc Hadifé, zénitude

De la réalisation à la restauration, en passant par la production de films publicitaires, portrait d’un homme heureux.

Photo DR

Il a le sourire du jeune retraité qui a choisi, avant le moment fatidique, de prendre sa liberté, larguer les amarres, sans faire de bruit. Quand on lui demande « pourquoi ? », alors que tout allait bien, il répond tout simplement, avec un petit sourire : « À 49 ans, je n’avais plus envie. » Et pourtant, ce métier qui l’a rendu célèbre dans le domaine lui a bien réussi. « J’ai visité le monde, tourné de très beaux films… » Et puis un jour, arrêt sur image, Marc Hadifé choisit de prendre son temps, laisser tomber la veste, la voiture, le stress des engagements, des promesses à tenir, faire toutes ses courses à pied et finir sa journée sous un arbre, dans son petit jardin, un verre de rouge à la main.


Cool attitude
Le troisième des frères Hadifé, est, comme il le dit fièrement, « celui que l’on connaît le moins ». Entre Charles, l’architecte, Paul, le restaurateur, et Alain qui évolue principalement dans l’événementiel, Marc, mousquetaire très discret, a créé sa société de production City Films juste après son diplôme en audiovisuel de l’ALBA, au milieu des années 90. Avec sa femme Joyce, et aujourd’hui son fils Karl, la boîte tourne bien et glane de nombreux prix. Jusqu’à ce jour, il y a un an, où, sans prévenir, il choisit de se retirer. « Depuis que je suis retraité, dit-il, je travaille 10 fois plus ! » Un peu Groucho Marx avec une barbe et les lunettes à la Woody Allen, et l’humour des deux à la fois, il avoue : « Cela ne m’amusait plus de produire ni de réaliser, même si c’est le plus beau métier au monde… » Alors, sur un coup de tête assorti d’un coup de cœur, il décide il y a dix ans de racheter l’usine de vêtements et textiles Abroyan située à Bourj Hammoud. Sublime espace de 14 000 m2, avec deux bâtiments d’époques différentes, « je n’ai pas été raisonnable, avoue-t-il, mais je ne regrette rien ». Même s’il avoue avec une pointe d’humour : « Mes enfants et mes petits-enfants risquent de m’en vouloir longtemps ! » cette sublime usine fait de nombreux envieux, trop frileux alors – l’usine est restée à vendre pendant 6 ou 7 ans –, pour mettre de côté les difficultés immobilières qui entourent le lieu et se jeter dans l’aventure. « Je suis un des seuls ânes qui résistent encore… » Pas encore exploité commercialement, il choisit d’en offrir ponctuellement et gracieusement l’espace intérieur à des ONG, notamment Skoun, pour des soirées de levées de fond, et quelques expositions parmi lesquelles celle de la photographe Ayla Hibri, A Palm Tree Bows To The Moon, qui se tient actuellement et jusqu’à demain 1er février.


Berlin style
Pas encore exploité, sauf pour un petit « coin », qu’il vient de transformer en un espace pour noctambules branchés, et qu’il a baptisé Union Marks. « Je vous raconte l’histoire vraie ou j’invente ? Elle est simple, dit-il. C’est venu émotionnellement. Tous les soirs, pendant plus de 6 ans, après mon travail, j’allais prendre un verre de vin dans un jardinet que j’avais créé. J’avais l’espace, les meubles, je ne prenais pas de risques. » Dans un esprit « récup » très berlinois, il imagine et monte l’endroit, « organique, sincère », qu’il baptise presque naturellement et sans arrière-pensée Union Marks. « Certains y ont vu du narcissique, pour Mark(s), ou un message social, pour Union ». Mais il n’en est rien. « Le nom est sorti comme ça. Et il ne veut rien dire ! » Ce nouveau métier qui ne lui ressemble pas vraiment et qui l’oblige à établir des liens en a étonné plus d’un, « je ne sais même pas dire bonjour ! » Mais il lui va bien. Inauguré le 18 décembre dernier, « le jour de mon anniversaire », Union Marks a ramené les gens, et ils sont nombreux, à Bourj Hammoud. Les serveurs en tablier de chimiste, ou de pharmacien, la carte inspirée « du voisinage », la musique signée Karl (Hadifé), le succès s’est fait également « d’une manière organique ». Dans ses projets futurs, le retraité a envie de poursuivre son aventure dans le domaine de la restauration. « Refaire un film ? Non… C’est comme reprendre la cigarette… J’ai plutôt envie de concrétiser un projet en montagne, dans la nature. Un concept unique où le silence est roi… » Il n’en dira pas plus. « Mais, pour l’instant, j’ai besoin de recul. Je fonctionne au coup de cœur. Dieu m’aime et il me le montre parfois ! »


Dans la même rubrique

Mona Ross : Je n’étais pas un mannequin, j’étais Mona Ross

Oser sortir de l’ordinaire avec Omar Sfeir...

Les festins de Joanna (Debbas)

Tarek Alameddine, chef de file

Nour Salamé, point de chiffres, que des lettres

Les secondes peaux de Jean-Georges Prince



Il a le sourire du jeune retraité qui a choisi, avant le moment fatidique, de prendre sa liberté, larguer les amarres, sans faire de bruit. Quand on lui demande « pourquoi ? », alors que tout allait bien, il répond tout simplement, avec un petit sourire : « À 49 ans, je n’avais plus envie. » Et pourtant, ce métier qui l’a rendu célèbre dans le domaine lui...

commentaires (0)

Commentaires (0)

Retour en haut